CHAPITRE XVI II
aux Italiens dont I empereur avait besoin pour parfaire le chiffre
.!tfK> hommes qu'il avait demandes au prince, 1,000 LHaient arttr smis la conduite du colonel tlésar de Nuples; seulement, ils y mettaient pour condition qu'ils recevraient leur solde
lièrement chaque mois. Enfin il avait sur les bras cinq compagnies d'hommes d'armes extraordinaires dont il ne savait que* il en licencierait an moins trois, après avoir comblé les
- qui existaient dans les autres; quelles mesures aurait-il à prendre à l'égard de celle de Diego de Mendoza, qu'il avait
iK*e de Bologne, au mois dfi novembre, et de celle de Sanche de Prado, qui n'avaient « filttèl féceu ung sou t. à l'exception d'une demi-paie que, pour les contenir dans le devoir, il avait été obligé d'emprunter â des amis? <-ette décision était d'une gravité exceptionnelle ; comme il n'en voulait pas assumer toute la res- ÎSaMHté, il réclamait des instructions complémentaires ( I i.
Charles-Quin! avait trop bien traité ses anciens ennemis pour
ie manifester sa reconnaissance à Philibert, à qui il devait tant,
avril, il lui adressa par Muscetula, en même tempe que ses
in > initiions et la recommandation de se réconcilier avec du
(iiiflst (9), qui le jalousait toujours, un privilège non scellé qu'il
l'invitait û Bxammer et A lui renvoyer ensuite avec son aviv Par cet
contenait lY-numération de ses éclatants services (in
Btàm ttfw indêiUiter m*morandùr*m)i l'empereur lui accordait et à
ndunts légitimes le titre, ainsi que tuas les honneurs et
droits y afférente, de prime de Melfî et de duc de ti ravina. Il lui
donnait aussi les villes et les localités suivantes ; Melfi, ÀBCoEï,
Forenza, liante. Petilia, ( Mandela, Atella. Itapolla. Ripa candida,
Abriola, San Tête, liravina. Matera, Terlîzzï, SaftfAgala di Publia,
Monteverde, t.anosa di Puglia, Gargnano, Campa^na et Venafro,
conli> mr Jean Caraccîolo, [irince de Melli. sur Ferdinand
nrsini, duc de tJrnvina; sur Henri Pandeni» duc de Doiano, avec
LtSOQfl que ces trois personnages jmssédah'nt â Naples, Il y
■••a* jUâUftctUve», ii* 338; Archives impériales k Vienne. I* A 97, auto ire de Muscetula A l'empereur, du 2 mai, daua QâTAitM, p BBS-
* illl rèconeitiatioc eut lieu avant Je lu mai (Lettre de Muscetula A l'emjr du i% ni m dans Gwanuos p. 5Sûj. Voir plus haut, p. Îti9.
ajoutait une pension dont le chiffre n'est pas certain, le texte du privilège parvenu jusqu'à nous n'étant pas complet (1); il devait porter 18,000 ducats, au lieu de 18,000 écus que l'empereur lai avait promis. Le prince le retourna avec ces mots : c N'estoit besoing l'envoyer ycy pour me monstre s'il estoyt bien ou non. car en queque sorte qu'il vous playse,aussy fera y amoy. Je vous en mercye très humblement. Unne chose seulement vous veulx je avertir, que en lieu des dix huit mille escus que Balenson me dit de vostre part que entendiés que j'usse et ausy ainsy le m'escripvytes, que l'on a mis ducas de monnoye, quyl viendroyt eslre mains de la somme mil set sens escus. Sil vostre vouloyr est tel, non seulement de cela, mays du tout, seray ausy contant que s? vous m'en don niés deux foys autant, mays sil s'et a Fapetit du secretayre, s'il vous plet, commanderés que la somme yl soyt telle que me donnâtes. Ellisés lequel qu'yl vous plera le plus, car tout me contentera (2). t Charles-Quint rectifia Terreur et fixa la pension à 20,000 ducats monnaie de Naples (3).
