‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 18 sur 239 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

vaise volonté à restituer à Jeanne de Hochberg, duchesse de Longueville, comtesse de Neuchàtelen Suisse, celles de ses places qu'il détenait(l), etc. Les Bisontins s'étaient réclamésde la gardienneté de Marguerite sur leur cité; ils avaient sollicité l'intervention du prince, leur vicomte et maire, auprès d'elle et auprès de Fûrstenberg, lequel était toujours introuvable dès qu'un envoyé de Philibert cherchait à se présenter à lui. Aussi celui-ci, non content d'avoir fait, une première fois, porter ses doléances à l'empereur Maximilien par Iiumbert de Rye, sieur de Côtebrune, et par Jean Boutechoux, juge de Besançon, les lui fit renouveler peu de temps après par Claude de Montrichard qu'il députa spécialement vers lui à cet effet. Car les Bisontins, las de voir qu'ils n'obtenaient pas gain de cause et redoutant les brutalités de Fûrstenberg, commençaient à s'impatienter. Déjà ils s'étaient abouchés, par l'intermédiaire de Richard Bercin et de Denis d'Anvers, avec les villes de Berne, de Zurich et de Soleure, afin de conclure un traité d'alliance et de combourgeoisie.Or,ce traité, il fallait l'empêcher à tout prix, comme contraire aux droits de l'empereur, du Roi Catholique et de l'archiduchesse, leurs souverains protecteurs. Grâce à ces démarches, l'accord put se faire entre les Bisontins et le comte de Fûrstenberg sur la succession Sixsols (2). Quant aux autres questions pendantes, restitution des places de la comtesse de Neuchâtel, affaire de Chdtillon-sous-Matche, levée de deniers indûment perçus par le comte, etc., il fut décidé qu'elles feraient l'objet d'une conférence qui se tiendrait à Salins, le 28 octobre, et à laquelle Fûrstenberg assisterait. Les États, convoqués pour le même mois à Nozeroy, sous la présidence de Philibert, auraient à les étu-

sançonaeux accordés par ad vis et délibération do Madame la princesse (d'Orange) et aultres bons personnaigcs pour pacifier aulcung différend que le comte de Furstemberg avoit contre eulx, pour raison de la succession de messire Pierre Sixsols, jadis chanoine de Besancon, pour lequel différend ledit comte pretendoit mener guerre, nui eut grandement causé dommage et division au pays. » Clerc, Hittoire des Etait généraux..., t. I, p. 272.

(1) Le comte de Fûrstenberg et le comte de Montbêliard s'étaient emparés des châteaux de So>e. de Chûtenois. de Gouhenans, de Mootby, de Courchaton, de Vauvillers, de Châlillon-sous-Maiche, de Vercel et de Venues. La duchesse de Longue ville avait des prétentions sur ces trois derniers. (Gollut, éd. liuvernoy, col. 1529 )

(2; Lettre de Philibert à l'archiduchesse Marguerite; Pièces justificatives, n* 13 c; Archives du Nord, Lettres missives, portefeuille 39 6i*.

dier d'abord et à aviser aux moyens de mettre un terme aux excès du comte (1).

Dans l'intervalle, il se produisit un incident auquel Fûrstenberg ne fut pas étranger : l'enlèvement de la dame d'Oricourt, veuve d'un Chemilly décédé depuis peu. Ce rapt eut lieu au commencement d'octobre et fut commis de nuit par un chevalier du nom de WolfT Thierry de Ferrette, neveu de Simon de Ferrette. Wolff s'était fait escorter à Oricourt par quelques gentilshommes et des serviteurs à lui pour le cas où il serait attaqué et où il rencontrerait une trop vive résistance. A sa tentative il ne fut opposé que des protestations de la dame, qui fut emmenée avec trois de ses suivantes. La petite troupe repartit aussitôt pour Héricourt; elle y arriva dans la journée. Le comte de Fûrstenberg, qui, on Ta vu, était seigneur de cette terre, s'y trouvait alors. Non seulement il donna à < bancqueter » à WolfT qui le lui demandait pour lui et sa bande, mais encore il les retint plusieurs jours au château; il témoigna les plus grands égards à la dame d'Oricourt, à laquelle il était apparenté par les Neufchâtel (2).

Cet enlèvement ne tarda pas à être connu dans toute la province. La qualité des personnages lui donnait un caractère particulièrement sensationnel ; outre le scandale qu'il avait provoqué, il y avait eu violation à main armée et par des étrangers d'un territoire dépendant de l'Empire. L'hospitalité accordée à WolfT par Fiirstenberg impliquait de la part de celui-ci une véritable complicité. Mais, comme gouverneur du comté de Bourgogne, Philibert se crut obligé de lui en demander raison au nom de l'archiduchesse. Le \2 octobre, il lui écrivit pour l'informer qu'il chargeait Jean de Grammont, sieur de Châtillon, de procéder à une enquête et pour l'inviter, lui Fiirstenberg, à renvoyer la dame d'Oricourt si elleétait encore sur ses terres (3). Personne n'avait réclamé de poursuites, et le prince était le premier à s'étonner que les parents n'eussent fait aucune démarche pour obtenir justice.

(1) Lettre do Philibert à l'archiduchesse Marguerite, octobre: Pièces justificatives, n° 13 c: Archives du Nord, Lettres missives, portefeuille 39 bis.

(2) Lettre de Guillaume de Fûrstenberg à Philibert, du 15 octobre; Archives du Nord, Lettres missives, portefeuille 38.

(3) Lettre de Philibert à l'archiduchesse Marguerite; Pièces justificatives, n° 13 c.

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