‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 117 sur 239 · CHAPITRE Mil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Mil

\ ne partie des biens des rebelles WTÏI à récompenser les membres du Conseil collatéral, les principaux chefs de l'armée el quelques-un* des personnages qui y étaient attachés, Philibert ne voulut avoir pour lui que ta ville d'Ascoli dans laPouille; ditlhtast eut le marquisat de Montesarchio. Lettere, Gragnano et Angri ; Fernand de ii'onzague, le comté dWriano: Alarcon* la Yalle Sidfiana, puis le COCQté de Rende: les Colonna purent le comté de Fondi; l'amiral Cardona eut Somma; Jean Sulerano» le comté de Monto* rio; Philippe de Lannoy, prince de Sulmone et fils de l'ancien ai, eut Venafro; Maramaldo eut OMaiano; Vaury, Ôuamla le secrétaire Jean-Barthélemy Kaltinara eut Castro; Morone eut ta ville de Boiano; Saecolo de Napoli en îlomanie eut un château dans la terre d'Otrante; Louis llixar, Caserta; des capitaines el des enseignes reçurent chacun un château au comté d'Aquila (t).

Le reste des biens confisquée fut mis en vente pour le paiement dei troupes cette vente était déjà commencée au milieu du mois de septembre. Les officiera qui désiraient en acquérir en versai- nt le prix partie en argent, partie en bons émis par la trésorerie impériale sur la présentation de ce qui leur était dû. Ceux qui n'avaient pas d'arriéré payaient en espèces- La vente était confirmée par la * régi a corte » et ratifiée par l'empereur. S'il en était in, l'argent serait remboursé aux acheteurs, avec intérêt de \-2 pouf 100. Le revenu annuel de ces biens était évalué à toCLOOO ducats (2).

La nouvelle de la victoire d' A versa causas paraît-il, une grande ]'Hf au pape* Elle lui avait été annoncée par Muscetula d'abord, puis par Uuy Hangone, qui, après les défaites des Français* s'était rallié a ta cause de l'empereur et venait d+étro chargé d'une mission spéciale aiiprèl de Clément Vil, et par l'abbé génoit Xegrone qu'André Dona avait dépéché vers lui, Il se déclara prêt à donner tout son concours à Charles-ijuinl pour l'entière pacification de l'Italie et à retourner à Rome, pourvu que Civita Vecchia et Ostie lui fussent

(î) Rowift, p Si; SA\io*fl, p. 137; GiAKJfOME, L IV. L VYXI, p 44 et 45:

L p 130, (*) Lettres lie Perr^ A l'empereur, du iil Septembre et du Î9 octobre, dans p. 791 et gtfl

rendues. Le prince lui répondit que, sur ce dernier point, rien ne pouvait être fait sans un ordre exprès, mais que, connaissant les sentiments d'affection de l'empereur pour lui, il l'autorisait à rentrer à Rome et que Charles-Quint en serait aussitôt informé. Déjà le pape était arrivé à Civita Casteliana. Il avait institué comme légat le cardinal Monte, en remplacement du cardinal Farnèse. qui, depuis la prise d'A versa, avait abandonné son poste, parce que, tout dévoué aux Français, il redoutait les vexations des Espagnols et des Allemands laissés à Rome (4).

D'un autre côté, les Florentins, que les succès de Philibert commençaient à inquiéter, se montraient tout prêts à accepter les conditions qu'il plairait à Charles-Quint de leur imposer (2); déjà il était question que le duc de Ferrare et le marquis de Mantoue allaient de nouveau se rallier à l'Empire, malgré la chute récente de Pavie (18 septembre), qui avait ouvert ses portes au comte de Saint-Pol et dont les défenseurs avaient été massacrés sans miséricorde. Et la ligue aurait désormais à compter avec André Doria, qui avait quitté les eaux de Naples pour délivrer Gènes (3).

Philibert avait autrefois placé tout son espoir en l'armée du Milanais; il était maintenant sollicité de se porter à son secours (4u mais, en dépit des apparences, l'ère des difficultés était loin d'être passée pour lui; il lui restait à débarrasser la Pouille et l'Abruzze des ennemis qui occupaient encore ces deux provinces. Simon Romain s'était jeté vers l'Apennin; François Carafa, lieutenant de Fernand Orsini, duc de Gravina, était maître du plat pays; les Vénitiens étaient installés à Trani et aux environs; Rence de Ceri et le prince de Melfi menaçaient particulièrement la Pouille. Ascanio Colonna eut pour mission de s'emparer des passages de l'Abruzze. et 1,200 fantassins furent détachés de GaiHe, vers le milieu de septembre, pour renforcer les troupes du comte de Burrello, qui, après avoir contraint les Français à lever le siège de Manfredonia, avait

il) Lettre de Père/ ;i l'empereur, du 19 septembre, dans Gayaxgos, p. 791 (2) Lettre d'Alphonse Sanchez à l'empereur, du 21 septembre, dana

(jAYANGOS, p. 793.

