‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 126 sur 239 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

il quitta Tolède le 8 mars. Arrivé à Saragosse le 22, il y séjourna jusqu'au 19 avril (I ), pendant que se faisaient les préparatifs nécessaires levée de troupes et de subsides, approvisionnements, etc. Il croyait alors que Philibert s'était conformé à ses instructions et qu'il se portait avec son armée en Lombardie; en conséquence, il avait résolu d'appareiller sur Gênes. Dans l'impossibii i I ■ * ou 1 un étttit, pour l'instant, de délivrer Barletta, devant les dangers que couraient le Milanais et Gènes, menacés par les troupes du comte de Saint-l'id (8), il persistait a penser que c'était de ce coté qu'il «Hait urgent de Faire converger tous les efforts. Une autre raison lui dictait ce plan de conduite, Montfort et Moqueron, arrêtés par les intempéries de la saison, n'avaient pas encore pu s'occuper assez activement en Allemagne et en Flandre du recrutement de l'infanterie et de la cavalerie indispensables pour avilir obtenu des résultats utiles. 11 ne pouvait lui envoyer ni argent ni blé; il ne pouvait distraire un seul homme des 8 ou 10,000 qu'il emmènerait avec IuL L'évacuation du royaume de Naples s'imposait donc, sauf à y laisser la quantité de troupes suffisantes pour sadéfense. Afin de faciliter l'apaisement du pays.il accordait une amnistie générale de laquelle le prince fut, quelques jours après, autorisa à exrlure les particuliers et les villes qu'il jugerait pos.

En eourfl de route, Philibert ne s'attarderait pas â assiéger les villes ennemies ou à composer avec elles: il se bornerait seulement ii BftBftjr&f de traiter avec le* Florentins et d'en tirer de T argent pour l'entretien de l'armée.

L'empereur avait soin d'ajouter que ce n'était pas un ordre qu'il lin donnait, mais un simple avis qu'il émettait, Si le prince était d'une autreopinion, le débarquement se ferait sur les côtes de

\i .-.HAiir*. Collection de$ Vùyagts des tûtiveraing itet Paijt-Bat, L II, p, 45.

f) D'upréa une lot Ire de Lopc *ie Soria à Charles-Quint, du 22 avril (dans à*&ù&, p. &»7 il 988), le comte de Suint-Pol était à Alexandrie avec 4 fantassins, 300 chevaux et 80 gens d'armes ; il attendait 2,000 Allemands» tuai? il était sans argent et sans provision». Il pressait les Vénitiens et Sforza ffltttqittr Milnj, mais il^ rd usaient Fraiu ?oâi Sforza était à Lodi ftvec f,0UO luala^sin* et 200 chevaux. On îc soupçonnait de traiter secrètement ivec l'empereur. Jean (Janus) de Ciiinpofngoso avait sous ses ordres 500 gens (f'arroea, des chev au-légers et4,uQ0 fanlassius, mais, encore, le duc d*UrMn ne voulût pas servir sous IuL C'était donc le commencement de la tin de la ligue »û Lombardie.

Naples. Il l'informait en même temps que des pourparlers de paix se poursuivaient entre Louise de Savoie et Marguerite d'Autriche (i).

- c La paix qu'est la chose que plus désire, » ainsi qu'il récrivait à Philibert, il tenait surtout à la conclure avec le pape, persuadé que les difficultés avec les autres adhérents à la ligue s'aplaniraient ensuite d'elles-mêmes. Aussi chargea-t-il ses agents à Rome, Mai et le cardinal Quinones, de s'y entremettre sur-le-champ et de le renseigner sur les moindres incidents et sur tous les bruits qui parviendraient jusqu'à eux. Un des premiers dont Mai lui donna connaissance fut que Clément VII, dans l'incertitude où l'on était du voyage de l'empereur en Italie, se proposait d'aller en France et en Espagne, afin de hâter le rétablissement de la paix générale entre les princes chrétiens et de prévenir l'invasion de la Hongrie par les Turcs, invasion que l'on croyait fomentée sous main par quelques-uns des chefs de la ligue (2). Le pape confirma luimême ce bruit à Mai, en ajoutant qu'il se ferait accompagner par six cardinaux, qu'il observerait une stricte neutralité vis-à-vis de Charles-Quint et de François I", qu'il ne solliciterait pas Florence pour lui, ni ne réclamerait Cervia et Ravenne, qui lui appartenaient (3). Mais Philibert et André del Borgo, ambassadeur de Ferdinand, roi de Bohème et de Hongrie, écrivirent à Mai qu'ils ne se contenteraient pas d'une simple neutralité, que ce qu'ils voulaient, c'était la signature par le pape et le plus tôt possible d'un traité d'alliance défensive et secrète. Il serait de la sorte détaché des confédérés, qui ne cessaient de l'importuner, de le circonvenir par leurs mensonges et leurs fourberies. C'était d'autant plus urgent que Jean Joachim de Vaux, ambassadeur de France en Angleterre, était attendu à Home; on disait qu'il avait carte blanche pour accorder à Clément VII tout ce que celui-ci demanderait et lui promettre de lui faire rendre Cervia et Ravenne. JM le faisait espionner, de même que l'ambassadeur de France, par

(1) Lettre «lu 9 avril, Pièces justificatives, n° 160; Archives Vienne, I» A 90. minute.

(:?) Les détails les plus importants sur ces négociations Jnt HlflUM longue lettre do Mai à l'empereur, du 22 mars. Voir GATANaot» p,-^ÉBfcJB,*i'

(3) Lettre de Mai à l'empereur, du 1er mars, dans GayaMMMl »-j

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