‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 189 sur 239 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

irti*

fortune personnelle mise à part, il était en ce moment créancier de

l'empereur pour une somme de près de 60.000 ducats (i), tant pour

gllges que pour les avances faites par lui pour le paiement de

l'armée. Enfin il serait plus qu'étonnant qu'un pareil scandale, s'il

tait produit, n'eût pas davantage transpiré et n eut pas été

divulgué par les envieux et les ennemis de Philibert, Comme tous

rimes supérieurs, il en comptait beaucoup. Dans les Jettr-

de Charles-Ouint qui suivirent, non seulement il n'est fait aucune

allusion aux prétendus détournements signalés par Varcbi : il y a

Blâme de chaudes félicitations de la part du pape a J'adresse de

Philibert i

Il rif1 déféra pas immédiatement au désir du prince quant à la

nomination de FeraaoddeGonzague en qualité de capitaine général

des Eepagnolfl ; il fut d'avis, pal égard pour du Ghiaet, de ta ivlnrdcr

qu'au jour où il entrerail en fonctions. Huant aux mutins, il

ilemamJaitlcurenvoi en Hongrie et persistait à exiger un énergique

itiment contre eux <3>, malgré les instantes supplications de

Philibert. Quelques-uns étaient revenus au camp, Le prince leur

avait pardonné et promis d intercéder pour eux. - Les povresgen-

disait*! I dans mie lettre qu'il lui faisait porter spécialement par

Tovar, J»-s porres gen^ ont bien eu la penytanee de leurs perb

ilz sont tous nulx mu*i et meurent de foin. S'yl vous pleyt, en

■ > myserycorde, et tous les soudars de ce camp vous en

supl Cette lettre, la dernière, semble-t-il* que Philibert ait

écrite à Charlee-Quint, fut, on le voit, un appela la pitié en foreur

! dont le plus grand crime était d'avoir agi sous l 'influence

lin découragement et de la misère.

Aussi était il temps que la situation prît lin, autant pour tel Impériaux que pour les Florentins, Ceux-ci. réduits à toute *\*

i tt \ (lui-ats au moment dr sa mort (Archives du DouUe*

(*i Lettre du 21 juiiM. Pièce» justificatives, n- S61; Archivai impèn

o, V A UT* minute: A ?e« du ro lit-uiclles. Papiers d'£tat,

I foi. 150 copie. el Instructions i Halum/on, du 2 aoùlt PfèOtl jusUJicaliv**9, îi" Ml), Archives impériales à Vienne, l'A 97, minute el partie autophe.

{1} Lettre du 7 juillet, Pièces justil a* 3fiû: Archive» impériales à

H A 97. autographe.

mité, n'attendaient plus leur salut que de Ferrucci et un peu de François I*r. De Ferrucci passe encore, mais le roi était en coquetteries avec Henri VIII, qu'il cherchait à détacher de l'empereur. Si, à l'instigation de Clément VU, il envoya en Italie Pierre-François de Pontremoli pour servir d'intermédiaire entre les Florentins et le pape, c'était dans l'espérance que Clément adhérerait à li ligue qu'il projetait de reformer avec le roi d'Angleterre. De ce côté, Charles-Quint paraissait rassuré; il était maintenant persuadé de la parfaite sincérité de son rival au sujet de « l'observance de la paix et amytié d'entre nous (4) »; il ne croyait plus à la possibilité d'une invasion des Suisses et des Allemands (2j.

L'argent et les vivres manquant (3), le Conseil des Quatre-vingts élut, le 1er juillet, six des siens pour lever de nouvelles contributions. Trois commissaires furent chargés de faire sortir de la ville toutes les bouches inutiles que des gens de guerre conduiraient en lieu sûr. Cette mesure, qui eût dû être prise depuis longtemps dans l'intérêt de la défense, ne fut pas, sauf une quarantaine d'exceptions, appliquée pour des raisons d'humanité. D'autres commissaires eurent pour mission de réquisitionner les approvisionnements conservés chez les particuliers, de préparer des viandes salées, de se procurer du salpêtre et du bois mort partout où ils pourraient en trouver. On alla môme jusqu'à détruire les charpentes des églises Saint-Laurent, Saint-Jacques et du monastère de Foligno. A lu famine était venue s'ajouter la peste, qui se déclara au monastère de Sainte-Agathe. Elle s'était sans doute propagée du camp, où elle sévissait surtout parmi les Allemands (4). Enfin, il y avait les traîtres, partisans des Médicis, qui correspondaient par lettres avec Baccio Yalori, commissaire du pape, ou communiquaient avec les impériaux à l'aide de signaux faits du haatdes toits ou, pendant la nuit, à l'aide de lumières. Le plus notable d'entre eux, Laurent Soderini, ancien podestat de Prato, fut pendu

(1) Instructions à Balançon. du 2 août.

(2) Lettre du 27 juin, Pièces justificative*. n° 35$ ; Archives impériales a Vieimr, I» A 97, minute.

(3) Voir plus haut, p. 382 et 383.

(*) Lettiv de Philibert à l'empereur, du 7 juillet, Pièces" justificatives. n*3w) Archives impériales à Vienne, PA 97, autographe.

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