Le bruit s'était répandu dans Florence que, faute de pouvoir payer leurs troupes, le pape et l'empereur en avaient considérablement diminué le nombre et qu'elles avaient été obligées de se disperser pour subsister. Ce qui y avait sans doute donné lieu, c'étaient les fugues fréquentes des Espagnols. Si peu fondé qu'il fût, la plupart des Florentins, aussi bien les sages que les impatients, estimaient que le moment était venu d'en finir une bonne fois et qu'une prompte mort était préférable à une lente agonie. La milice surtout demandait la sortie en masse. Malatesta, qui n'ignorait pas les soupçons dont sa iidélité était l'objet, essayait de justifier son inertie par les désavantages qui résulteraient pour ses troupes d'une attaque contre l'ennemi. Les derniers insuccès avaient prouvé leur infériorité; s'il y avait à Florence 14,000 hommes en état de porter les armes, 8,000 seulement méritaient d'être con-
(1) Pièces justificatives. n° 342. dans Mehjla, fol. c v°-c 5.
(2) Lettre du 4 mai. PitVes justificatives. n° 338; Archives impériale* < Vienne. P A 97. autographe.
(3) Lettre «lu 22 mai. Pièces justificatives. n° 344; Archives impériales à Vimne, PA 97, minute; Archives du royaume à Bruxelles, Papiers d'État reg. 80, loi. 139, copie.
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<;s comme de véritables soldats; si cependant on l'exigeait, iî lierait, mais les Florentins ne tarderaient pas à se repentir d'avoir suivi (<-s conseils d'Llienne ilolonna. son rival. Suus la pression de l'opinion publique, il se décida enfin a ordonner une sortie pour le .'■ mai et désigna pour y prendre part deux régiments et 30 des meilleures compagnies. Le mouvement se lit par troîa à la fois, par les portes de Saint-Krédien et de Saint-Ï'ierre liattolini et par le mont San Miniato» Par la première passèrent le* bandes de Barthélémy de Monte Ridolfo, de Florian de Jesi et de Michel-Auge de Parrano ; par la seconde, celle* dOctavien Slgnûrelli et de Pasquin; Amlco de Venafro devait partir du cavalier de Miniato, mais» le matin de ce jour même, il fut tué par ordr<> «I Etienne i olonna* avec qui il avait eu une altercation au sujet d'une femme que Colonna avait autorisée à s'en aller av> effets où bon lui semblerait; Amico avait refusé de ta laisser circuler* Cette mort tragique, en un moment où ta république n'avait rop de bons capitaines, causa dans Florence une impression douloureuse.
Avec ses lanspessadea et accompagné d'Ànnibal Signorelli, du comte Sforza d'Ace-i -d'Assise), d'Othon Pondenone et d'autres ♦ apitaiiics.M^lalesla quitta la ville. Il était comme toujours escorté ïûmnujseting. L'état de sa santé lui interdisant de 16 joindre aux combattants* ii se tint dans un fos*<* d'où il suivait les étions qui avaient pour objectif la prise du couvent de San Miniato, devant San Donato a Scopeto. Le monastère, presque ruiné, était solidement occupé par le colonel Barraeano de Nava - vétérans espagnols qui, jusque-là, n'avaient pas eu l'occasion d allirmer leur valeur. Les troupes régulières des Florentins coulèrent a gravir la coiline au pas de course» quoiqu'elles ut sur un terrain très en pente et exposées a une violente aiquebusade. Les Espagnols les accueillirent bravement; ce fui une mêlée épouvantable («pawfitofimeui tniurtmi), dans Ile les deux partis subirent des pertes importantes en morts et eu bteêés. Les Florentins résistèrent assez longtemps pour permettre aux renforts venus par la porte Saint-Frédien de surprendra Bpagnota par derrière, et la lutte continua avec plus d'acharnement. It&rracano, excitant les siens du geste et de la voix, fut
tué d'un coup d'arquebuse et aussitôt remplacé par Rodrigue de Ripalda, Macciano et Boccanegra. Malgré l'énergique défense de l'ennemi, les Florentins, au cri de : Serra, serra, s'emparèrent de la hauteur et de l'église du monastère. La situation aurait pu devenir très critique pour les Espagnols, si Philibert n'était accouru au bruit, s'il n'avait envoyé à leur secours André Castaldo avec l'infanterie italienne et dépéché à l'artillerie de Giramonte.de Barduccio et des nouveaux retranchements l'ordre de tirer. Celle de la ville, notamment le canon nommé P Arquebuse de Malatesta et la grosse couleuvrine, se mit à riposter.
