‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 135 sur 239 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Il en est de même d*un projet de mariage entre Catherine de Mëilicis nièce du pape, et le prince. Après d'autres, le plus récent des historiens de la future reine de France en a parlé (i). Elle était alors a peine âgée de dix ans CI) et était encore au couvent de Santa Annunziata délie Murale de Florence. Mais, à supposer que cette Idée eût été caressée par le pape, il est plus que sûr qu'elle n** fut pas partagée par Philibert. Il connaissait trop Clé* ment VU, je difii plus, il te détestait trop. — ses lettres en font loi (8), — pour consentir à entrer dans la famille des Médicis. S il allait maintenant combattre pour leur cause, c'était sans enthousiasme, seulement par obéissance et par pur dévouement aux intérêts de l'empereur

Fendant ce temps-là;» Charles -Quint, parti de Barcelone le 28 juillet, était sur Je point d'aborder en Italie. Le pape lui dépécha Érasme Uoria, abbé de Nero, et Philibert Rodrigue de Ripalda, de lui souhaiter la bienvenu'1 I Le prince avait sans doute hAte de se justifier auprès <Ie lui de certaines accusations adressées à l'empereur, notamment sur le compte de Morone, de Bernardin M&rtirano. dWlarcon et d'autres encore. Ces accusations, qui lui

(I; Heun BOOCBÔT, Catherine de Maticit, p. 9, — À ce sujet, Biaxtove, t. I,

Ul&nne, écrit : « Car il vouloit fort espouser sa raaïstressc, Catbe-

urd'huy nostre reine mère, que le pape lui avoir prttmii

YarchL l'historiographe officiel des .Médicis. dit dans son hioria

dette guetta delta republica /foriMtfma, éd, de Levde, I. X, coL £91 T que Philibert

les sein d'épouser Catherine de gré ou de fora; c'est déjà une variante

prouver que Clément Vil ne lui aurait fait aucune proposition df

ce genre. Puisque le nom de Varclrï &e présente sous ma plume, je ferai obser-

: H ii été mon principal guide pour la campagne de Floreoce. Témoin

ecotiin d*i laits et avant eu [tins lard a sa disposition tous les documenta

il et nombre de relations privées, il a pu en écrire l'histoire arec une

iMjudaor.v et nue précision de détails qui ne laissent rien à désirer. Ils concor-

solument avec ce us que j'ai eu à utiliser de mon calé.

(2) I née le 13 avril 1519.

6*1 à remarquer que. dans ses lettres» il ne rappelle jamais que « le », tandis que Chai les nuint lui donne? la qualification plus respectueuse i e ». Selon Varchi, l'antipathie de Philibert contre Clément VIE 9 venait de te qu'il aurait voulu épouser la tille naturelle de Charles~(Juïnt, itente„ qui fut donnée à Alexandre de Médicis {1. JXt col, îiti). Ri< , n'autorise cette opinion Dans les lettres de l'empereur, du prince et de •de Luxembourg, on ne trouve pas une seule allusion 4 cola. (4) Lettre de Louis de Praet et de Mai à l'empereur, du il août» dans Gaïav . p. 16- et 163.

parvenaient c journellement » et de divers côtés à la fois, sont résumées dans une lettre de Charles-Quint, en date du 8 juillet, qui fut remise au prince par Ripalda. L'empereur commence par l'assurer qu'en dépit de ces dénonciations il a en lui la plus entière confiance, que tous d'ailleurs, amis et ennemis, c recongnoissent et certifient l'extrême soing, peine et travail » avec lesquels il s'acquitte de ses fonctions. Mais il n'en était pas de même de son entourage, qui, par ses agissements, compromettait la sécurité du royaume.

Sous les yeux de ses chefs et pour ainsi dire avec leur connivence, l'armée, depuis la défaite des Français, s'était livrée aux pires excès : « concussions, pilleries, saccagemens, tueries, forcemens de femmes, violation et ravissemens de filles et vefves. » Huit cent mille ducats, 400.000 imposés plus tard aux populations napolitaines, 200,000 écus apportés d'Espagne par Balançon, tel était le chiffre des sommes énormes qui auraient dû servir à payer les troupes, non seulement dans le passé, mais encore dans l'arenir;ce qui aurait permis d'y maintenir la discipline. Une partie de cet argent avait été détournée par des membres du Conseil, soit pour eux personnellement, soit pour leurs parents, amis et alliés. Afin de donner à leurs exactions un semblant de raison et de fournir au prince l'occasion de sévir, ils inventaient toute sorte de prétextes, mais ils avaient bien soin de ne pas porter au compte de Fempereur ou à celui du pays le produit de leurs extorsions. Ainsi Morone était accusé d'avoir été cause du massacre de 700 habitants d'Assolo par les chevau-légers, furieux de n'avoir pas eu leur part des 100.000 ducats qu'il avait exigés de la ville pour la placer sous sa sauvegarde. Il était accusé d'enrichir sa famille et ses favoris au préjudice du Trésor, de mettre à l'abri à l'extérieur le fruit de ses rapines, de recevoir de l'argent des Vénitiens et des pays au pouvoir de l'ennemi. Enfin il était soupçonné d'entretenir des intelligences avec la ligue et d'avoir profité delà maladie de Philibert pour paralyser les efforts de l'armée depuis la capitulation d'A versa.

