‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 192 sur 239 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Dons l'intervalle, l'enthousiasme de Malatesta, s'il avait jamais ï' et ait singulièrement refroidi. Des qtrtl vit les Florentins résolus à faire un suprême effort, il usa de sa tactique ordinaire; rllr était, nous le savons, de leur persuader qu'Us allaient audevant d'un échec aussi certain qu'Inutile; mais deux des membres u Conseil des Dix. qui trouvaient ses tergiversations étranges, le ressèreot de s'expliquer nettement. M fallait empêcher les impériaux de se porter à la rencontre de Ferruceu Le salut de la patrie en dépendait. Avait-il un plan a opposer aux projets de l'ennemi. * il en avait un, quel était-il? Malatesta répondit par la lettre

• Dans vos nombreuses délibérations qui avaient pour objet l'attaque du camp, vous avez manifesté le désir d'avoir notre avis sur la question. Nous vous Pavons exprimé avec la plus entière franchise. Elle entraînerait fatalement la perle de la ville. Considères les forces imposantes des Allemand? et des Espagnols en infanterie mi cavalerie. Elles sont habituées non seulement à défendre valeureusement leurs positions, mais encore à combattre en rase campagne. Leurs troupes sont plu? nombreuses et plus solides que • Iles occupent des emplacements que la nature et les travaux qui les entourent ont rendus formidables» Nous en prenons à l»;moin Dieu, tous les princes du monde et tous les hommes de çuerre; nous l'attestons sur notre honneur, nous le jurons à Vos incurie*, mus par l'amour que nous avons pour celte cité; nous tarons comme nous l'avons toujours fait, que I exécution de ce dessein aura pour résultat la ruine totale de la ville. VA puisque L^neuries exigent que nous leur disions quelle est la route la us dangereuse â suivre pour faire une aortie. nous essaierons '-.-iti&faire. Après sérieux examen du camp ennemi, nous n'en us guère, du côté de la montagne, que deux que nous puissions prendre sans être entamés ; celle de Ilusciano, â main gauche nta Margherita de Montai, qui conduit au logement du prince L'autre par la vallée, du côté du i Julio. Les retraneheséparenl sont si éloignés que nous ne pourrions en approcher utilement en rang de bataille. Par Saint-Frédien, nous aurions devant nous le^ deux pièces d'artillerie du mont Olivetti et re nous les Allemands qui sont à San Donato in Polverosa;

par Saint-Pierre Gaitolioi, leurs retranchements sont à moins d'une portée d'arquebuse de la ville; il nous serait impossible de nous déployer en ordre de combat sans essuyer le feu de l'ennemi. Enfin, par Saint-Georges, nous serions arrêtés par le cavalier do Barduccio, qui est muni d'une puissante artillerie... Nous n'avons donc pas l'embarras du choix. A supposer, ce qui n'est pas admissible, que nous nous emparions de ces retranchements, les 3,000 Allemands et les 3,000 Espagnols qui gardent ces positions auront le temps de se préparer à la bataille, et, dès lors, que deviendront nos troupes à la suite du désordre qui infailliblement se produira?

« Du côté de l'Arno, la sortie nous semble plus dangereuse encore. Nos forces seront insuffisantes, parce que nous devrons garder la montagne, Saint-Georges et les autres bastions, tandis que celles de l'ennemi augmenteront en se concentrant; sa cavalerie, opérant dans un pays plat, nous fera beaucoup de mal à nous qui n'en avons pas. Pour toutes ces raisons, nous persistons à croire que cette tentative sera la perte assurée de cette ville. Nous n'en sommes pas moins prêts à exécuter les ordres de Vos Seigneuries et à faire, au péril de notre vie, ce que le gonfalonier a plusieurs fois promis. Nous nous recommandons à vos bonnes grâces. •

Cette lettre, datée du 2 août, était signée de Malatesta et d'Etienne Colonna. L'assemblée des Quatre-Vingts, après en avoir entendu la lecture, délibéra que la sortie aurait lieu quand même, dut le résultat en être fâcheux. Elle en fit informer Malatesta. Mais, entre temps, il avait eu l'habileté de convertir à son idée les capitaines florentins, et tous avaient souscrit un avis rédigé conformément au sien. Aussi, fort de leur adhésion, répondit-il avec Colonna que, le matin de ce môme jour, 3 août, il avait résolu d'envoyer vers Philibert deux de t ses hommes » pour savoir quelle était son intention au sujet de raccommodement proposé, intention qui était rapportée d'une manière à Malatesta et d'une autre à la Seigneurie. Dans le cas où le prince voudrait que la ville se rendît à discrétion, il était bien déterminé à sacrifier ses jours plutôt que d'accepter une pareille condition; de même, si les florentins s'obstinaient à ne pas traiter. Tout en laissant le Con-

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