A son tour, la cavalerie entra en scène. Celle des Florentins, avec des fantassins, occupait les abords de la porte Saint-Georges. Fernand de (ionzague vint, bride abattue, pour l'attaquer. Alors Malatesta fit demander des renforts : Giometto, Pacchierino,Tarabussi, Luciano et d'autres avancèrent avec des troupes fraîches. Le prince, persuadé, à cette vue, que toute la garnison donnerait, appela en hâte le colonel Tamis et ses Allemands et les fit ranger en bataille. L'engagement devint général; le bruit du canon et des arquebuses était tel que Ton n'entendait plus les commandements et la fumée de la poudre si épaisse que, de près, l'on ne distinguait rien. Il dura ainsi quatre heures, incertain, et les Florentins tenaient toujours leurs positions sur la colline et dans l'église. Malatesta, monté sur un petit mulet, voulut, un moment, aller au feu. Comme il pouvait à peine se mouvoir, les commissaires qui l'accompagnaient l'en empêchèrent.
Le jour touchait à sa fin, lorsque, en plein combat, Malatesta lit sonner la retraite. Il est probable que les troupes florentines fléchissaient. Varchi ne le dit pas; il prétend que si Amico de Venafn» avait pu assister à la bataille et que si toutes les forces de Florence avaient été en ligne, les impériaux eussent été complètement défaits et la guerre terminée. Mais on ne s'explique pas la dérision de Malatesta. surtout si les chances de victoire paraissaient assurées aux siens. Était-ce pour justifier son inertie? Mystère! Il est vrai que Varchi, dans son patriotisme, est assez partial et qu'il cherche toujours à atténuer les échecs de ses concitoyens. Dans le cas actuel, il avoue 2(X) morts du côté des Florentins et il en attribue un plus ^rand nombre aux ennemis, mais il est bien obligé
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d'enregistrer de graves pertes : celles d'Octavien SignorellL qui mourut quatre jours après des suites d'un coup «l'arquebuse; *\*> GO, ion cousin; de Vincent liiubbonaiodeFerrare* de Klorian de Jesu de Fantuccio. uVAscanio PettinellL capitaines dfeltDgtté&; dé Mar^ulte dl rbin* lieutenant de Uiometto; de Frédéric de Fane, lieutenant de Dettuceîo, et* parmi les nobles florentins, de Pierre de Piziî et de Louis Machiavel, fils du célèbre écrivain M ).
Uuelques jours après, sur l'initiative des Dominicains du cou- Qt de Saint-Marc, fut faite une procession générale pour attirer la béoédittiôa divine sur Florence. l-21ïe lut autorisée par ïe Conseil des Inx» non sans de sérieuses protestations contre certaines propositions émises par ces religieux, notamment sur la nécessité de se soumettre au pape- Contre celle-ci le rapporteur Carducri s'éleva de toute son énergie* en disant que tout le monde savait les confions que la cité avait faites à Chinent VIL les humiliations qu'il lui avait fait subir. ses exigences toujours croissantes et son lieil haut ai n, à Bologne* aux ambassadeurs de la république, Au moment même où ta procession se mettait en marché, lêfl Florentins purent croire que le ciel commençait à les exaucer. Il entra dans la ville un convoi de cinquante-deux moutons qui* sous la conduite de deux hommes seulement, avait pu traverser le camp pendant la nuit: la matinée précédente, ils avaient déjà reçu du Mugello cent quatre-vingts têtes de gros et de menu bétail et d'aulr*'> livre* 'pie Ton avait fait escorter sur une distance de deux tni Iles par huit compagnies d'infanterie et des cavaliers. Bœufs* moutons et chevreaux, avec de grosses clochettes*prirent place dans les rangs des fidèles, a la suite de quatre enfants habillé! en an^es
Ce* approvisionnements* sans parler de ceux que te capitaine
Ttarharossa* avec 400 arquebusiers* réussit encore à introduire dans
la journée, arrivaient à propos aux Florentins* car* à la date du
iù mai. Philibert écrivait à l'empereur qu'ils n'avaient pi us à
r que de Pane et du cheval; il leur restait du vin pour près
(Il Vàitian. I. XI, roi. 378 380; Sl.,m l IV. p„ ÏU et 108; Nahm, L VIII.
p, ici. Ratio, p. Wi,t4S; Chronique anontme Je Florence, ras 15 du J'onds
<J<? la BlbUothèqua nation*] et p. 675. sjelun lu Priotiêta di GUtfÙHW éd
foc, c4Lt p. IS0), LooSi ou Vteo Machiavel aurait été tué dans une
l<6 ilu t novembre précèdent.
