‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 172 sur 239 · CHANTRE XVIII · texte numérisé non relu

CHANTRE XVIII

le, la main recouverte d'un gant de mailles court» et armés de Tépée. Dante engagea d'abord l'attaque contre Aldobrandi; dès la première passe, il fut blesse au bras droit et ensuite, mais plus légèrement, à la bouche, puis enOn au bras gauche à trois places. Ne pouvant plus manier son épée d'une seule main, il la prit à deux et* au moment où Aldobrandi se précipitait sur lui, la lui plongea entre la langue et la luette avec une telle force que l'œil droit commença a lui en fier immédiatement. Plu tût que de s'avouer vaincu, Aldobrandi continua la lutte, au grand déplaisir du prince et de San Seconde, qui se tenait près de là une hallebarde à la main ; blessé encore à la poitrine, il demanda à se rendre ; il expira pendant la nuit.

Dans Vautre lice» Bandini et Martelli étaient aux prises. Au troisième coup de trompette* signal déterminé à l'avance, celui-ci avait fondu avec impétuosité sur Bandini, qui, plein de ^-mi; -froid et habile à Tépée, l'atteignit à la poitrine. Plusieurs fois blessé, eria : * Notre Dame de Lorette, protège le bon droit, « et après avoir répété souvent cette invocation, il dit à liandîni : * ftepo&ons-nous. » Bandini s'arrêta. Pendant qu'il était au repos, Martelli lui porta un coup à la poitrine, sans lui faire de mal. À «ne. nouvelle reprise, Marlelli fut touché près de l'oeil, puis à la main gauche; toujours en proférant son invocation, il chargea son adversaire, Handini para l'attaque et le larda littéralement. Épuisé, -lé par le sang, Marlelli voulut se rendre au prince, mais Bandini lui répondit : * Aujourd'hui, le prince e^t ju^e ; le prince, ce^t moi: rends-toi à moi, sinon je te tue» ■ Martelli lui remit son épée. Le >»m\ il rentra à Florence avec Dante et sa suite; il mourut vingt-quatre jours après. Philibert signa, le lendemain, le procès-

■ haï du duel de Martelli et de Bandini (i).

EUuelques jours plus tard, ainsi que Philibert l'avait prévu» les jnols, à part 200. le mutinèrent et désertèrent. Us se ré pan- (i Pièces justificatives. 13 mars, ir 303; Archivv iforâu itafiWMF, nouvelle Ee, t. IV, £f partie, p. :M-2j — Ce procèt-Ttfiiai diffère un \uu du de Varchl I, XI, eoU 368-370 Varclii ajoute que Maj-telli reçut, pendant sa maladie- la visite de la dame qui n'avait pas répondu à l'ardeur de as fi animé et qu'il mourut de chagrin. — Cf. Sei.n[t l. IV, p. 1Û9-1I0; Kh&eu, p lift, H4, *£6-2*8, 330 et 231.

dirent dans les villes et les localités des environs pour chercher de quoi vivre. Le prince, en prévenant l'empereur de cet incident, ne put s'empêcher de leur donner raison; par crainte de plus grands malheurs, il exprimait le désir que l'on sauvât au moins l'artillerie. Il ne comptait plus en aucune façon sur le pape, t quv se moque et de vous et de nous aultres. » Au lieu des 2,000, des 2,700 et des 3,000 pionniers promis par lui, il lui en avait envoyé 400! Que faire avec si peu d'hommes! prendre Florence par la famine? Mais elle avait des provisions pour plus de quatre mois et était résolue « avec la char salée d'endurer juques au derrié pain » (1). Et Charles-Quint d'insister quand même pour cette solution, sauf à y employer 12,000 hommes, seulement sans lui fournir d'autres moyens de les entretenir que des promesses (2). Philibert répondit qu'il ne se souciait pas d'encombrer son camp de troupes qu'il était hors d'état de nourrir et dont les chefs n'étaient pas là, qu'il préférait les voir se révolter ailleurs, qu'il avait plus besoin de poudre et de boulets, qu'il n'avait pu s'en procurer à Naples, etc. (3). Cependant, malgré tout, les travaux d'approche avançaient, et heureusement il avait obtenu de Lodroneet de Gaspard de Prundsberg un sursis pour le reste de la solde des Allemands (4). Les Espagnols de Perovelles se révoltèrent et s'en allèrent encore à la débandade dans la nuit du 24 au 25 mars (5). Le moment eût été pour les Florentins plus que favorable pour attaquer le prince, s'ils avaient eu un général vraiment digne de ce nom. 11 y eut bir»n. dans les derniers jours de mars, quelques

(1) Lettre- du 18 mars. Pièces justificatives, n° 304; Archives impériales à Vienne. I* A 97. autographe.

(2) Lettre du il mars. Pièces justiGcatives, n° 305; Archives i m pénales a Vienne. I* A 97. minute.

(3) Il faut croire qu'à ce moment le prince était mal informé ou que des munitions lui furent envoyées de Naples. car, le 10 avril, il écrivait aux Viennois que deux galères lui en amenaient à Porto d'Krcole et il les priait de les lui faire conduire au camp (Pièces justificatives. n° 320; Archives de l'État à Sienne, lettres à la « halia ». original signé).

(4) Lettre du 21 mars. Pièces justificatives. n° 306; Archives impériales i Vienne. P A 97. autographe

di) Lettre de Philibert à l'empereur, du 2.'i mars. Pièces justificatives. n93$; Archivas impériale* a Vienne. P A 97. autographe.

Le 10 avril. le prince écrivait aux Siennois de chasser de leur ville les Espagnols qui s\ étaient réfugiés (Pièces justificatives, n9 320; Archives de l'Ktat a Sienne, lettres a la « halia ». original signé).

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