CHAPITRE \ Y
juatre-vingts capitaines, dont dix-sept appartenaient aux tueit* lires familles de la ville : les Strozzi* les BardiT les liherardini, os Vltoviti, les BartoIL les Biiiotti, les ÛOfidi, les Bongianni, les lachiavelli, elc-, etc. fis pouvaient aussi compter sur l'appui de 'iee, de Livourne, d'Kmpoli, de Pistoia et de Prato, qui avaient e bonnes garnisons et d'important* approvisionnements, Ktienne lokmna, que sa valeur et sa prudence désignaient pour ce rôle iflicile, fut nommé capitaine généra] <k> la milice, cl Hercule fEste, fils du duc de Ferrare, qui n'avait pas cru* comme son v voir abandonner les Florentins» eut provisoirement le conv lande ment des troupes.
Par ordre du Conseil des Quatre-Vingts, il fut décrété fus mbourgs de la ville et tous les édifices i un mille dalentour, reli- Ott profanes, petits et grands, qui étaient de nature â faciliter attaque H à gêner la défense seraient rasé* jusqu'aux fondements . que la valeur en serait consigna les noms des po«
iUfe, sur un registre spécial. Les propriétaires ne furent pas tes oins ardents i se livrer à cette œuvre de destruction; leurs aisons étaient démolies i coupt de fortes poutres entre-croisées i formant t té lier; les vergers et les jardins furent ravagés; les îgnes les oliviers, les citronnier** les orangers, tous les arbres icol arraches» coupes, et servaient A faire des fatetoei pOttT le> lastioQS, Le COU^eot de Saint-Salvi fut presque entièrement ruiné; re conserve que la partie du réfectoire renfermant me peinture d'André del Sarto: les trois beaux châteaux des ira ggf, de Coasella et de Jacqu iti lurent brûlés; celui de
uo, bâti par les soins de Laurent le Magnifique. eiU Li |t* même sort si le* incendiaires n'avaient craint dètre arrêtés traite par les troupes de Philibert i récoltes avaient été abondantes; iinédit prescrivit aux habiiu territoire de rentrer dans Florence et d'y transporter urs denrées, qui seraient exemptées de droits ; les troupes avaient chargées d'aller mettre le feu aux fourrages et de faire couler vins. Ces ordres furent en partie exécutés, de sorte que
tient, I X, col dêi-Mi: Scoxf. I tll, e 7Z Ri^e»», p. 49- Voir aussi
• hllirll L>tHI ■ p. 410-411- —
rliiti iîa Château des i>alviati, voit- >£i,m, i Ut, p
si
Kennemi ne devait trouver devant lui que la dévastation.
Des mesures exceptionnelles furent prises contre les étrangers par crainte d'intelligences avec l'armée impériale. Le cardinal de Schomberg était venu de la part du pape en mission auprès do prince : il était aussi porteur de communications pour les Florentins. Ceux-ci, non seulement refusèrent de l'entendre, mais ils le firent escorter au delà des portes de la ville pour l'empêcher de plaider la cause desMédicis (1). Les commerçants espagnols furent enfermés dans une même maison, sans toutefois être trop inquiété*. Ils recevaient leur nourriture du dehors; on se contentait surtout d'intercepter leurs lettres. Les suspects étaient étroitement gardés à vue: un certain Giacomini Cocchi (2), qui avait eu la témérité de dire que Florence appartenait aux Médicis et qu'il vaudrait mieux les rappeler que de courir les chances d'une guerre, eut la tête tranchée. Ficino Ficini subit le même supplice pour avoir manifesté ses sympathies pour eux i}\) ; de même encore un Observanuo, le frère Victor Francesehi, qui fut accusé d'avoir encloué quatre canons sur les hauteurs de San Miniato et d'avoir offert anx impériaux d'introduire dans son couvent quelques-uns d'entre eux déguisés en religieux ^3 octobre).
Les fugitifs, dont les biens avaient été confisqués, furent par édit sommés de revenir. Parmi eux était Valori. commissaire général du pape. Selon une loi promulguée contre les traîtres à la patrie, >a maison fut i-ntr'ou verte de haut en bas. Mille ducats forent promi< à qui le livrerait vivant. 300 à qui le livrerait mort. Parmi eu\ encore était le célèbre Michel-Ange, le protégé des Médicis. Il>*était d'abord retiré à Ferrare. puisa Venise. Ses concitoyens renvoyèrent chercher dans cette ville avec un sauf-conduit. «Juand. à la grande joie île tous, il revint, il fut chargé de la direction de> fortitications. La plupart existaient d'ancienne date: quelques bastions avaient été construit en 13215. Persuadé que l»»s meiiieuns murailles d'une ville sont 1»>> pnitrine>de ses défenseur^, il exécuta. surtout pour occuper les Florentins, les travaux; qui lui étaient demandés: il fit établir un cavalier dans les jardins de San Miniato
(I) SitiSiJ m. p. l'i
it) Al Charité liocciu. <îan> m>.m. I III p 93.
(3) Ifrirf.l. IV, j». 116.