\t) Viii..hi( L XI, cul, 38**383.
d'un mois, presque plus de fromage et d'huile, mais ils avaient du pain pour trois ou quatre mois. • Hz dient qu'yl tiendront juques a Testreme (4). »
Le même jour. 16, une revue de la milice eut lieu sur la place Saint-Jean; elle se composait de 3,000 hommes de dix-huit à quarante ans, et de 7,000 de quarante à cinquante-cinq ans. Il fut ensuite chanté une messe du Saint-Esprit, après laquelle tous, en présence de la Seigneurie, du gonfalonier et d'Etienne Colonna, jurèrent sur un livre des Évangiles, qui était sur un autel en plein
(i) Pièces justificatives, n» 343; Archives impériales à Vienne. P À 97. autographe. — Le 18 mai, Muscetula informait également l'empereur que Florence était réduite a la dernière extrémité (Gayangos, p. 549). Voici, selon un document réédité par M. Pierrugues. dans Franctteo Fermceto. p. 464 et 465, d'après le Diario de Luc Landucci. réimprimé à Florence en 1883, un aperçu des prix des denrées pendant le siège, vraisemblablement avant le 25 avril : un boisseau de blé, 3 livres 15 sous; une livre de fromage, 2 livres 18 sous; une couple de chapons. 49 livres; une couple de poules. 21 livres; une livre de viande salée, 2 livres 15 sous; un chevreau, 25 livres; un agneau, 18 livres; une livre d'âne ou de cheval. 10 sous ; une tête de laitue, 10 sous; deux prunes vertes. 4 deniers; une prune mûre, 1 sou 8 deniers; une grenade, 6 deniers : un litron de fèves vertes, 2 sous; une botte de radis ou de raves, 1 sou 8 deniers: une bouteille d'huile, 7 livres: une livre de confitures, 2 livres 10 sous ; une livre de saucisses de Bologne. 2 livres 18 sous; une once de poivre, 16 sous; deux œufs, 18 sous; une livre de poires muscades. 12 sous: une livrodc cerises, 8 sous; une livre de mouton, 2 livres 10 sous; un oignon. 4 sous; une bouteille de vin. 2 livres 2 sous; une livre de poisson, 2 livres 2 sous; une tête de chevreau, 1 livre 5 sous; une fressure. 1 livre o sous; une livre de chandelles de cire, 1 livre 16 sous ; une livre de miel, 1 livre; un limon ou citron, 7 sous; une orange. 6 sous; une livre de raisins secs. 12 sous: uo hareng. 7 sous; une livre d'amandes pilées. 3 livres 12 sous; deux noix. 1 quattrino ou 4 deniers; une petite botte de bettes. 1 sou; un petit chou, 1 sou; une botte de poireaux. \ sou; une citrouille fraîche. 1 livre 15 sous; un abricot. 4 sous; une oie. 14 livres ; une livre de saucisses. 2 livres 16 sous. — Un autre document, lettre de Jérôme Henivieni. du 8 août, également publié par M. Pierrugues (loc. cit., p. 4M), n'est pas moins intéressant. Le blé n'avait plus de prix; le vinaigre était vendu 5 ou 6 ducats la bouteille; la viande de génisse, o carlins la livre; celle de mouton. 4 carlins; la livre de fromage, 5 carlins; uni* couple de poulets, il ducats; les pèches fraîches, un demi-ducat la livre; les prunes fraîches, de 4 ù fi quattrini la pièce; la laitue. 6 sous la tête; le sucre solide. ;» carlins la livre; le vin. de 8 à 10 ducats le baril; l'huile. 1 ducat la bouteille: la viande de bœuf, 2 carlins la livre; la viande de cheval ou d'une, i carlin la livre; une couple de chapons, fi ou 7 ducats; deux pigeons. 1 ducat; la livre de tanches fraîches. 4 gros; les melons, de 6 à 10 carlins la pièce; deux œufs, 18 sous; une mesure de gros bois. 18 ducats; le menu bois à l'avenant et ainsi du reste, à cause de la rareté des provisions II ne faut pas oublierque la valeur de l'argent était alors beaucoup plus considérable qu'aujourd'hui Aussi disait-on à Florence : « F bisognava restringer la bocca. ■ Cf. aussi Vauciii. 1. XI. col. 448; Chronique anonyme de Florence, ms. 15 du fonds italien de la Bibliothèque nationale, p. 673-674.