CHAPITRE Xtll
tiuo lui semblait grave, et il suppliait Charlea-Quiiit 4*y « bien vouluvr penser deux fois ». Sans parler des dangers de la guerre auxquels il serait exposé, il devrait d'abord réfléchir aux çom qoeace* d'une défaite; il fallait donc qu'il pût être sûr de passer • par dessus le ventre a tous autres quy se mestrovl tu «levant ». Puis il j avait lorlout à tenir compte de l'état desprit des troupes. Les vivras faisaient défaut et la D ît extrême dans toute
J Italie. Sur ht question daryeuL il n'insistait pas, et pour cause. Balancera ne lui avili apporte de sa part que 50,000 ducats: la prétextes qu'il aurait mis en avant, la crainte de voir cette somme interceptée par l'ennemi et la mauvaise volonté du roi de Portugal vécuter ( lente n'étaient pas de nature à calmer le
contentement de I armée. De tout cela il pouvait t venyr quelque mntynaeiuu et d'icelle souldre quelque revers au rebours -h intencyon et de... ses servvteurs *.
Le prince était d'autant mieux en état de lui adresser ce langage qu'il venait précisément de préparer, pour Ja lui faire ratifier, une convenlinn avec les chefs de l'infanterie espagnole et allemande au sujel de leur paiement: l'empereur verrait * la grant somme qu'il monte, laquelle, ores qu'elle est grande, ne pensay jamai pouvoir venyr, et n'a esté sans force mercedes a tous les eapitay nés.,. Et luy BupUerés quy ne s'eebafsee s My en y voyt de bien fougueux, j*ay ftêté contraint de donnera tous ou je né Uêëêê jamifl rem au bout de Tapointement dit ».
Tel était le sentiment de Philibert, Charlcs-UiuiiL qui, déclarait-il. ne lavait < jamais tenu pour ung Aristote *, en ferait le cas qu'il
gérait convenable. Ouant à lui, il n'en continuerait pas moins a le servir fidèlement, soit en sous-ordre, soit comme chef de l'armée. Il ne demandait qu'à être informé de la décision qui ser.ui par i empereur.
PtHH l'instant, il soumettait à son approbation rétablissement de trois grands centres d'approvisionnement, l'un au royaume de Napjes, l autre ;i Porto d'ErcoIe que détenait André Doria M;, et
il \ I*ar lettres du 3 GOpLetiihre et du 8 octobre, le* Sit-nnoi» avaient instamment prié îo prince d'user de son crédit auprèi de l'empereur pour leur fair-' i'oi ïod'Ercole (Pères jusLiuctttivea, n" 123 et 13a; Archives de il tut ■■ s ù hi « bu lia », original sigaé), H fut fait droit al ndt.
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le troisième à Gênes. Celui de Sienne serait destiné au ravitaillement des troupes qui iraient au secours de la Lombardie. D'importantes expéditions de vivres devraient être faites de Sardaigne, d'Espagne et de Sicile, et il serait désirable que 5 ou 6,000 Espagnols fussent envoyés dans la Pouille, 42,000 Allemands en Lombardie, et que le roi de Hongrie pût lever de 46 à 48,000 lansquenets 1 1 ».
La nouvelle de la victoire d'Aversa, qui lui parvint seulement le 27 septembre, autant que les sages conseils du prince, modifia, pour un temps du moins, les projets de Charles-Quint (2). Il crut sans doute que la campagne serait bientôt terminée au royaume de Naples, et déjà, dans son imagination, il voyait Philibert, vainqueur en Lombardie, porter la guerre en France (3). Aussi, afin de hâter l'évacuation du royaume, s'empressa-t-il de faire parvenir au prince une nouvelle somme de 400,000 ducats (4). Cette évacuation était nécessaire, car on savait maintenant que le prince de Melfi et Rence de Ceri avaient opéré leur jonction avec les Français, et, de lettres interceptées par Antoine deLeyva, il résultait que le Conseil du roi de France, ayant appris la défaite d'A versa et l'occupation de Gênes par André Doria, se disposait à renforcer ses troupes en Lombardie, les garnisons d'Aquila, de Barletta et de Tranî, de façon à réduire promptement Milan et d'autres villes du ducbé. L'occasion paraissait favorable.
Les Allemands du Milanais s'étaient révoltés parce qu'ils n'étaient pas payés. Le prince dut demander au banquier Thomas Fornari de leur verser tout l'argent qui lui restait d'un engagement précédemment passé avec lui au sujet de leur solde et d'en signer un nouveau en leur avançant tout ce qui lui serait possible. A leur exemple et pour la même raison, ceux de Naples refusaient de marcher contre Barletta et Trani. Dans une des séances du Conseil.
(i) Papiers d'État du cardinal de Granvelle, t. I. p. 433-438.
(2) Une première fuis, Charles-Quint différa son voyage jusqu'au commencement d'avril (Papiers d'Etat du cardinal de Granvelle, t. I, p. 449. lettre de l'empereur à Montfort. du 10 mars 1529). mais il ne s'embarqua à Barcelone que le 27 juillet suivant.
(3) Lettre de l'empereur à Philibert, du 21 septembre, Pièces justificatives, n" 133; Archives impériales à Vienne, I* A 95, minute.
(4) Lettre de l'empereur à Bahinron. du 6 octobre, Pièces justificatives, n 136; Archives du l)oubs, E 1297; Bibliothèque de Besançon, collection Duvernoy, copie; Revue de la Cùle-d'Or, t. II. p. 316.