CHAPITRE XV
SU
exigeaient leur solde. Il rappelait une fois de plus qu'il n'avail pas « un s<ju *■ ; l'associé d'Ansaldo de Grimaldi t'informait qu'il 06 serait pas en état de lui livrer à tempe les 30,000 fetti qu'il attendait de lui, A bout d'arguments et n'ayant sa que répliquer aux Allemands, il les engagea à porter leurs doléances à l'empereur, et* pour terminer, il le priait de faire au BUÛJM C0*Hr t<> bmU dTun prochain envoi de inuipe* et d artillerie (4), Voilà à quelles cruelles extrémités le prince se trouvait réduit! Et. comme par une sorte d'amure dérision. i^harles-Muint se contentait, le surlendemain* de l'inviter i à faire encore mieux »* Pour comble de malchance, il eut presque une réprimande parée que ses Allemande avaient enlevé aux deux Compagnies comtoises des sieur ^ di Vienne et d 'Autrev le butin qu'elles avaient fait sur l'ennemi; tl devr&it provenir le retour de pareila ebttf (SQ, Autant eilt valu demander d'empêcher des loups allumés de sorlir du bois.
Ainsi que le disait le prince, il lui fallait montrer qu'il faisait <|uelque chose. Le â*J octobre, après avoir, la veille, reconnu les principales positions (3 1. il fit placer sur lie bastion de Qfreraoote les gros canons dont il disposait, alla d de détruire le cl-
m Uiniato] qui I incommodait fort* car il renfermait deux pièces d'artillerie dont le servent, Jean Antonio dit Lupo. faisait un merveilleux usage. Comme du haut d'un ftbsefl \ dé-
couvrait tous les environs et apercevait les mouvements des troupes de Philibert. De la sorte il lui tua un certain nombre d*homines, Pendant trois jours, de deux en deux heures;, le prince fit tirer sur le clocher, mais les pièces étaient si mal pointées que les projectiles passaient par-dessus ou à côté; th étaient d'aillettTfl lancés de trop loin pour causer de graves dégâts à la iuu-
(1) Lrltre du 'Ml octobre, Pièces justificative*, n* £48; Archives impériales a not, 1' A yo. autographe.
ttre du < T novembre, Pièces justificative*, a* fit); Âjeliïves impériales
Lnute, broaiqne anonyme de Florence, rus. ib du fonds italien dé la Bfrtto- ■ nationale, p. 67u. — D'après la même Chronique, lei bandes impériales <pii s'étaient emparées de Kïrenzuohi passèrent dans le Mugello, prirent toutes (es for* le la région, à l'exception de Yieehio, qui ojiposa une vigoitT» u>
défense, et vinrent s'installer a Barberino, à. la BcâfpofiÉ et au Borgo (sans dout«' San Sepokft»); la cavalerie poussa jusqu'à ^esto, à * milles de Florence, i*6ïif. et p. GTtj
raille, qui était fort épaisse et recouverte de ballots de laine (1). Le 4 novembre, il fit aussi battre par un canon le palais de la Seigneurie (2), mais, dès le premier coup, il éclata, et le boulet tomba, sans l'endommager, sur la maison du bourreau. Ce ne fut pas le seul accident de ce genre qui se produisit. Dans une lettre, du 8, à l'empereur, il avoue que, sur dix canons, quatre de ceux de Sienne s'étaient rompus après le deuxième ou le troisième coup, qu'il en attendait autant des autres de même provenance et qu'il n'en avait plus guère que quatre, ceux du pape, sur lesquels il pût sérieusement compter. Il lui demandait donc de lui en faire parvenir de Gênes ou de Bologne au moins douze, avec quelques pièces légères, ou encore de s'adresser au duc de Ferrare, qui ne pourrait pas les lui refuser, surtout si, tomme on le disait, il traitait avec lui pour la paix et s'il s'engageait à ne pas s'en servir contre lui (3). Cette mésaventure du prince inspira au jurisconsulte Sylvestre Aldobrandini un sonnet en langue vulgaire qui commençait par ces mots : Povero campanile sventurato (Pauvre malheureux clocher) (4).
' Depuis l'arrivée des troupes impériales, il y avait eu aussi quelques sorties de la milice. L'ennemi déniait à ceux qui en'faisaient partie la qualité de combattants et se bornait à lui faire des prisonniers pour en avoir une rançon. Mais ils prétendaient bien être assimilés aux gens de guerre. Pour se faire reconnaître comme tels, deux d'entre eux, Vincent Aldobrandini et Morticino Antinori, massacrèrent des Espagnols, leurs prisonniers. Dans une de ces escarmouches, les Florentins prirent et blessèrent un certain nombre de leurs adversaires et en tuèrent environ 70, parmi lesquels les capitaines Cispa, Anguilotto et Bonifazio. Alexandre Vitelli fut frappé d'un coup d'arquebuse au genou et le comte de San
(1) Prwrista di (iiuliano de' Ricci, loc. cit., p. 458; Nardi, 1. VID, p. 356; Gcicharmn, 1. XIX. fol. 363.
(2) Idem.ibid.
(3) Pièces justificatives, n° 234; Archives impériales à Vienne, P A 96, autographe. — Le duc de Ferrare se réconcilia en effet dans ce même temps avec l'empereur, à qui il fit une réception magnifique lorsque celui-ci allait rejoindre le pape à Bologne. Il lui avait remis les clefs de Modène et de Reggio et l'avait accompagné jusqu'à Castel Franco, le défrayant de tout pendant la durée de son voyage.
(4) Varchi, 1. X, col. 316; Roseo, p. 109-111.