‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 132 sur 239 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

expédiaient toujours des renforts considérables dans la Fouille; Monopoli était encore inutilement assiégé parduGuast; Lanciano. défendu par une faible garnison, avait succombé (4). Environ 70 prisonniers étaient au pouvoir du vainqueur. On en traitait l'échange contre d'autres, parmi lesquels se trouvait le (ils de Rence de Cerî (S). Répondant à une question que, par lettre du 2tt mai, l'archiduchesse Marguerite lui avait posée en prévision des négociations qui allaient s'ouvrir à Cambrai, le IB juin, entre elle et Louise de Savoie pour la conclusion delà paix, le prince lui faisait rémunération des villes occupées par les Français : Barletta, Vieste et Vico; par la Hgiie : Mouopoli, Trani, Castro, Nardo et Polignano, Il savait que» dans le Milanais» Alexandrie et Asti étaient en la possession des Français et que Sforza était maître de Crémone, de Paviej de Lodi et d'autre places moins fortes, Il ajoutait aussi, puisqu'il était consulte A ret égard, qu'il serait Lon d'exiger de François l*f la restitution de ces villes avant l'élargissement de ses enfants (3).

À lY-inricreur il faisait connaître que, comme il n'avail pas refQ les renforts et l'argent qu'il lui avait demandés à plusieurs reprises, nseil avait décidé de ne pas abandonner le royaume, t et ainsi s'exécutera, s'il ne vous plet commander le contraire* » Il persistait dans l'opinion qu'il n'y avait qu'un seul plan raisonnable : le débarquement à Naples, qui entraînerait, sans coup

(1) Lettre de Philibert & l'empereur* du (9 mai, Pièces justificatives, n« 170; Archive* impériales à Vienne, PA 96, original; et Geichariun, l XIX, .fol, 34tt.

Au sujet de la prise de Lanciano, Nicolas Rainée écrivait de Home, le il mai 1529. à Aune de Montmorency ; « ,,, Monseigneur» je croy que aurez entendu 4e J>riijn ni- exécutée par aucun:-) Ibru&cyjs avec les gens du roy et de la seigneur Dise) sur aucuns ennemys qui estaient a Lanchanne, et ont les nostres prïns ladiete ville et ont prins et des troussé quelque nombre d'hommes d'armes et autres gens qui y estaient. Le prince -l'Oronge, par les lettres de frapjcs du xx1, s'en estait fort eschauffé et dtsoit vouloir aller reprendre ledkt lieu et en dhtttar les nostres. Leurs gens ont eu icy ad vis qu'il n'y a nul espoir enttrpi iuse de Pueille. Neanlmoyna le marquis ne s'en estait encore* purty el disaient leurs lettres que ledict prince avoit mandé audict marquis Juy \ er a Naples tous les gens de pied espaignol* pour obvyer aux iraveilz de l'armée et empesehemens que leur donnent les foruscys qui sont environ Naples et ju^ques a entrer quelque foys dedans la ville et faire du tanmftlge WÊÊÊGE**. • (Papiers Gond**, série L t. IL w 191, au Musée Condè, a ChantilJv i

(2) Lettre de Mai à l'empereur, du mois de mai, dans Uaïangos, p, 48 a. Gnnumn*, I XIX, fol 318 v.

(3) Lettre du 4 juin, Hères justificatives, HP 17î; Archives imjién Vienne, P A 96. minute.

férir, la reddition des villes prises par l'ennemi et l'évacuation de la Pouille. Après quoi Charles-Quint passerait sans encombre en Lombardie, traiterait avec Florence, avec le pape, qui « ne va que dissimulant », et t est pressé des François et de ceulx de la ligue (1) >; sinon c les Florentins se pourvoient; si vous tardez guieres, les villes de Poulie s'envituailleront et vostre année se mutinera;... s'il en mesvient, j'en pourteray la pénitence et vous le domage... J'escripz au marquis qu'il se tienne devant Monopoli, s'il peult, jusques a vostre venue. Si nous vendons, chascun vouldra acheter ». Enfin, il le priait, malgré tout ce qui lui était suggéré par quelques-uns de ses conseillers, de faire une levée d'Allemands, car ceux de Naples déserteraient certainement s'ils étaient conduits en Lombardie (2). Philibert estimait avec raison que la conquête de Naples lui avait coûté trop cher pour qu'il consentit à en perdre les résultats sans protester, ce qu'il faisait d'ailleurs avec toute la déférence due à son souverain.

Si l'empereur demandait à Philibert son avis en pareille matière, c'était, semble-t-il, seulement pour la forme, car son siège était fait. Avec la ténacité qui le caractérisait, il avait décidé de débarquera Gênes; il faisait ses préparatifs en conséquence. Il avait donné des ordres pour que les troupes qu'il faisait armer à Malaga fussent concentrées à Rosas et à Barcelone où il se trouvait, et qu'André Doria, avec ses galères, vînt l'y rejoindre le 8 juin au plus tard (3).

(1) D'après une lettre de Mai à Philibert, Clément VU était assez sérieusement malade pour que l'on eût, une fois de plus, à se préoccuper de l'élection de son successeur (Gayamjos, p. 44). Tous les rapports des agents impériaux prouvent que le pape ne cessait d'être circonvenu par la ligue, qui Taisait tous ses ellorts alin d'empêcher un rapprochement entre Charles-Quint et lui.

Une lettre du président des comptes de Provence à Anne de Montmorency, datée de Rome, 16 mai, contient ce passage significatif : « Et a ce que je vois, les ministres de l'eslcu empereur qui le cuidoient (le pape) tenir dans la manche sont bien loings de ce qu'il/, pensent... » (Papiers Condé, série It t. II, n# 184, an Musée Condé, à Chantilly.)

(£) Lettre du 19 mai, Pièces justificatives, n* 170; Archives impériales i Vienne* P A 95, original. — Danp une lettre à l'empereur, Mai lui fait pari dfl bruit que les Allemands détachés dans lÀhruiJze et qui n'avaient pas rerudr solde depuis trois mois parlaient de dèserler et de retourner chez eux, et qy*. pour les attirer i la ligue, les Français et les Florent* us Leur donneraient km paie do deui mois et les Vénitiens le reste (Gayahiios, p. 50).

(3) En même temps, il adressait au pape une lettre autographe pour 1 Informer dû son départ proihaîn (Lettre ii Philibert, du i* mai. Pièces jualificitim n* 168; Archive* jrnptrLàltfa à Vienne, P A J»6, minute».

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