‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 157 sur 239 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

profonde; dès la premier* alarme. Mario Orsini, qui avait la garde du bastion de Saint-François, ferait tirer deux pii tîllerîe. A ce signai, les chefs des troupes effectueraient leur sortie par trois endroits à la fois : Uctavicn Signoreîli par la porte Saint-Pierre Gattolini ou de Rome, Jean de Turin par celle de Saint-Georges et Mario Orsini par la porte dite de Saint-Franruis. à cause de son voisinage avec le couvent de ce nom. Mai i ferait sonner la retraite quand il le jugerait â propos, les troupes rentreraient petit à petit dans la ville et l'artillerie ferait feu sur I ennemi s'il les poursuivait. Toutes tes dispositions prises Jlolonna, une zagaie à la main, se plaça au milieu de ses combattant ! m la cinquième h^ure de la nuit* par une obscurité complète, sous une pluie fine, il leur adressa ces simples mots : t Vaillanls sdldite, je vous conduis h une victoire sûre et certaine : faites ce que vous me verrez faire; * puis la colonne se dirigea du côté du camp.

Elle marchait dans le plus grand silence. Au Pavillon îles cinq roules* deux sentinelles ennemies furent tuées* Le passage s«* trouvant libre entre Rusciano et Gira monte jusqu'à Montki^ le ment /le Sciarra Colonna fut attaqué à Timproviste; nombre d'hommes furent égorgés ou blessés; les autres, effrayés, se répandaient dans tous les sens, cherchant à fuir ou à se défendre. En l'absence de Sciarra, Smeraldo, son lieutenant, qui se rendait compte du danger dont il était menacé* cria : * Aux armes! aux armes! ou secours! au secours! » et! avec quelques fantassins r&ûttis, il tint bravement tête aux assaillants jusqu'à l'arrivée de renforts. Pendant que le camp se réveillait et se préparait à courir sus aux Florentins, il se produisît, selon Varchi, un incident comique qui contrastait avec les horreurs de cette boucherie humaine Oux-ci enfonçaient les portes d'un réduit dans lequel ils liant trouver des impériaux endormis. Il [je renfermait qu'un troupeau de porcs, qui, épouvantés par le bruit, s'échappèrent en poussant dfifl grognements terribles et se jetèrent dans les jambes des soldats, dont plusieurs furent renversés par eux*

Philibert accourut au milieu de tout ce tumulte. Il était accompagné de iet capitaines» qui portaient des torches. De la voix et du geste* il excita le courage des troupes qu'il amenait à sa suite, et la lutte recommença. Alors Mario Orsini fit tirer le canon, et la

garnison sortit de Florence ainsi qu'il était convenu. Le prince, attaqué de plusieurs côtés à la fois, crut à un engagement général. L'épée à la main, il parcourait tous les rangs et lançait ses ordres pendant que le combat se continuait avec un égal acharnement de part et d'autre. Tout à coup, Malatesta, qui jugea peut-être les Florentins en danger ou qui, selon une opinion que les événements postérieurs justifièrent, était déjà de connivence avec l'ennemi, fit donner le signal de la retraite plus tôt qu'on ne s'y attendait, et la garnison reprit le chemin de la ville sans être trop inquiétée. Si Philibert et FernamI de Gonzague avec sa cavalerie ne la poursuivirent pas, c'est qu'ils supposaient sans doute qu'ils seraient accueillis par l'artillerie de la place; avec des canons en nombre insuffisant, il leur eût été impossible de riposter. Ils se contentèrent de maintenir leurs troupes sous les armes le reste de la nuit.

Cette camisade leur coûta 200 hommes. Du côté des Florentins, les pertes furent nulles, au rapport de Varchi. Ils se flattaient d'avoir pu. dans cette circonstance, anéantir les impériaux s'ils n'avaient pas été rappelés prématurément. Quelques aventuriers qui s'étaient joints à eux pour piller et des fuyards affolés firent même courir le bruit que l'armée avait été taillée en pièces. Le prince profita de cette alerte pour faire élever des retranchements autour de son camp et le fortifier davantage (1).

Par contre-coup, des soulèvements avaient eu lieu dans certaines villes déjà conquises : des commissaires du pape et de l'empereur y furent mis à mort ou en furent chassés. Ferrucci, qui avait appris que Pirro (lolonna se dirigeait sur Montopoli, dans l'intention de la reprendre au capitaine florentin Michel, alla s'embusquer entre cette ville et Palaia. Dès qu'il parut, Ferrucci l'attaqua et lui infligea, le 12 décembre, une sanglante défaite au cours de laquelle Pirro eut sept drapeaux enlevés, 200 hommes tués, blessés ou prisonniers. Parmi ces derniers, il y avait six capitaines; ud

•1. Vahchi. 1. X. col. 326-328: Siuxi, 1. IV, p. 104; Guichardin. 1 XX. fol ;:«i7: Roseo. p. 127-432. et notes de M. Pierrigies. p. 143-145: Frioriita di (imliano rfe'liirri. h,c. rit , p. 458: Chronique anonyme de Florence, m:.15 du ronds italien d< la Hihliotlirque nationale, p. C71. — t.'ne reproduction de cet • n^a^«'!!i<iit a été donnée, d'après une fresque de Yasari au Palazzo Vuechiu de Flormce, par M. Pilhiugies. dans France$co Ferruecio, cotre les pages 408-461».

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