‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 146 sur 239 · CHAPITRE xv · texte numérisé non relu

CHAPITRE xv

Philibert sur les conséquences de son départ étaient moti-

II résolut donc d'envoyer au commencement de septembre sur

es cotes de la Fouille les galères à' And ré Doria, qui, avec celle-

aplea et de Sicile, chercheraient à enlever aux Vénitiens et

ux autres ligueurs les villes qu'il* occupaient encan- dans cette

rovince (1). Le départ de la flotte eut lieu vers le (ï (J), Le désac-

ord entre le cardinal Colonna et Marron, en un moment oà la

Oline entente de tous eût été plus que jamais nécessaire. l'aflec-

il beaucoup. Il recommanda au prince de faire ses eiïorls pour

s réconcilier.

Pendant aoo séjour à Gènes et dans d'autres villes d'Italie, il

eçttt, à plusieurs reprises» les visites de délégués et de grands

personnages napolitains accourus pour lui présenter leurs hom-

i, loi exposer leurs doléances ou lut demander justice : les

►rinces de Salerne et de Stigliano, le duc de Nardo, les iuar<|utâ de

^aino, de Ouaruta. de Poligiianu, etc. (3), pour ne citer que b's

- Les plaintes au sujet des abus déjà dénoncés

• <mmencèrent, mais, à ce qu'il semble, Morone et son s»

re furent seuls incriminés, au moins d'une façon formelle. Le

uit courait toujours que Morone avait placé son argent en lieu

Venise; on disait même qu'il avait Tintent ion dTy partir.

us prétexte de rejoindre Philibert, Charles-Quint désirait s'asMi-

r de sa personne, d'abord afin d'obtenir des éclaircissements *ur

affaire de François Sforza, ensuite pnur lui faire expier ses m "laits

ls étaient prouvés. Ordre fut donc transmis au prince de ne pas

mettre de s'absenter du royaume de Naples; s'il s'en éloi-

ait afin de venir vers lui. de le faire surveiller très étroitement.

s'il prenait une voie suspecte, de Tarrèter pour qu'il lui fût con-

U, tnut cela sans scandale (4). Morone arriva à Rome le i8sep-

etnlire; il se rendait auprès de Philibert, qui avait communiqué à de

*raet et à Mai les instructions antérieures de l'empereur, Comme

| BSCOrté par 30 de ses cavaliers à lui. il leur ertt 6U difficile

le faire appel à leur concours. Ils se contentèrent donc d'écrire

nredu31 août

isptemhre.

(3) Rotto, p. &*~*Yà.

il) LetU'o du 11 septembre.

au prince pour lui indiquer la route qu'il avait prise et lui conseiller d'envoyer au-devant de lui quelques officiers et un fort détachement de troupes soi-disant afin de l'accompagner (1). Morone quitta Rome le 23 (2). Il avait eu avec le pape une longue conférence dont de Praet et Mai ignoraient l'objet; ils supposaient qu'il y avait été question du Milanais et que Morone s'était engagé à amener François Sforza à accepter les conditions de l'empereur: ils croyaient qu'il échouerait dans son projet à cause de la répulsion qu'il inspirait aux conseillers du duc et au peuple. Ce qui est probable, — Varchi, avec sa merveilleuse sûreté d'informations, nous donnera presque la clef de l'énigme, — c'est que Morone gagnant le camp de Philibert, il fut surtout parlé de Florence (3). 11 nous apprend en effet que Morone fît tenir plus tard à Clément VU le plan de toutes les fortifications de cette ville et qu'il s'efforçait de la pousser à la révolte, ainsi que le pays d'alentour (4).

Dans une de ses lettres (5), Charles-Quint annonçait au prince l'arrivée prochaine des Allemands, des Franc-Comtois et des Flamands levés par les soins de Montfort et de Moqueron. Leur départ de Trente avait été signalé dès le 28 août, et, actuellement (6), ils étaient dans le Mantouan et non loin de Venise. Le commandement en avait été confié au marquis de Mantoue avec le titre de capitaine général. L'empereur était encore incertain s'il se porterait sur Venise seulement avec toute son armée et les troupes d'Antoine de Leyva ou s'il irait en môme temps attaquer les posses-

■ (1) Lettre de de Praet et de Mai à l'empereur, du 20 septembre, dans Gayangos, p. 219.

(2) Il devait partir le 22, selon une lettre de Nicolas Rainée à Anne de Montmorency, du 21 septembre (Ms. fr. 3009 de la Bibliothèque nationale, Toi. 43).

(3) « ... Hyeronymc Moron a bien persuadé Sa Saincteté de les bien maltraicter (le» Florentins) et d'en avoir commission de par icelle, a quoy a esté obvyé, et nV a obtempéré Sadiele Saincteté qui a bien noté son mauvais voulloir et l'errestime encore inoyns. • (Loc. cit.) — La lettre de Raince, en c» qui concerne Morone. est très violente; il exprime l'avis qu'il mérite d'avoir la tête tranchée: il le rend *ful responsable du sac de Rome et des méfaits de l'armée impériale.

(4) L. X, col. 3*9

(o) Du 5 septembre, Pièces justificatives, n° 190; Archives impériales à Vienne, I* A 9(>, minute.

(G) A la date du 11 : voir lettre de ce jour. Pièces justificatives, n°195; Archives impériales à Vienne, PA 96. minute.

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