‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 114 sur 239 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Aussi, avec sa franchise de Comtuis honnête, il lui écrivait d'une main rendue défaisante par ta Gèvre : * Sire, je vous supplie me pardonner sy je ne vous escrips bien au long, car je suys sy malade que je ne saroys mais.*. J'en prie Loquenghieu (i) d'aler jusques vers Votre Majesté pour vous supiier de queques afere mien particulier; il est en vous d'effarer les péchés du temps pass»> sans se quy vous coule riens (S), •

De quelle mission le concernant avait-il chargé Lockinghen et Rodrigue de Itipalda? Devaient-ils demander pour lui à l'empereur quelque récompense pour l'heureuse victoire qu'il venait de remporter:' Je ne le pense pas. Philibert était trop désintéressé pour songer à de mesquines préoccupations d'argent, II semblait satisfait de son titre de vice-roi, En pareille matière, il se préoccupait uniquement de w$ tnmpes qui ne cessaient d'attendre le complé- UK'nt Je leur solde.

Si je ne me trompe, il ne sollicitai l pas autre chose que la réparation de la criante injustice dont il avait à se plaindre depuis longtemps. François Iw ne lui avait pas payé les 48,900 écus qui lui revenaient du fait de la reine Anne en échange des seigneuries peina et de Tufïbu; bien moins lui avait-i! restitué sa prinéi pauté d'Orange (3), Sachant que des négociations étaient en cours pour i l'une trêve entre les Pays-Bas, la France et

l'Angleterre il avait prié l'archiduchesse Marguerite d'intervenir - «lu roi de France aûn d'en obtenir la reconnaissance éâ woâ droits» Le moment était peut-être mal choisi, tuais l'an'liiduchesse, très soucieuse des intérêts du prince, avait réussi ;ï faire prendre cette affaire en considération (i), En effet, le 2i\ août II8B, Frangois lfr donnait des lettres de mainlevée, pendant la durée de ta ve. pour la principauté d'Orange et les terres que Philibert pos-

.Non était un capitaine allemand de l'armée impériale, à qui (il avait accordé une pension annuelle de 5 à 0UÛ ducats au choix ri (Pièces justificatives n™ 148; Bibliothèque natinaale, coUectîoa Oup" I t. autographe).

Ure du 7 *eptcmbrc; Pîèc< - justificatives, n* tS4; Archive» impériale» à VïeniH I* A 95, original; Archive* du royaume à Bruxelles, Papier* d'État, lui. 15, copie,

du Uoubs. E liiiK i.4) Lettre de Marguerite d'Autriche à Philibert* de Luxembourg, du 13 juin jbiîLiiv- n liû; Archive» du Douhs, E 12U8; Rwm* d* fa f'(tr, l, ïh p. 314; en partie dans Clkkc, Philihnf dr Chaton, p. 34-35,

sédait en France, à la condition que pareille satisfaction serait accordée à Marie de Luxembourg, duchesse de Vendôme, pour celles qu'elle avait dans l'Empire (4). Mais lorsque le prince s'adressait à Charles-Quint dans les termes que l'on sait, il ignorait encore la mesure prise par François I" à son égard.

Sans aucun délai, Philibert avait tenu à récompenser lui-même les services de son brave et fidèle lieutenant Jean d'Urbina en lui attribuant le marquisat d'Oria, qui avait appartenu à Robert-Boniface Carafa. Il priait l'empereur de confirmer cet acte (2).

Dans la lettre, d'une simplicité antique, qu'il lui faisait écrire, le surlendemain 9 septembre, pour lui envoyer des détails circonstanciés sur la bataille d'Aversaet sur les faits d'armes qui l'avaient précédée, il appelle sa sollicitude sur les troupes qui s'étaient si vaillamment conduites et qu'il craignait de voir se mutiner s'il persistait à ne pas les payer. Il réclamait donc une « grosse somme », en plus de celle qui avait été remise àBalançon et qui était insuffisante en raison de l'arriéré considérable dont il s'était plaint tant de fois.

Il signalait à sa bienveillance ceux de ses capitaines, de ses officiers et les fonctionnaires attachés à l'armée qui s'étaient acquis des titres particuliers par leur valeur et leur dévouement; en premier lieu, Fernand de (ionzague, qui non seulement donnait de sa personne avec un courage au-dessus de tout éloge, mais qui encore, au détriment de ses intérêts et de ceux de sa famille, n'hésitait pas à dépenser une partie de sa fortune pour l'entretien et la solde des troupes. Pour lui, il demandait les fiefs d'Arienzo confisqués sur Pierre Standardo (3), un Napolitain qui avait suivi le parti de

(1) Ces lettres, qui existaient on copie aux Archives du Doubs, n'ont pas été retrouvées dans le carton K 1330. où l'inventaire les signale. Voir Pièces ju>tificatives, n°* 117-118; Archives du Doubs. E 1330; voir aussi la reconnaissance de Marie de Luxembourg, duchesse de Vendôme, du 19 septembre 1528, i M.. n° 118; Bibliothèque de Besancon, collection Duvernov. copie; Reçue de (a Côtr-fOr. t IL p 315.

(2) Lettre du 7 septembre; Pièces justificatives, n° 124; Archives impériale> à Vienne, l'A 95, original; Archives du royaume à Bruxellos, Papiers d'État. reg. 80. fol. 15, copie.

(3) Cl. aussi la lettre du comte de Madalone à l'empereur, du 20 juin, dan- Gatangos. p. 720. — Pierre Standardo avait rempli auprès de Lautrec les fonctions de commissaire « délia grassa », c'est-à-dire de commissaire général pour les vivres. V. plus haut, p. 199.

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