Lavalette est mort à Paris en
les chiennes de luxe qui aboyaient aux chausses des prisonniers, le long de l'avenue de Versailles! »
Colomès est beau, flétrissant Du Mas ou Du Camp ! Sa barbe a l'air de n'être blanche que parce qu'il écume.
Apaisé, il cite des exemples, ceux que je sais : Mmo Treillard allant, en deuil, remettre à l'officier qui avait ordonné l'exécution de son mari, deux jours auparavant, les 37.000 francs sauvés de l'incendie par l'honnêtedélégué à l'Assistance publique. La mère de Maroteau donnant des leçons. Marie Ferré, la sœur de Théophile, âgée de dix-neuf ans, séparée par la mort, la prison et le cabanon, de toute sa famille et travaillant jour et nuit pour porter, au bout de la semaine, vingt francs à son frère, dont le procès s'instruisait.
« Mais les femmes des réfugiés à Genève?
— Elles ne montrèrent pas moins de courage et de décision, poursuit Colomès. Elles gagnèrent à la proscription deux choses indispensables : l'estime et l'intérêt. Légitimes ou non, les ménages échoués en Suisse y méritèrent généralement, par leur conduite, le droit d'asile. Les enfants allèrent à l'école, les femmes furent couturières, modistes, corsetières, piqueuses de bottines, blanchisseuses... La femme de Gustave Lefrançais brodait, celle de Paulet vendait des journaux à Longemalle et des fleurs au Mollard; Mme Arthur Arnould allait, de maison en maison, offrir la volaille que des parents lui expédiaient de Bourg- en -Bresse, et l'on vit Arnould lui-même porter le panier, en attendant de pouvoir placer sa marchandise à lui : des articles!1 Paule Minck cousait des chapeaux de paille,2 et la mère de Pilotell tenait un magasin de photographies, quai des Bergues. Une des rares femmes de lettres dont Barbey d'Aurevilly, juge impitoyable, eût reconnu le talent, Mmc André Léo, faisait la cuisine ellemême, dans la petite chambre que des amis lui avaient meublée à Montbrillant, etc'étaitelle encoreque James Guillaume,