‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 147 sur 239 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

sions occupées par François Sforza, car il était en ce moment en pourparlers avec son ambassadeur pour un accommodement. SForza éteH iout pr^t à faire sa soumission et à solliciter son pardon pour les faits survenus depuis son adhésion à la ligue, mai» pour le reste il réclamait justice pleine et entière. CharJes-iJuint exigeait que. pendant l'examen du litige qui les divisait, les villes de Pavie et d'Alexandrie lui fussent rémiges comme places de suretc, sauf & les rendre dans l'état où il les recevrait, si. I h tin da PexpéditîOD, le jugement était en suspens. Sforza conserverait Crémone. Lodi et les autres villes dont il était présentement maître. Si l'arrêt était à son profit, l'empereur lui restituerait ses États de Milan, sinon il lui laisserait Crémone, Lodi et Giara dAdda pour lui et les siens, Dans le cas où il voudrait être homme d'Église, il postulerait pour lui aupiv> du pape le luipeau de cardinal, et il lui ferait attribuer des revenus suffisants. Sforza refusa de souscrire à ces conditions; il en formula d'autres qui forent adreeséeeà Philibert et (pie Charles-Quint i son tour rejeta. Il renonçait à son projet d'aller se faire couronner à Rome, ainsi qu'il en trait eu Fintention, et il ferait prier le pape de venir le trouver i Bologne I

Sur ces divers points, l'empereur demandait, comme toujours, son avis au prince ; celui-ci ne se prononça d'abord que sur la tiot) militaire: il le lit avec sa franchise habituelle. Il désapprouva complètement le dessein de Chartes-Quint de marcher en personne sur Pavie et contre les Vénitiens, De deux choses Tune, disait-il, ou Pavie est facile à prendre ou elle ne lest pas. Si oui, il était inutile pour lui de se lancer dans une aventure de laquelle il n'aurait aucune gloire à retirer ; si non, il risquait d'y perdre de son prestige. De toute façon, il était préférai de de charger de l'opération un de ses lieutenants (S). Muant à l'expédition contre les Vénitiens, il lui semblait dangereux de l'entreprendre aux approches de l'hiver, et l'empereur ferait bien de ne pas la cottduire lui-même- La guerre contre les Turcs devrait atis-i ètrv différée jusqu'au printemps, Mais il n'insistait pas sur cette

H)I<"ltrc du H septembre, Piècei justificatives. D" 105. (£) Déjà l'empereur avait désigné Antoine de Lry va pour lUer sVmparcr du Pavie» et il *û proposait <l ndre (Lettre du 19 septumbre/.

déclaration, il ajoutait : t Je ne servyroys de tel ofise... ores que je soye ung des maindres servyteurs que l'empereur ayent et qu'il n'y a prinse au monde que je vousise tant obeyr que luy et par consequant Sa Sentité, puys qu'yl est son amys, que yl n'y a ny l'uni ny Vautre quy me seul ferre fere une chose $y méchante et que je croyoys l'empereur tant jentil prince qu'il ne le me commanderoyt et que quant Sa Santité me commanderoyt chose pour son servyse honnorable, que je mestroys payne luy obeyr, meys chose au contrayre, qu'yl ne le me commandât, car je ne feroys pas (1). » II renvoya les députés au pape avec cette fière réponse, en lui faisant dire encore que s'il voulait lui confier le soin de traiter avec les Florentins, il tiendrait « l'appointement > secret jusqu'à la fin pour voir s'il en pourrait tirer de plus grands avantages pour son service; que, dans ce cas, il ferait marcher l'armée, mettre en place son artillerie, battre la ville et, au besoin, donner l'assaut, mais que, pour rien au monde, il ne consentirait à se retirer honteusement ; que si cette combinaison ne lui agréait pas, il lui envoyât de l'argent pour trois ou quatre mois, afin de lui permettre d'attendre le moment favorable pour agir.

Le prince espérait recevoir le lendemain, 6 octobre, ses canons de Sienne. Il demandait des ordres à l'empereur au sujet de Florence et, dans le cas où il lui prescrirait de l'attaquer, il lui soumettait les divers moyens de s'en rendre maître. Un consistait à l'assiéger, à la bombarder et à la réduire par la force; l'autre, à l'investir à distance, à la harceler sans trêve ni repos et à prendre la plupart des villes des environs: le dernier, enfin, à la détruire et à l'incendier, ce qui serait pour les Florentins t ung dommage ymreparable ». La réalisation des deux premiers projets nécessiterait beaucoup d'argent; celle du troisième serait moins coûteuse, car elle entraînerait la prompte reddition des habitants. Ces moyens répugnaient également à Philibert, et il chargeait Montbardon de dire à l'empereur que. s'il désirait savoir son opinion sur celui qu'il conviendrait d'employer, il n'en indiquerait aucun, car il estimait que l'armée servirait plus utilement contre les Turcs. H

(1) (.iuiciiARi»iN (1. XIX, fol. 361 v°) dit aussi « ... le prince d'Orange, encore! qu'il «lélestast librement, ensemble avec les ambassadeurs qui estoyent auprès de lui, la convoitise du pape et l'injustice d'icelle entreprise... »

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