‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 152 sur 239 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

ado à Pépaule. De leur côté, les Florentins perdirent plusieurs d«i leur* : Hurtliolomeo de Kano. le Corse (riacometto, elc i

lemcnl des le début fie cette guerre. Philibert trouva devant lui, non à Florence rm'me, un de ces bérofl obscur* comme il en surfit dans les bittes que les peuples ont à soutenir pour leur indépendance, H <[ui devait lui susciter de sérieux embarm*

■ l pas un capitaine darrnéer mais un ancien marchand, qui, par son patriotîstndj -es talents d'organisateur, sou caractère prudent fttjttete, mais un peu allier, avait attiré sur lui l'attention de ■ncitoycns en un moment où ils n'avaient pas trop (ta toutes les intelligences et de tous les dévouements II s'appelait François Ferrucci (S Signalé aux Dix par Giannolli. secrétaire de leurconseil (3), il fut d'abord envoyé, avec 800 fantassins, en qualil<- de rumniissaire à IVato, le S octobre; à la suite de tracasseries du podestat Laurent Soderinn il n'y resta que jusqu'au I î i , et, ce môme jour, il fut nommé commissaire général a Empoli avec les

irs les [dus étendus, non seulement sur cette ville, mais encore -ur la région. Tout entier aux soins de la défense, Ferrucci fit, en peu de temps. d'Empoli, déjà forte, une place de premier ordre. Il la pourvut abondamment d'armes et de vivres, puis quand il fut bien assuré qu'elle était en état Je résister, il commença à harceler* en personne ou par ses lieutenants, l'ennemi par de fréquentes sorties; il se tira toujours honorablement de ces expéditions In quelques jours, il fil rentrer dans l'obéissance les habitants de

\ ii i.iii. i X. col. 319; Roa&o, p. toS. — Le 2 novembre, selon Gowhjmumk (i \i\t toi. 368), il y avait eu une f retouche aui billions dé s.nuL-

! i*,ik saint -i^or^es < t mit la route de Rome. (î) Outre Viiicw, 1 \ pantin, Segm, jni**im< cf. FrflMfîilffl Fïrrnrcio è Ul » : dtl Î529*153()> Iiaccolta rfi icritfi 0 dotumrnti rat i pubbticata

per airtt ttet CoMitûtO p#l /. QnonmSê 8 Fran&tco Frrrueci ntt 4* rtnimano délia ma natcita, par M. PtltlVOfl», Ce volume contient, outre les leltrel de Ci pendant cette période, les extraite d'auteurs le concernant et une repaie des in-s nombreuses publications auxquelles ont donne U les exploits du célèbre patriote florentin. Cette seule bibliographie forme Ira page* 517*530 du rem

e laissé sur Ferrucci quelque* piges qui ont èlè réimprimée* dan* le recueil de document* publiés par M. l'SEaetftiras, tfrirf., p iê**

reste de lui quatre lettres écrites aux Dix pendant son court passage à

re est datée du 8 octobre, fa il< turh , du 13; il commença*

le, à correspondre d'Empoli avec les Dix (voir Fntnetteo Ferruetio* p> 143-

Castel Fiorentino révoltés i ! ), il dispersa quelques jeunes Florentins, Agnolino Capponi, Julien Salviati et Léonard Buondelmonti, qui, sous le titre de commissaires du pape, parcouraient la contrée en commettant des déprédations. Puis, afin d'être en mesure d'accomplir quelque nouvelle action d'éclat, il écrivit aux Dix pour leur demander de la cavalerie. Ils lui expédièrent à Valdipesa 100 cavaliers sous la conduite de Jacques Bichi et d'Amico d'Arsoli. Le 7 novembre, ce renfort, sans éprouver aucune perte, fit prisonniers une centaine de cavaliers espagnols et les emmena comme en triomphe à Empoli. Le même jour, Tosinghi, commissaire de Pise, qui se trouvait à Pontadera, ayant eu vent que l'ennemi s'en retournait h Lari avec un butin considérable, fit venir en toute hâte 60 des cavaliers d'Hercule d'Esté et autant d'arquebusiers, lesquels, joints à de l'infanterie de Castel Franco et de Montopoli, l'attaquèrent entre San Romano et les (lapanne, lui enlevèrent son butin et lui prirent 60 hommes <2).

