‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 153 sur 239 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

'eux, nous l'ignorons, car leurs entretiens durent être secrets, Mais il est facile de le deviner. Philibert ne manqua pas de répéter ce qu'il avait tant de fois vainement dit dans ses lettre*, que pour prendre Florence il lui fallait des hommes, de l'artillerie et surtout de l'argent. L'empereur et Clément VU, qui escomptaient la paix avec François Sforza et avec les Vénitiens, promirent tout 1 1 > f> qui est certain, c'est que, plus que jamais, le pape se montra d'autant plus intraitable envers les Florentins qu'ils étaient sur le point d'être abandonnés à leurs seules force* Au cours de ces entrevues, il dut aussi être question du chapeau h < plusieurs reprises Philibert avait sollicité pour Pierre de la iaurae, évêque de Genève. Quelques jours auparavant, il avait prié l'empereur d'intervenir auprès du pape en faveur de ce prélat, qui lui était tout dévoui (2). Clément VU voulut-il faire repentir le prince de sou peu d'empressement à se prêter â ses vues sur lorence? Cela ne semble pas douteux, car l'évoque de iîenove reui la pourpre que dix ans plus tard, et ce fut Paul III qui la lui :corda.

Clément VU, par un bref du ï) avril io27, avait décerné le titre e bienheureux au cardinal Pierre de Luxembourg mort au coûtent des Célestins d'Avignon, le 2 juillet 1387. Il appartenait à la mille de la mère du prince. Celle-ci crut le moment trèl opportun tir obtenir sa canonisation par l'intermédiaire de son fils, qui tait actuellement plutôt général en chef des troupes du pape que ie celles de l'empereur. Elle l'engagea donc, de la part des Célestins en -on nom personnel, à entreprendre les démarches nécessaires; le faisait ressortir quel honneur ce serait pour elle et pour lui de ttYOir ajouter un saint à toutes les illustrations de sa maison, princesse ignorait peu [^ Ire que Clément VII, dans son bref de atilieatîon, avait expressément déclaré qu'il n'entendait BCrire Pierre de Luxembourg au rang des saints. D'ailleurs les élais canoniques n'étaient pas encore expirés, et puis elle deman-

â\ fjufl le roi d'armes Uçnirgogue ' jetait l'or et l'jtrgenL par les rues, Mir la letlre de Philibert A l'empereur du 20 lévrier i^iù, Piète* jufltiâ- &live*,ii* 29-t ; Anime* Unpériilei â Vienne, P A 97, autographe*

(ï) Lettre du 3u octobre, l'ières justificatives, n* 148; Archives impériales A rîeoiie, I* A 9ti, autographe.

dait beaucoup : l'exonération, au moins partielle, des frais, qui furent toujours fort élevés. Sa lettre, datée de Nozeroy, du 11 novembre (1), parvint à Philibert à peu près au moment où il était à Bologne.

(1) Pièces justificatives, n* 255; Archives du Doubs, E 1297.

Page 1