‹ Philémon, vieux de la vieilleChapitre 137 sur 175 · QUAND BAUCIS NE FUT PLUS LA · texte numérisé non relu

QUAND BAUCIS NE FUT PLUS LA

«TT^lle peut encore aller longtemps comme ça...,» m'avait J-J souvent répété le médecin de Phonsine.

Et elle a été enlevée en quelques jours par une bronchopneumonie qui, au début, ne donnait point d'inquiétudes.

Depuis six mois, le caractère de la malade s'était modifié. Elle, naguère si accommodante, devenait fantasque, faisait succéder dix fois par jour les exigences les plus puériles à l'indifférence la plus grande. L'indifférence affligeait surtout Colonies, qui voyait la pauvre femme glisser à la vie végétative, au gâtisme, et se félicitait de « son humeur massacrante », comme du retour à une bonne santé relative.

Il ne la quittait plus, l'aidait davantage à la cuisine, au ménage, sans prendre garde aux rebuffades qui se traduisaient généralement par un polo... tololiti... sans réplique.

Quelle affaire, cependant, s'attirait un jour le docteur, pour avoir dit simplement que les personnes soignées dans les établissements hospitaliers sont plus maniables que les malades auxquels on passe chez eux leurs caprices et leurs emportements.

« C'est possible, tranchait Colonies; mais vous ne vous imaginez pas, je présume, que je vais mettre ma femme à l'hospice. Pourquoi pas dans une maison d'aliénés? Je sais à quel prix on obtient la sagesse et la docilité des patients. Nous ne distribuons pas plus de ce pain-là que nous n'en

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