CHAPITRE XVII
traîna celle de la citadelle de Pietra Santa et celle de Matna. Les habitants de Pietra Sauta envoyèrent leur soumission 1 qui voudrait les sauver, le pape OU l'empereur, Palla Rucellai leur fut donne pour commissaire (i). Il ne restait plus à la république d'autre* places que Livourne, Pise, Empoli, Volterra, la Citadelle d'Arezzo, San Sepolcru et Castro Caro. La situation était des plus critiques pour les Florentins*
Pour opposer une digue aux Ilots d'ennemis qui étaient sur le point de bu envahir, ils déerétrèent une levée en masse de tous les citoyens, ils formeraient deux bans, le premier comprenant tous les hommes valides de dix-huit à quarante ans, au lieu de trentesix. I 1 de quarante à cinquante. Leurs principaux chefs
étaient Bernard Pilti, Jean (urolarai, Philippe Rucellai et Domi- MartellL La discipline fut rendue plus sévère aussi bien dans la garnison qur dans la milice; le mot d'ordre général était : • Débarrassons-nous d'abord des Allemands; nous viderons nos querelles ensuite, t La devise des Tlorentins Poreri tfttartf, qu-' Pou voyait partout, attestait leur désir de lutter à outrance. Ils ne paraissaient pas douter du succès tin.il. Deux Dominicains è la parole enflammée comme celle de Savonarole ne leur avaient-ils pas. du haut de la chaire, prédit la victoire !
L" sentiment qui dominait surtout, c'était la haine Contre les Médicis, contre le pape. Elle se manifestait sous toutes les Formes, *nt même grossières Une fois, l'effigie en cire de Clément VU percée de coups; une autre fois, un peintre, nommé iihilardi, Cirait représenté <\ la porte du palais de Jean de Médicis en Dmemeotfl pontificaux, tiare en tête, debout sur l'échelle des fourches patibulaires. Le bourreau était le P. Nicolas de la Magna, un de ses principaux conseillers ; un autre, le Florentin Jacques SaU fiait, figurai! le pénitent chargé de bander les yeux au condamné à mort; enlîn, l'empereur, assis sur un siège, semblait te tourner risfon en lui montrant une épée nu.\ sur laquelle étaient écrits ces mots du Christ à Judas ; A min*, ad quid Mfiiiti? Les Florentins avaient, on le sait, proclamé le Christ pour leur roi (î). t une allusion très transparente à la trahison du pape envers
i v Licau, 1 X, col. S01 : Roseo, p. I. 111, p liti
{i) Jésus Cfiristus rex, Florentin! poputi s, p. décrète elactus*
sa patrie. L'occasion ne tarda pas pour lui de leur rappeler cet affront.
A côté du parti de la guerre, qui était le plus nombreux, il \ avait à Florence un parti de la paix, mais d'une paix honorable. Clément VII le savait; il ne désespérait pas d'amener par la crainte ses compatriotes à accepter ses conditions. Il chargea son nonce Ridolfo Pio da Carpi, évèque de Faenza, d'entrer en pourparlers avec Malatesta. Celui-ci, du consentement des Dix, s'aboucha avec le nonce, puis il donna au gouvernement le conseil d'envoyer à Bologne une ambassade qui traiterait directement avec le pape. Après d'assez vives discussions, il fut décidé, le 6 janvier (1), que Louis Soderini et André Niccolini iraient le trouver. Ils avaient pour instructions formelles d'insister sur le maintien de leurs possessions, de leur gouvernement et de leur liberté. Le lendemain de leur arrivée à Bologne, ils furent reçus par le pape, qui les assura ne vouloir en rien attenter à leur liberté et à leurs possessions: il ajouta que. sans son intervention, ils eussent déjà été dépouillé? de tout; quant à la constitution républicaine, il refusait nettement de l'admettre. Enfin il nia avoir fait demander à Malatesta l'envoi d'une ambassade, puis il les congédia. Ils se retirèrent en disant qu'ils attendraient de Florence des pouvoirs plus conformes à ses intentions.
L'accueil de l'empereur, qui avait conféré avec le pape, fut le m^me; celui des cardinaux, froid et réservé. Plusieurs jours après. Soderini et Niccolini apprenaient à Clément VII que, puisqu'il consentait à rendre à ses concitoyens leurs possessions et à leur conserver leur liberté, ils feraient, de leur côté, toutes les concessions possibles au sujet de la forme du gouvernement; ils le prièrent donc de faire connaître ses propositions. Au lieu de se prononcer, il parla des incidents relatifs à son effigie et à sa caricature, et, serrant les épaules (ristringemlosi nelle spallè), il dit qu'il verrait ce qu'il avait à faire et qu'il agirait pour le mieux. En vain les deux ambassadeurs firent une démarche auprès de Henri de Nassau, beau-ftvre de Philibert et grand chambellan de Charles-Quint:
1) D'après la Chronique anonyme de Florence, ms. 15 du fonds italien de U Bihliotheque nationale, p. 673, le vote relatif à cette décision aurait eu lieu le
l;i janvier.