Cù) llrid. : lettre de Lope de Soria à l'empereur, du 23 septembre, dani

(ÎAYANGOS. p. 799

:♦) Lettre de Sanchez à. l'empereur, du il septembre, dins Gataxgos,

«-HA FMTRi: XIII

I la défaut* de la Touille 1 l). A la date du 10 octobre, Bu rrello rivait à l'empereur qu'il était arrivé à Andria non sans grande peine. Il se trouvait en face de forces considérables. Kaute (fart.il- ! 'nr, il n'avait pa* pu entrer dans (juarata, que la garnison de Trani était venue soutenir. En attendant les instructions du prince, il avait mis ries détachements dans diverses places d'alentour, tout **n livrant des escarmouches aux portes mêmes de BarletLa et de Trani. Dans Tune d'elles, il avait lait prisonnier Jean-Bernardin de San Severino, fils du duc de Xornma, 11 avait déptkhé au comte de deux compagnies d'infanterie espagnole pour essayer de rendre Monopoli et aussi pour harceler l'ennemi jusqu'au jour où il recevrait du marquis de la ïripalda, qui assiégeait Nardo, et (fa Naplei de l'artillerie et des renforts que le prince d'Orange avait promis de lui expédier dans deux jours 1

A la tin d'octobre, la campagne de Fouille semblait devoir être abandonnée OU inlerrompue. car le marquis du Guast, qui en avail large dans t€ principe, avait i;té ensuite désigné, avec Mara- ■ et 3,000 hommes, pour se rendre a lignes, que Ton croyait d être attaquée par le comte de Saînt-Pol, le duc d'Urhin et Vénitiens; puis il fut question d'en donner la conduite soit au comte de ïïurrello, soit au marquifl de la Tripalda; enfin la Conseil rre décida d'envoyer, avec quelques compagnies d'infanterie fl ont nombreuse artillerie, Aseanio Ojlonna à Barietta et à Trani. Selon des rapports plus ou moins sûrs, les garnisons de ces deux ville< étaient démoralisées et hors d'état de repousser un assaut impétueux* Un sucer- relatif venait d'être remporté par un attire Coloan*, Sciarra, qui avait battu l'abbé de Farfaà Subiaco et enlevé Pa^liuno auxÛrsrni,

Le plan de cette campagne de Pouille, à en juger parce qui préparait avoir été assez mal conçu jusque-là. Fatigués ou malades les membres du Conseil étaient dispersée Pendant les premiers jours d'octobre, Philibert avait été, avec Jean dUrbina, à Torre del Greco (3); ta 18, il était rentré à Naples; à la fin du

' re/ 4 IVmperetir, du 19 septembre, dans GAtAnam, p. 7S£* 812, (3} Lettre de ÏVrc/ ;i tVœpareur, du W octobre dani Gxîanco», [> 8 "i6cp* justificatives, d <W ^inwixu'a», • tegajo * 10U5. fol il

mois, il était reparti" pour Pouzzoles(i), dans l'espoir de se rétablir complètement. Alarcon et le cardinal Colonna étaient sur le point d'en faire autant.

Vers le même temps, trente-quatre capitaines, sans doute débilités par l'âge ou par les souffrances d'un long siège, furent mis en réforme. Cette mesure souleva des critiques. Perez la blâme en raison des vides qu'elle produirait dans l'armée, la retraite de chaque capitaine entraînant, paraît-il, le départ de huit hommes qui lui étaient spécialement attachés, je ne saurais dire à quel titre. Avant de se priver de leurs services, le prince avait pris soin de leur assurer une pension convenable; les capitaines de gens d'armes et les maîtres de camp recevraient annuellement 800 ducats, leurs lieutenants, 400, et les capitaines d'infanterie, de 200 à 100(2).

Mais le rajeunissement des cadres, comme on dit aujourd'hui, s'imposait. André Doria, dans une lettre du 28 octobre à l'empereur, l'informait que, le 22, il lui était arrivé de Paris l'avis que les ambassadeurs de la ligue et François I" avaient résolu de continuer la guerre dans le royaume de Naples. En conséquence, ordre avait été donné â Rence de Ceri de lever 40,000 Italiens, dont 3,000 seraient payés par les Florentins, et les autres moitié par le roi, moitié par les Vénitiens. Le vicomte de Turenne avait été invité à mettre à la disposition de Ceri 60,000 ducats que François Ier avait en réserve à Florence. Déjà les Vénitiens avaient tout prêts huit galères et d'autres navires pour l'attaquer, lui Doria, et de l'infanterie destinée à arrêter dans la Pouille la marche des Espagnols sur la Lombardie ou contre les Florentins.

Par la même lettre, il lui annonçait qu'il venait de s'amparer de Savone, dont il avait pris possession au nom de Gênes, où le 11 (ni. le 12) septembre il avait débarqué sans rencontrer de résistance. Il avait été convenu que Théodore Trivulce évacuerait la citadelle dans huit jours. Enfin il allait retourner à Gênes, et il pensait pouvoir, de cette ville, lui notifier la nouvelle de l'expulsion complète de l'ennemi dans ces parages (3).

(1) Munie lettre, et Pièces justificatives, n° 139; Archives de Simancas, 1005, fol 7.

(2) Môme lettre de Perez.

(3) Gayangos, p. 821 et 825

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