Mis en goût par ces succès, Ferrucci voulut aussitôt reprendre aux Espagnols San Miniato al Tedesco, dont ils s'étaient emparés et où ils avaient laissé 200 hommes sous la garde d'un capitaine. De là ils se répandaient dans les environs pour fourrager, car les vivres devenaient de plus en plus rares, et ils ravageaient tout sur la route de Pise à Florence. Il dirigea donc vers San Miniato des pionniers avec de l'artillerie et le matériel de siège nécessaire; il y vint luimême avec sa cavalerie et quatre de ses compagnies. Après avoir fait dresser ses batteries, il commanda l'assaut et, donnant l'exemple, il escalada hardiment le rempart. Entraînée par son courage, sa troupe l'imita; malgré la résistance des défenseurs, secondés par les habitants, il pénétra à l'intérieur de la ville, massacrant ceux qui se trouvaient devant lui. deux qui échappèrent à la mort se réfugièrent à la citadelle L'épée à la main et la rondache au bras,

(1) Le 20 octobre. Voir la lettre de Ferrucci au commissaire de Pise, Ceccotto Tosinghi, ibid., p. 163.

(2) Lettres du même à Ceccotto Tosinghi et aux Dix, du 7 novembre, ibU, p. 170 et 177: Guk.hahiun. 1. MX, loi. 363; Chronique anonyme de Florence, ms. lo du fonds italien de la Bibliothèque nationale, p. 672. — 11 v eut, le 17 et le 18 novembre, entre Lucardo et les Tavtrnelles, du côté de Certaldo, un engagement de c.-i valerie au eours duquel les impériaux perdirent de 50 à 60 eh«vaux et eurent autant de prisonniers ;Lettres de Ferrucci aux Dix, da 17 et du 18 novembre, dans Franteseo Fvrruccio, p. 183 et 184).

CHAPITHK XV

il les y poursuivit M continua â combattre avec un acharnement qui imposait l'admiration aux gens de guerre eux-mêmes. Épuisas et ne pouvant plu- soutenir l'effort d'une aussi vigoureuse attaque, ils demandèrent 8 capituler, à eondilion d'avoir vie et biens saufs. La ville et la citadelle furent livrées A Fcrrurci, qui envoya lecom*

tire sous bonne escorte à Florence i I i. Les Espagnols durent rendre ce qu'ils avaient pillé a San Miniatn. Julien Frcscobaldi y fut laisse en qualité de commissaire et (îoro de Monte Henichi Tut choisi pour occuper la citadelle (î), Mais, Ferrueeï parti» Ascalino et

i ,i Cotoona s >n rendirent maîtres de nouveau et y restèrent pendant presque toute la dorée du siège, avec Ubaftin Stroziipour commissaire

Philibert essaya de réparer nés premiers échecs 11 résolut de

i l'assaut de Florence. Dans la nuit du 10 au 11 novembre, pendant qur la ville était dans la plus profonde obscurité et «pi il tomhail une pluie torrentielle, il s'en approcha, persuadé que les habitants étaient plongés dans les douceurs du sommeil et que la garnison commençait à fêter lu Saint-Martin. Ses troupes étaient munies de 400 échelles et du matériel reçu des Sicnuois* Elles s'avancèrent jusqu'au pM des murs et des bastions, de In porte Saint-Nicolas a celle de Saint-Frodien. en criant: « liarnage. bûulets boulets. i Mais partout les sentinelles taisaient le gaat; les