Los griefs contre Alarcon, sans être aussi criants, méritaient cependant d'être relevas. A la vérité, il n'était coupable ni de cruautés, ni d'exactions, ni de trahison. Mais on lui reprochait de

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travailler trop à la fortune des siens. Don Sanche, son oeveu, en «liant prendre possession du marquisat d'Onu, qu'il tenait du prince* avait pillé, saccagé tout le pays qui était sur su route, ainsi <juil Pavait déjà fait à Castelluccio et ailleurs. Pierre Qoo» xalcs, son gendre, avait été également signalé pour ses méfaits, qu'il serait • trop prolixe de mectre par le menu »,

C0Dcn8SÎ0Qnaîre mtsl le secrétaire Martirmio, insullisaniment

• slillé » pour la situation qu'il remplissait et qui avait acheté sa

hurge à un prix tel qu'il n'avait pas pu se procurer par des

us honnêtes l'argent n»r essai re. On se plaignait aussi que

BOD pèr*, qui était < de moyenne ou basse qualité et moins

ïxpertmenté », eût été Appelé i I nflice de régent de la vîeairie,

u*que-là réservé aux personnages les plus considérables rie

Vaples ; que Louis Hum, préposé au service de la trésorerie, ne

audit pis ses comptes tous les six mois, comme il y était tenu, et

qu'il fut i plus homme de marchandises et mécaniques ne£<»< i-«-

juc de conseil ».

Philibert «'tait donc invité à confier l'administration des attain-s

me à deux hommes prudents, sages et loyaux, un de

he pour la justice, l'autre pour le poste de secrétaire du

Conseil. Si des questions de parli l'empêchaient de les trouver

in tour ife lui, l'empereur les lui enverrait d'Espagne. Alarcon de-

iplojM seulement selon ses optîtudes et de préférence

GharteffHQuint drs son arrivée en Italie. Il utiliserait

Mais il y aurait lieu de réprimer aévè-

#?« services de son mieu enient les fautes de ses Morone serait soumis, a*. I* arêtes

lait prouvé qu'il eél S3 r>uf en tapé p*x f

l daa i l>us quelconques, i pni»' prince n» fc

Hle de Bernardin HartiraiW

1er. j(

Hfi d» g ije ces pjaiL

roches.

une surveillance rigoureuse. En aucun

lui seraient plus communiquées. S'il

ii' de l'argent hors du royaume, sur-

igue; qu'il eut commis (tel exactions

I eut eu des relations suspectes a ver

t pas hésiler un instant à le faire

onduitc de son secrétaire Alexandre,

et de l'entoura;:»1 de Morone élait à

i, Jean-Baptiste Caslaïdo, v englo-

*il encore le cardinal L a qui PhUiberU en son absence.

avait délégué ses pouvoirs de vice-roi de Naples (4' avait été nettement dénoncé à Louis de Praet comi part aux exactions.

Le remède conseillé à l'empereur relativement choses était le retrait pur et simple des troupes de celles qui étaient nécessaires en Fouille. Celles-ci, i de les renforcer dès son arrivée en Italie par l'em destinées à recouvrer les villes perdues. Ce retrait au de diminuer les charges du royaume et d'assurer un p tice aux rebelles, pour lesquels était réclamée une amn

Au reçu de cette lettre confidentielle, écrite pour lement et « non autre », il devrait procéder à une crête sur les faits articulés et lui en faire connafti confidentiellement les résultats. Toutefois il était i conférer avec Louis de Praet, qui, avant son départ d été mis au courant de la situation (?).

Ce fut en effet l'objet d'un de leurs entretiens, et paraît-il. le premier à en parler à de Praet. II lui qu'il avait déjà déclaré à Charles-Quint, qu'il avait h confiance en Morone et en Martirano, qu'il n'ignorait rone « veult fere ses besognes », mais qu'il se lr investigations à cet égard. Quant à l'argent levé pour le paiement de l'armée, rien ne lui serait pi d'en justifier l'emploi (3).

Toujours au sujet de cette affaire, de Praet écrivait le 45 août, avoir reçu la visite de Martirano et <* avaient énergiquement protesté de leur i yaocetvce; * dant savoir que celui-ci avait à Naples pHfws^c^-°^ sans parler de l'argent comptant, « qu*és<«s\. fcTatv ' prince était au-dessus de tout soupçoeev*^ c^^ *^s homme de bien et saige (-4) ». Castni. — &o* <VU1

(1) Lettre de Louis de Praet à l'enipereui ^ ^ ju 31 *°a riales à Vienne, I» A 96. es t

(2) Pièces justificatives, n" 177 ; Archives i pêt'i^5 . 3) Lettre de Louis de Praet à l'cmpereii Ju 5 août*

Pièces justificatives, n° 180; Archives dutre I . oyau1*16 historiques, t. IV, fol. 245. copie. 15 :i

(4) Lettre du même au même, du 15 ac' "' ftux ATC»i

P a 96. son x

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