‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 118 sur 239 · CHAPITRE Mil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Mil

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Dans l'intervalle, un Tait important s'était produit. Sur l'ordre

avoyé aux Calonna par le Conseil collatéral de cesser dan* 1« »g

Hats de PÉglise les hostilités dont la succession de l'un d'eux,

Vespusien(t le 1 1 mars ISS8), était te prétexte, Clément Vil tétait

décidé à rentrer dans Rome. Il y était arrive le mardi 6 Qdtobru,

seortl par 200 cavaliers et 500 fantassins. Descendu au Belv» il se rendit d abord à l'église Saint-Pierre, puis au Vatican, Aussitôt il lança une proclamation menaçant de la peine de mort ou de la confiscation de leurs bien* tous ceux qui causeraient quelque dommage aux Espagnols et aux Allemands- De grandes réjouissances eurent lieu à Naples a l'occasion du retour de Clément VII sa capitale: par contre, les ambassadeurs de la ligue h Itome ne cessaient de lui reprocher sa défection et, comme ils connaissaient son caractère faible, de le solliciter d'abandonner la cause de l'empereur (i )

Mais la réconciliation du pape avec Charles-Quint semhluit tout tt fait sincère. L'un et l'autre* par l'intermédiaire de Quiïïone>, D avait et** récompensé par la dignité de cardinal du titre de iïnte-Croix, s'étaient réciproquement juré amitié et fidélité el promis de défendre leurs États respectifs. tjuinones avait été cha d'en aviser Philibert et de lui remettre une lettre (S) par laquelle il lui faisait savoir qu'il rendait à Clément Vil les villes de Cîvita Vetcbia et d"Ostic,avec l'artillerie et les munitions qu'elles renfertient au moment où celui-ci avait été fait prisonnier. 11 l'invitait fl outre à ordonner l'étaïgitteaient des cardinaux qui é taie ni i n otageàCastelnuovo, à user de toute son influence auprès de l'armée pour lu» faire accepter cette restitution et enfin à faire le^ démarches nécessaires guprèfi des capitaines de Civita Vecehia. d'Ostie et de Castelnuovo, qui, de leur côté* recevraient à ce sujet defl instructions spéciales. Dans une autre lettre, relative à la même affaire et écrite le 16 septembre? il lui adressait des recommandations analogues, mais en insistant cette fois sur l'importance qui! «urait pour lui à obtenir d«is bulles de croisade et le quart des

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(t) Lettre de Perez k j"emperturt du S'J oclobre, dans Uatanuos, p 8i7 et

(2) Du il septembre, Pièces fttttlfiGlIivet, n IH trr-fjivfis impers-1 VieiiDi:, I1 \ '.*'■'>, minute, Àrchlvw du myaume à BruielUis, Papj reg 80, fol IB, copie

bénéfices ecclésiastiques pendant trois ans. La question de Modène et de Reggio serait réservée jusqu'au jour où il serait établi si le duc de Ferrare avait ou non des droits sur ces villes. Quant aux négociations à entreprendre avec le duc, les Vénitiens, les Florentins et François Sforza, elles seraient, le cas échéant, conduites selon les indications contenues dans les instructions du 9 juillet précédent. Une lettre semblable était envoyée à Michel Mai, qui, avec le prince, restait seul autorisé à traiter. Quinones n'aurait plus dorénavant la qualité d'ambassadeur auprès du pape, mais ses services seraient encore utilisés, notamment pour l'obtention de la croisade et la conclusion de la capitulation (i).

Charles-Quint avait aussi, en même temps, dépêché Balançon à Philibert pour lui faire savoir qu'en raison de la gravité de la situation au royaume de Naples il avait résolu d'expédier immédiatement 2,000 hommes en Sicile et de faire partir huit galères qui rejoindraient la flotte de Doria, en attendant de pouvoir en armer de dix-huit à vingt autres. Il se proposait de lui mener luimême 8,000 hommes de renfort au mois de novembre ou à la midécembre; avec laide de Leyva, à qui il avait mandé par Ribadeneyra de se porter, en cas de besoin, au secours du prince, dût-il pour cela abandonner Milan et ne garder que les places principales, il espérait bien t amender les fautes • . Doria irait à sa rencontre avec trois ou quatre galères, s'il le jugeait à propos (2).

Philibert, qui ne lui dissimulait jamais la vérité, lui répondit avec sa franchise ordinaire. Evidemment sa présence au milieu de l'armée pourrait avoir des avantages considérables, t L'empereur. » disait-il dans ses instructions à Balançon, « l'empereur peultestre asseuré que le nom de sa personne seulle luy vaudra X mille hommes, et que beaucoup de gens quy ne sçavent quelz ilz doyvent estre, ou bons ou mauvais, fauldra adonques quy demonstrent le dedens. » Mais il s'empressait d'ajouter qu'une pareille détermina-

(1) Pièces justificatives, n" 129: Archives impériales à Vienne, P A 95. minute; Archives du royaume à Bruxelles. Papiers d'État, rcg. 80. fol. 28. copie

(2) Papiers d'Elal du cardinal de (Iranvelle, <lans la Collection des documents inédits, t. I, p. 427-432: cf. lettre de l'empereur à Philibert, du 21 septembre, Piècos justificatives. n° 132: Bibliothèque nationale, collection Dupuy. n* G88. fol. 8, autographe; Archives impériales à Vienne. P A 95. minute.

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