‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 160 sur 239 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

s d'événements qui se préparaient allait enlever a son pessimisme sa raison d'être et changer considérablement la face des choses en Italie.

Le 1Î* décembre, François 1" signait Pacte de renonciation à ses droits sur Naples, Milan, Gênes et Asti ; te 23. ft Bologne, la paix était conclue entre Charles-Quint et François Sforza, puis entre lui et les Vr ni tiens.

Elle n*1 lut peut-être pas telle que l'empereur l'eut souhaitée, mais, dans cette double circonstance, il fut obligé de céder devant la raison d'État. D'une part, en dépit du dévouement du prince d'tiraiige et de presque tous ses lieutenants, ses affaires en Italie n'étaient pas brillantes; l'argent, qui a toujours été le nerf de la guerre, lui faisait par trop défaut; l'efficacité du concours pécuniaire du pape était plus que problématique ; ses troupes, ainsi que Philibert ne cessait de le lui répéter, pouvaient se mutiner â chaque instant; la résistance des Florentins promettait d'être longue et il avait besoin de beaucoup d'hommes pour en venir â biitiL D'aulre part.il lui en fallait pour s'opposera la nouvelle ligue formée par les protestants d'Allemagne et les Suisses, ligue ïbî menaçante pour lui que l'invasion des Turcs, il lui était impossible de différer plus longtemps, sans dommage, de répondre aux appels incessants de son frère Ferdinand et de franchir les Alpi même la cérémonie de son couronnement était mise

en question. Cette paix, il la subissait presque autant qu'il l'imposait. Jl dut donc faire des concessions et des sacriiiees d'ainourpropre, -ans doute avec l'espoir que, Sforza étant malade et sans héritier*, il en serait bientôt dédommagé.

Afin de sauvegarder les apparences, il avait fait envoyer un lai^sez-passer a Sforza pour venir le trouver a. Bologne, sous prétexte de se justifier. Avec l'assentiment des Vénitiens, qui, de leur , traitaient secrètement, il s'y rendit. Ses premières paroles furent, après les remerciements obligatoires et un acte de soumission* des protestations d'innocence. Charles-Quint les admit ou riit de les admettre. Clément Vil se faisait pressant, non par intérêt pour Tun ou pour l'autre, mais par calcul personnel. Il aurait surtout à en bénéficier pour son entreprise contre Florence, Ile plus, François Sforza, qui dédirait une paix avanta-

geuse, avait, paraît-il, préparé les voies par de grandes largesses aux seigneurs de la cour. C'est dans ces dispositions réciproques que la paix fut signée sur les bases suivantes : Sforza recevrait de l'empereur l'investiture du duché de Milan, moyennant 300,000 ducats, dont 50,000 comptant, le reste payable en cinq termes, le dernier à la Toussaint prochaine; outre cette somme, il s'engageait à verser, à partir de janvier 1531, 50,000 ducats par an, en raison des 600,000 ducats qu'il avait promis, en 1526, par le traité de Tolède, pour son investiture et qu'il n'avait pas payés. En garantie de toutes et chacune de ces échéances, l'empereur garderait la ville de Côme et le château de Milan. Le duc fournirait pendant un an la solde et l'entretien à la garnison de Milan ; les dépenses pour celle de Côme seraient imputables sur les revenus publics. Les gouverneurs des châteaux et des forteresses du Milanais prêteraient serment de fidélité à l'empereur et seraient tous tenus de faire de même dans le cas où le duc mourrait sans descendance légitime. Les exilés étaient autorisés à rentrer. Antoine de Leyva aurait la ville de Monza avec 7,000 ducats de revenus; le marquis du Guast, 1,000 ducats par an, et les capitaines espagnols en auraient 20,000 conjointement. Les autres clauses du traité de Tolède, notamment en ce qui concernait le duché de Bari, demeuraient en vigueur, et, à ces conditions, — plus dures que celles que Philibert avait été chargé de lui proposer autrefois de la part de l'empereur. — François Sforza était compris dans le traité de Barcelone (1). L'investiture lui fut donnée le 2 janvier 1530 ii>.

La conclusion de la paix avec les Vénitiens fut le résultat des démarches de Gaspard Contarini, ambassadeur de la république auprès de Clément VII. Elle portait notamment que ceux-ci restitueraient sans délai au pape les villes de Cervia et de Ravenne. qu'ils rendraient à l'empereur tout ce qu'ils possédaient dans le royaume de Naples, qu'ils lui paieraient 200,000 ducats qu'il prétendait lui être redus par eux : savoir 125,000 dans un mois et le restant à raison de 25.000 par an: qu'il pardonnerait au comte Bruno de Gambara et qu'il admettrait dans la nouvelle alliance le duc dTrbin. qui était sous leur protection. Quelques jours après,

(i) (;.\yav;os, p. 374-37Î).

(-1) Ibtd., p. 395.

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