‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 182 sur 239 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

mil tro

orentines, qui, au lieu de s'amuser à piller, auraient dri continuer à combattre. La victoire eût entraîné sinon la levée du siège, au moins le débloquèrent partiel de Florence et la concentration des

oupes de Philibert sur un seul point. Naturellement le principal

iipabte, A ses yeux, est Malulesta (f '.

La version du prince est un peu différente. Dans une lettre du M juin à l'empereur, il avoue que la camisade de la nuit précédente (2) a été ebaude et qu'après • ung des plus mellé combat qu'il u esté possible de voyr t, ses lansquenets, d'abord ch ■Je leurs positions, les ont recouvrées. Lui aussi aurait remporta une victoire décisive si les 2,000 hommes de renfort qu'il exp< -

Citait à Lodrone avaient pu prendre part au combat; ils étaient arrivés trop tard. Il estime a 300 le nombre de ses morts et an double celui des blessés des deux partis. D'après les rapports des espions, le* Florentins avaient perdu • une bonne flote * d*homnies. beaucoup plus que lui Le même jour, il lui fit part d'une grave nouvelle; il enavaiteu indirectement connaissance par Malatesla, Celui-ci avait demandé au colonel Pirro Colonna de lui envoyer du camp un homme sur pour lui faire une confidence importante, qui pourrait toutefois être communiquée soit au colonel, soit au prince. II s'agissait d'un projet d'empoisonnement du pape par les Florentins. L'émissaire, ÛÊ connivence avec le bouteiller de Clément VII, devait partir le lendemain malin, maïs Philibert prit soin de le faire arrêter. Il fut effectivement trouvé porteur de fioles et d'un soi-disant rattède festin é à être administré au pape. Cinq de ses serviteurs étaient ms le secret du complut. Le prince s'empressa de prévenir GW- »! et de lui transmettre le poison; pendant ce temps, il retenait >tmïer l'émissaire, en atfceodant de savoir le traitement qu'il jnviendrait de lui infliger. Malatesla avait exprimé le désir que p&pe nu informé que l'avertissenient venait de lui. Pour Phi-

(1) Vaiicïiï. I XI. col. 3&9-391; St«-NL l IV, p. 117-118: Guiuuhmn. I XX, fol. 3flfl v«.

(2) M. Pîerruguei, dans Hoseo, p. 29tt, os* i^r ranime date à celle çainis&dti nuit du 2U au il juin.

(3) V\> r«»t n* 355; Archives impériale* « Vienne. l'A 97, auto-

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libert, ce renseignement était un • bon signe »; il en conclut que Florence était à l'extrémité et qu'en prévision d'une prochaine capitulation, Malatesta cherchait à < se rabiller avec le pape (!) ». L'idée n'était déjà pas si mauvaise.

Varchi rapporte aussi ce fait ; seulement il le ramène à des proportions moins tragiques. Il cite même le nom du camérier chargé de ia sinistre besogne, Etienne Crescenzio. D'après lui, les fioles contenaient de l'eau distillée; l'innocence des accusés fut reconnue; les Florentins n'étaient pour rien dans un pareil crime; s'il leur fut imputé, c'était par ordre de Clément VII, qui aurait ainsi roula les rendre odieux et leur enlever les quelques sympathies qui leur restaient (2).

Car ils en avaient encore, intéressées, il est vrai, et inspirées surtout par la haine irréductible de François I<* contre Charles- Quint. En effet, malgré le traité de Cambrai, le roi n'avait pas renoncé à l'intention de leur venir en aide, dès que ses fils lui seraient rendus. Le moment de leur délivrance était proche; il avait été fixé au 15 juin. Mais déjà ses agents étaient en route pour Florence. Ils avaient quitté la cour le 26 mai, jour de l'Ascension. Lors de leur départ, ils avaient reçu 300 écus pour leurs frais de voyage jusqu'à Lyon. Là ils trouveraient l'argent nécessaire pour l'exécution de leur plan, qui consistait, on le sait, à secourir les Florentins et à soulever les Allemands. De Lyon ils devaient gagner l'Italie par la poste. L'empereur en avisait Philibert (3;: quelques jours plus tard, il lui faisait connaître leurs noms : « Nycolas Hussach, autrement le Housa; Putzec, Jehan Serain. Vautufas, un jeusne de dix-huit ans, nommé Lane, qui parle franrois, espaignol, italien et allemand parfaictement, et ung nommé Hadit van Conorse, et des Ytaliens messire Anthonio Daurya (4). »

(1) Pièces justificatives, n° 3.*>6; Archives impériales h Vienne, PA 97, copie contemporaine; Archives du royaume à Bruxelles, Documents historiques, fol 3. eopie; Lanz, Corre&pondrnz des Kaixrrs Karl V, t. I, p. 390, u9 139: t. IV, résumé dans (Jayam;o>, p. 006-607. — Dans une lettre du 25 juin, Museetulaeulretient également l'empereur de cette affaire (Brewer, p. 2910-2911. et Gayangos, p. 608).

(2) Vahciii, 1. XI. col. 393.

(3) Lettre du 14 juin, Pièces justificatives. n° 332: Archives impériales a Vienne. I* A 97, minute.

(4) Lettre du 27 juin, Pièces justificatives, n° 358; Archives impériales à Vienne. P A 97. minute.

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