‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 109 sur 239 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

armes, artillerie et bagages s'ils étaient autorisés à retourner au camp, lj-s conditions furent acceptées par lTrhina, elles étaient en cours d exécution quand tout à coup le gros de l'armée française survint pour ('assaillir. Il Taisait nuit Le combat des deux troupes eut lieu pendant un ora;:e épouvantable qui avait subite* ment éclate. Fernand de Gonzague, prévenu, était accouru avec '■nfuits et avait pris le commandement des impériaux, Mais Philibert, qui. sur le conseil de son médecin, était resté à Naples, lot avoir part à I action. Croyant sa présence nécessaire sur le théâtre du combat, il quitta résolument le lit et dit â Kalgua, «jm le soignait : * Je préfère partager tes souffrances de mon armée plutôt que de me soustraire au danger (l). • Et, aussitôt à cheval, il partit seul avec Melgua et un serviteur qui portail une torche. [Hun fiera**? Farriére-garde, composée de Suisses et de |iii, avec IVunperant pour chef, complait dans ses grepeltsseet Camille Trivulee. Saisi de panique, l'ennemi iparsadana lotîtes les directions, sans même songera s'abriter derrière las retranchements de son camp fortifié, ou il n y avait plus que des malades et des convalescents.

Dans li débâcle, les français avaient abandonné leur artillerie, fageSj leur- tentes, leur- approvisionnements, en un mot tout ce qui était de nature à lc< g<uier dans leur fuite Treize canons de gros calibi parier de quatre qu ils avaient laissés dans

le fort évacué par eux» furent trouvés dans le camp, ainsi qu'une certaine quantité de poudre et de cartouches, des chariots, ele irebives avaient mémo été oubliées dans ce sauve-qui-peut il Klles contenaient des correspondances très compromettantes pour (1<«^ personnages dévoués a la cause française, qui ne rent pas à l'expier chèrement, les uns au prix, de leur vie, les autres au prix de leur liberté et de leurs bien-

Pendant plusieurs jours, des bandes- de Napolitains, hommes et

femmes, que Ferez comparaît à des files de fourmis (3), sortirent

rille et se répandirent dans le camp pour se livrer au pîilage,

crainte de la contagion et au mépris des ordres formels

>kUib*rU a Ch&fon< itluttri* Aurengiomm prijtcipti, rtrum gntnrum com* uico Meli.i itïo aiicturv* * uperour, du 3D août, dan 777

édictés i cet égard. Mais les précautions les plus élémentaires étaient négligées. On vit même des Allemands, émus de pitié pour le sort misérable de leurs compatriotes au service de Lautrec, les faire entrer par ruse dans la ville.

La route d'A versa était encombrée de fuyards, 6 i 7,000 hommes environ. Beaucoup, affaiblis par la maladie, eussent été hors d'état de se défendre, et il eût été facile aux impériaux de les exterminer jusqu'au dernier. La cavalerie légère, qui avait dépassé Secordigliano, village à deux milles au delà de Naples, se contenta de faire des prisonniers et de les dépouiller de leur argent. Parmi ceux qui tombèrent aux mains du vainqueur, le plus notable fut Pierre Navarro, très souffrant depuis six semaines. Conduit à Naples, il fut ensuite incarcéré à Castelnuovo, où il fut trouvé mort un matin. Le bruit courut que Louis Hixar, commandant du château, lavait fait étouffer sous des couvertures (i) pour le soustraire à la peine capitale que Charles-Quint avait prononcée contre lui.

Laval, blessé grièvement; Charles d'Albret et les deux frères de ïournon furent aussi faits prisonniers. Le premier mourut presque aussitôt, le second quinze jours après (2).

Le marquis de Saluées, avec Guy Rangone, Paul-Camille Trivulce et 1,500 fantassins, avait pu s'échapper et, à marche forcée, parvenir à A versa, mais, les portes restant fermées, il fut près de trois heures sans y entrer. Philibert l'y poursuivit l'épée dans les reins; il emmenait avec lui de l'infanterie, de la cavalerie et de l'artillerie en quantité suffisante pour l'assiéger s'il tentait de résister. A versa, bâtie dans la plaine, n'était protégée qup par une forteresse entourée de fossés et par des murailles basses et délabrées. Immédiatement un certain nombre d'impériaux tentèrent l'assaut ; ils furent d'abord accueillis avec vigueur par les Français. Ce que voyant, Philibert fit avancer son canon à une faible distance des remparts et se mit à bombarder la ville. Saluées et Rangone, animés par l'énergie du désespoir, qu'ils cherchaient à communiquer à leurs troupes, étaient décidés à périr plutO»t que de se rendre. Au cours de la défense. Saluées tomba, le genou fracassé par l'éclat d'un boulet

(1) Santoro, p. 113; d'autres disent qu'il fut étranglé. (s) Lettres do Vervz à l'éruption r. des 3u août, 8 et 19 septembre, dans Uayangos, p. 778, 782 et 791.

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