PREMIÈRE PARTIE. -CHAPITRE II
Il me reste à décrire le piédestal de la Minerve. Pausanias nous apprend que Phidias avait représenté sur ce piédestal ce que la tradition racontait de la naissance de Pandore, l'Eve de la mythologie grecque. Pline donne également le titre de Naissance de Pandore au sujet traité par Phidias sur la base de la statue , et il ajoute que sous ce titre étaient représentés vingt dieux naissants ^. Quatremère et M. Beulé ont admis sans contestation le texte de Pline , et l'auteur de V Acropole d'Athènes 2 se figure avec complaisance Apollon et Diane sur leur île flottante, Vénus sortant des ondes , Bacchus de la cuisse de Jupiter, Minerve de son cerveau, les fils de Léda de leur coquille, etc. , autant de naissances divines dont l'art de Phidias avait, selon lui, accompagné la naissance de Pandore. StuartetO. Mûller ont proposé , au contraire, des corrections d'après lesquelles ces vingt divinités auraient été représentées, non pas au moment de leur naissance , mais dans l'action d'apporter à Pandore les présents dont on sait que l'Olympe tout e;itier dota la première femme. M. le duc de Luynes a adopté le sens de ces corrections, et M. Beulé, qui croyait impossible de rendre plastiquement des qualités plus ou moins abstraites, telles que la beauté, la grâce, la séduction, l'esprit de ruse et de mensonge, a pu se convaincre, en voyant les bas-reliefs de M. Simart, qu'une pareille dif-
1. « In base autem, quod caelatum est, Pandoras genesin appellavit : Jbi sunt dii vigi?iti numéro nascentes. » A ce texte évidemment corrompu, Stuart a proposé de substituer : dii sunt porrigénies munera nascenti, La correction d'Otfried Mûller a le même sens ; il lit au lieu de nascentes, dona ferentes.