‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 15 sur 239 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

ur retour des Flandres, la princesse et Philibert durent, ordre du roi > (1), se rendre à Moulins pour assister au bapu fils de Charles de Bourbon, le célèbre connétable, et de ne Suzanne. Ce baptême eut lieu à la fin d'octobre ou dans miers jours de novembre (2). François Ier fut le parrain de t, que le prince porta sur les fonts. A cette occasion, de s fêtes furent données au roi, à la cour et aux invités qui, Brantôme, furent servis t par cinq cents gentilhommes en de velours, portant des chaînes d'or qui faisoient trois tours de leur cou > (3). Il est à supposer que c'est à Moulins que lis I#r, désireux de contre-balancer l'influence de l'empereur ilien et de Charles, roi de Castille, pria Philibert et sa mère ir passer quelque temps à Amboise.

de jours après, Philibert présida les États de la province à Dole, le il novembre 1547. La noblesse, les députés du et de la bourgeoisie et les habitants.de cette ville se rensolennellement au-devant de lui et de sa mère; les plus t ap-

» étaient à cheval (4). Au Parlement, Philibert occupa le r siège.

5 session fut très mouvementée, par suite de la division qui t entre les partisans de Mercurin de Gattinara, président du ent de Dole, et ceux de Guillaume de Vergy, maréchal de >gne. Ce dernier avait pour lui la noblesse; celui-là, le clergé eprésentants des villes, et, selon son expression, « il y avait hefs au pays ». Mais son autorité avait singulièrement di-

depuis qu'en 1515 il avait publié des ordonnances de iuchesse Marguerite qui avaient déplu aux Franc-Comtois.

sont les termes (Tune lettre de Philiberte de Luxembourg à l'archie Marguerite, du 21 décembre 1517, lui annonçant son voyage à Moudétails relatifs au baptême, la présence du roi, « qui a esté compère int de Mr le connestable, et le porta mon fils sur les fonts; il y fut fait s festail... », etc. (Archives du Nord, Lettres missives, portefeuille 34.) iprès l'itinéraire de François IeP, fourni par le Catalogue de ses actes 429), le roi était à Moulins le 3 novembre. Comme il était en octobre itan et en novembre à la Ferté-Bernard, les auteurs du recueil ont u'il s'agit de Moulins-la-Marche (Orne, arr. de Mortagne) ou de Mouarbonnel (Sarthe, arr. de Mamers). C'est évidemment une erreur, et il être question que de la capitale du Bourbonnais. I, p. 286, de l'édition Lalanne.

I. Clerc, Histoire des États généraux et des libertés publiques en -Comté, t. I, p. 264.

Il comprit que la nomination de Philibert en qualité de gouverneur du comté faisait désormais passer tout le pouvoir entre les mains de la princesse d'Orange et de son fils; que lui, ruiné, poursuivi par ses créanciers, persécuté par le maréchal, qui se voyait amoindri et croyait l'être par sa faute, il ne serait plus rien. Il n'osa donc pas se présenter aux États. Mais, malgré une prudente retraite à Bruxelles, il n'en devait pas moins être l'objet de furieuses récriminations. La revision des ordonnances qu'il était accusé d'avoir surprises à la bonne foi de l'archiduchesse fut décidée; des commissaires furent nommés pour y procéder. Sa destitution fut réclamée à grands cris. Claude de La Baume, abbé de Saint-Claude, et Simon de itye furent députés pour aller la demander à Marguerite. Par égard pour ses éminents services, elle eût voulu lui épargner cette humiliation. Elle l'invita à se démettre de ses fonctions; il refusa. Pour donner satisfaction à la partie la plus bruyante des États, elle se crut obligée de le frapper. Ceux-ci venaient de lui voter un subside de 60,000 francs, le seul qu'ils lui eussent accordé depuis trois ans. Il ne faudrait pas cependant conclure qu'elle leur avait par reconnaissance sacrifié Gattinara. Elle s'y était résignée à regret; elle ne tarda pas à le montrer, en le faisant, un an après, nommer chancelier de l'Empire (4).

Ce furent là les débuts officiels de Philibert dans l'administration du comté de Bourgogne. Si sa mère cessait d'être sa tutrice (2), elle continua de 1' « assister, conseiller et adresser », ainsi que l'archiduchesse lui en exprimait le désir par sa lettre datée de Middelbourg (3). Les épaules du prince étaient encore trop faibles pour supporter le poids des affaires si compliquées du comté de Bourgogne.

(1) Lettre de Philibert à l'archiduchesse Marguerite (Pièces justificatives, n° 12 a; Archives du Nord, Lettres missives, portefeuille 35); — lettre de Philiberte de Luxembourg à la même, ibid., portefeuille 34; — Clerc, ibid. t p. 263-

(2) L'acte déchargeant Philiberte de la tutelle du prince est du 7 juillet 1516. 11 est conservé aux Archives du Doubs, E 1326, de même que la lettre, du même jour, par laquelle elle en accepte la euralelle (ibid., E 1330). — Le 1er septembre suivant, intervint entre eux un traité par lequel Philibert reconnaissait à sa mèn; la jouissance ou la possession de ce qui lui avait été accordé par son contrat de mariage et, sa vie durant, un douaire de 4,000 livres sur la terre de Lons-le-Saunier (ibid., E 1330).

(3> r.i.Rnc. Philihrrt de Chalon, p. 47. Pièces justificatives, II.

Page 1