PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE II
dit ce voyageur , si elles étaient descendues du ciel ou sculptées par Phidias ? » Zozime a écrit cependant que le farouche roi des Goths avait épargné Athènes , détourné de la détruire par l'apparition de Minerve agitant sa lance sur les remparts de l'Acropole. Et pourquoi non ? Miracle de la Providence au nom d'un symbole qui en fut , dans l'antiquité , la personnification pure ; miracle de la civilisation grecque frappant d'étonnement un roi barbare et désarmant la force inculte par la beauté de l'art, ces miracles- là ne sont pas moins vraisemblables que d'autres. Faut-il, avec M. Beulé, sur l'autorité de l'auteur d'une vie de Proclus, accuser les chrétiens d'avoir, pendant le règne de Justinien, chassé Minerve de son temple pour l'exiler à Constantinople?* Un tel enlèvement soulève bien des objections , et le mieux est d'avouer qu'on ignore comment la Minerve a péri. Elle a disparu comme tant d'autres chefs-d'œuvre , avec la civilisation même qui les avait enfantés, et qui, perdue dans le chaos sanglant du moyen âge, a fait place à la civilisation moderne.