UIÀPITRE XVI
dans ceux des Pitti qui dominaient tottfl les remparts. et sur celui-ci* une couleuvrine du poids de 18,000 (f), rjue les enfants appelaient FÀffWbmuiê Mokàmta* La maçonnerie en était tellement épaisse qu'elle ne pouvait être entamée même p;ir les canons les plus puissants. Son oeuvre, qui nVtsit pas parfaite,
t-iL fut critiquée; l'opinion de? gens de guerre était qu'un * professionnel » s'en serait mieux tiré, et r.Ytail vraisemblable (1).
Rtrd (df. I.éaii'lt' >ii:,norellîtde Pérou&e, ingénieur et poète, qui fut plus tard capitaine général de l'artillerie, avait la surveillance des fortifications (2;, Il mourut six mois après. La garde des hauteurs de San Miniato fut confiée, du côté de lest, à Etienne Colonna, et du eâtf de l*ouest, à Mario Orsini, qui avai leurs ordres 3,500 fantassins et vingt-quatre capitaine?., qui -e partageaient le service de ce poste. Durant la nuit, ils étaient renforcés par une partie delà milice, tandis que le reste faisait de» patrouillât dans la ville. Il était interdit aux soldats de sortir après l;i deuxième neure, à moins d'être appelés par les chefs. Enfin, seize commissaires faisaient de* rondes nocturnes et diurnes sur les remparts: trois autres étaient adjoints à Malulesta et formaient avec lui son conseil.
Les Florentins étaient donc organisés pour la résistance, sinon pour l'attaque» et il* pouvaient attendre L'ennemi de pied ferme, i Malalesta voulut-il voir s'il oserait tenter un coup d'audace. Un jour il réunît sur le rempart tous les musiciens de la ville et leur commanda de jouer de leurs instruments dans îe but de provoquer les assiégeants, puis, comme ceux-ci ne donnaient pas algue de vie* il les envoya défier par un trompette, personne ne
a. enfin, il lit battre tous ses tambours et tonner toute son artillerie, même calme dans le camp des impériaux
(lest que Philibert n'était pas prêt. Il n'ignorait rien des ressources de toute sorte dont disposaient les Florentin!. Outre qu'il était découragé par les fâcheuses nouvelles que le cardiu&l CûlûD&a lui avait envoyées de Naples et qui lui faisaient dire â 1 Vmpereur,
d) Sut las fortin cation s du Florent!' et les critique* j h > siéee aMiclieir I V Col, 311-315: Str.vi. I |||# |>. 75, IIL voir RmM", p. *M\ Ul fIJ Vaim.mi, I X, cui 314-315,
dès le 19 octobre, que si le pape ou lui ne lui expédiaient pas d'argent, il faudrait traiter avec Florence (4), il craignait que les Vénitiens, enhardis par son impuissance, non seulement ne conservassent les villes de la Pouille, mais encore ne se rendissent maîtres du royaume; peut-être même fourniraient-ils des secours aux Florentins. Afin de payer les Espagnols qui n'avaient pas reçu leur solde du mois dernier, il avait demandé 20,000 écus à Clément Vil, lequel lui en avait promis 40,000; d'après le compte qu'il adressait à Charles-Quint, l'arriéré se montait à la somme de 69,457 écus; il n'avait pas « ung sou », disait-il, pour faire subsister son armée, qui était obligée de tout acheter; ses troupes avaient patienté parce qu'il leur avait donné sa parole pour la fin du mois, et il ne restait plus que cinq jours avant la fatale échéance (2).
De plus, son armée était trop faible pour qu'il pût tenter de s'emparer de Florence. Il avait besoin au moins encore de 40 à 42,000 hommes pour entreprendre le siège de la ville de l'autre côté de l'Arno; il réclamait donc de l'artillerie de Bologne, des Allemands et des Espagnols, afin d' < achever cest emprysse tost. Sans sella et sans argent, n'en espérés nulle bonne sayllie, car il sont autant de gens dedans que nous sûmes deors. Je me suys logé entretant asés près des rampars de San Domynyate et me voys toujours aprochant avec tranchées et ramparres plus pour montrer quy se fayt quelque chose que pour espérance de ia prandre (3) » .
Du côté de Naples. il n'y avait rien à faire. Telle était la réponse consolante de l'empereur. Tout ce qu'il pouvait lui annoncer, c'est que les ambassadeurs de France Pavaient assuré qu'ils enverraient des ordres pour la prompte reddition de Barletta. Le pape avait soniré à d'autres conditions pour les Floremtins, mais Philibert apprenait à Charles-Ouint que c'était pour entrer à Florence en maître, ce à quoi naturellement ils n'avaient pas consenti. Pendant ce temps-là, les Allemands déclaraient qu'ils refuseraient de servir; les Espagnols avaient faim, ils voulaient manger; les Italiens
(1) Pièces justificatives. n° 2.TT ; Archives impériales à Vienne, P A 96, autographe.
(2) Lettre du 2.'» octobre. Pièces justificatives, n° 242: Archives impériales à Yiunnr. PA 9f>, autographe.
(3) Ibùl.