CHAPITRE XV
qu'ils continuaient leur route sur Florence» où ils entraient le 19 septembre (1).
Dans l'intervalle, les Florentins, que la rapidité des mouvements du prince effrayait, lui avaient dépêché un ambassadeur pour le prier d'interrompre ses opérations durant les pourparlers de la paix entamés avec l'empereur. Il ne voulut rien entendre, et il prit sur lu* d aller de l'avant, bien qu'il n'en eût pas encore reçu de Charles-Uumt Tordre formel. Il fondit sur Cortone, emportant des vivres pour trois jours (4), Dans une admirable situation, protégée par des travaux de première ligne et entourée de solides murailles, elle semblait défier toute attaque. Mais elle n avait pour se défendre que 6 à 700 hommes (&}s commandés par les capitaines Ridolfi d'Assise, Jacques Tabussi, Marco d'Empolh dit Marcone; 0 de Monte Benichi, François et Louis de Sorbello
Dèa 'jn'il lut sous les murs de la ville, Philibert ût demander par un trompette le passage et les vivres. Le gouverneur, Charles Borghesi, ne lui répondit môme pas. Aussitôt le prince chargea iasi d'en taire le siège» Celui-ci s'empara d'abord d'un faubourg, battit avec son canon la porte Saint-Vincent, gardée par HidolfÇ Tabussi et Louis de Sorbello, eL tandis que les troupes montaient a l'assaut, «t Faisait mettre le feu à la porte, ma if il était bientôt éteint. De même que l'attaqua, la résistance fut acharnée, bien là qu'au ►n virons de la cathédrale, ou les assiégeants td aient le rempart. Hommes, vieillards, femmes, enfants, sol* dais, tous combattaient désespérément à coups d'arquebuse, de pique et de pierres. Les Cortonoîs eurent une soixantaine de morts; les impériaux perdirent plus de cent des leurs (4), parmi lesquels les capitaines Secura, Lonsovello de Giaiano et Alphonse aglia. Varchi parle aussi d'un neveu du prince d'Orange qui aurait été tué dans cette circonstance (5), mais Philibert
tient, I \f coL Uta *ii Giuliano dé* RM, ioc rit., p< 437*
tS, Pbiliberl et;ni à Cftstiglione <\?l Lago, d'où il écrivit am Siennois i justificatives, n -01 : Archives de Sienne, lettres à Lu • baba », original né. Cf lettre de Nicolas Rainée à Anne de Montmorency, du 14 septembre,
t enseignes, dit Philibert dans une lettre à l'empereur, du 18 septembre ii : UcuLives, n ïùt; \nhives impériales à Vienne, V A flti, autographe .►muni utque, " dit Meluia. sf.
n'avait pas d'autre neveu que René de Nassau, qui était alors âgé. de douze ans. Le nombre des blessés fut également considérable des deux côtés. Du Guast lui-même fut frappé à la tète d'une pierre qui le renversa; il ne dut son salut qu'à son casque. Après cet accident, les capitaines firent sonner la retraite; les troupes regagnèrent leur campement. Revenu à lui, du Guast décida qu'un nouvel effort serait tenté le lendemain matin. Il fit, à cet effet, transporter, dans la nuit, son artillerie sous les murs de la ville afin de la bombarder; pendant ce temps-là, des mines étaient creusées et des tranchées ouvertes.
Comme les munitions des Cortonois étaient presque épuisées et comme il semblait impossible qu'une garnison aussi faible que la leur pût lutter efficacement contre les forces du prince, six des plus notables d'entre eux, à qui avait été confié le soin de la défense, envoyèrent en secret auprès de lui trois députés pour lui proposer de se rendre, s'il garantissait de laisser la vie aux habitants. La capitulation leur fut accordée moyennant 20.000 ducats.
Les capitaines protestèrent contre cette capitulation, qui, pour eux. était un acte de lâcheté et une trahison, et ils se retirèrent à la citadelle. Us délibéraient sur ce qu'il convenait de faire, quand le comte Kosso, qui, depuis, fut pendu à Florence par ordre do pape, leur donna le conseil d'aller trouver Philibert à Camuccia, a un mille de Cortone: ils pourraient librement rentrer dans la place si les conditions qui leur seraient faites par lui ne les satisfaisaient pas. Le prince refusa de les recevoir, et il les obligea à marcher à pied à sa suite, sous bonne escorte. Les soldats ne furent guère mieux traités. Au fur et à mesure qu'ils sortaient par le guichet de la porte Montanina, ils étaient dépouillés de leurs armes, et on leur mettait une baguette dans la main (1). Puis Philibert fit offrir aux six capitaines de les prendre à sa solde. Froissas sans doute de l'humiliation qu'il leur avait fait subir, ils n'acceptèrent pas. mais ils furent remis en liberté après s'être engagés à ne pas servir contre l'empereur pendant la présente guerre. 0* ne tinrent pas tous parole, car Kidolfi, (ioro et Tabussi au s'empressèrent «le rejoindre les Florentins.
■- Ati±j&ïâ
(1) Lettre de «le Praet vl »1«- Mai à l'empereur, du 30 sept ....s, ,,. 211.