lient bien gardés et les assaillants étaient tenus en re« tandis que la milice s'armait sans bruit, Vers quatre heures du matin, la foule était tellement nombrease dans les rue* principales qui aboutissent k l'ArnO et sur b<s quatre ponts qu'il était impossible de circuler; toutes les maisons étaient éclairées; les bubiianis avaient des torches à ta main; !«•- gens de guerre portaient des

rues, de sorte que, malgré les ténèbres, l'artillerie pouvait, à coup sûr> tirer sur les impériaux. La tentative avait avorté» Afin

m de Sri i<i\i, (^e. ni,, p 358|T il semMr résulter q jpoJi que Pernsad de Goasague, avtc un détachement «l*j cavalerie, suiàt un que le prince lui reprocha avant de marcher contre Fermée] à i*n\\-

UML

(2) Lethn du même aux Dix, du il novembre, i'6nf., p. 178, Ci Vaaettlt L X, ! — Le lu janvier et au commencement de fèi mouchet entre les troupe* de Ferrai impériaux, qui vînrenl

ûdre San Mîniato (Lûltna de Perruc* t aux Dix, du. tii janvier et du fier, dans Franceteo Ferrttccio, p. 22* oL £31/.

d'éviter un désastre, le prince fit rentrer ses troupes dans leurs campements respectifs (1).

Pendant ce temps, tout était allé de mal en pis au royaume de Naples. L'armée s'était mutinée; ses chefs avaient si peu d'autorité sur elle que, pour être en sûreté, ils étaient obligés de se faire accompagner par quelques hommes fidèles; elle s'était emparée de l'artillerie et marchait sur la ville. Dans son désespoir, Alarcoo écrivait à l'empereur que les habitants de Barletta, de Trani et de Monopoli étaient « architraîtres >, qu'ils étaient plus Vénitiens que les Vénitiens eux-mêmes, et il exprimait l'avis que, s'il était possible de les chasser de chez eux, il faudrait les remplacer par des Espagnols (2). Par contre, Charles-Quint venait d'apprendre heureusement que les Turcs avaient levé le siège de Vienne, le 45 octobre. Débarrassé, au moins pour le moment, de tout souci de ce côté, il comprit qu'il ne pouvait pas davantage laisser Philibert privé de secours. 11 lui fit donc savoir qu'il avait demandé par Balançon au comte Félix de Werdenberg de lui amener, avec des canons, une partie de ses Allemands qui était destinée à renforcer les troupes occupées devant Florence et de mettre le reste à la disposition de Louis de Belgiojoso, gouverneur et capitaine général du Milanais. Il invitait en outre le prince à se rendre auprès de lui, ainsi qu'il lui en avait fait exprimer le désir (3).

Mais déjà, s'il faut en croire Varchi (4), il était parti le 11, aussitôt après son insuccôs contre Florence, pour aller le trouver et lui exposer la situation telle qu'elle était. Selon ses propres termes, il était à « IVstreme une von » (5): malgré ses perpétuelles doléances, il n'était pas pessimiste; il était seulement prévoyant, et les événements ne lui donnaient que trop raison. Charles-Quint était depuis le 3 à Bologne, où il avait rejoint le pape, arrivé le 24 octobre précédent (0). (le qui se passa pendant le séjour du prince auprès

(1) Varchi, 1. X. col. 322; Roseo, p. 140-141.

(2) Lettres du 29 octobre et du 12 novembre, dans Gayaxgos, p. 318 et 329.

(3) Lettre du 12 novembre, Pièces justificatives, n° 257; Archives impériale* à Vienne, P A 96, minute.

(4) L. X, col 322

(.)) Lettre à l'empereur, du 4 novembre, Pièces justificatives, n° 250; Archives impériales à Vienne, P A 96, original >igné.

(6) Sur l'arrivée de l'empereur a Bologne avec une nombreuse suite, cf. Vahdene:»e, Journal des voyages de Charles-Quint, publié par Gachard, t. II, p. 85.

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