‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 194 sur 239 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

en effet Heu en KjUl ltalançon fut invité par lempereur à pressentir Philibert au sujet de la cadette | I

Revenons à Ferrucci, dont l'arrivée était attendue de plus en plus impatiemment par les patriotes florentins. Après avoir installé, le 14 juillet, en qualité de commissaires généraux à Volterra J.-B, Gondï et Marc Stroz/i (8), <}ui remplaçaient Tedaldi et Guiducci, il quitta cette ville le lendemain. Il y laissait sept compagnies d'infanterie et en emmenait avec lui treize, dont les principaux

étaient Sprone, BalorJo et Goro de Monte Benichi, que nous connaissons déjà, et un Français du nom de Vaines ou Basois (3). Elles formaient environ 1,500 hommes, non compris les lanspessades et la cavalerie. Il dirigea \^ uns vers Pi se, tandis qu'il prenait le chemin de la Cecina. Attaqué par une bande d'arquebusiers de Maramaldo, il put s'échapper et atteindre Vada, ensuite Rosipiano, dont l'entrée fut refusée a ses troupes, enfin, après trois

», Pise, malgré Maramaldo, qui ne put pas l'empêcher d'opérer sa jonction avec Jean-Paul de Cerî. Il était encore souffrant des blessures qu'il avait reçues à Volterra; la fièvre le travaillait; bref, il fut obligé de s'attarder treize jours dans cette ville (4), Mais il n'y fut pas inactif Pendant ses loisirs forcés, il leva sur les habitants, Florentins ou Pi sans, une énorme contribution de guerre, choisit comme otages les plus suspects, fit placer dans les deux citadelles douze pièces de campagne, emmagasiner des v ; du bisciiJtt de la poudre, des munitions, des échelles, il il matériel

nerrê, et recruta de nombreux pionniers et ouvriers. Il rassembla près de 3,000 fantassins, ïa plupart arquebusiers, de 4 à

chevaux, remit les otages volterrans au commissaire (ihiaci-

(i) tbitt '., et instructions du i août. — Dans son journal (Cleut . p 31), on

J>i%cr§es dépensée de poste et messagers, du vivant de Monsr, louchant

• .-triu^e pouj-parlë de la marquise de Montferrat. »

(2} Voir leur lettre de ce jour au* Dix dans Ft*tintr*£n FtrrureiQ. p 376-277.

Cf. Chronique anonyme de Florence, ms. 15 du fonds italien de la Bibliothèque

nationale, p. 678

rige* dans Vahcki, I. XI col. 431; Basois dans lu liste des capitaine*

norenlm* publiée par M. Pierrugues dans Frtmewo Fm-rurrio, p, 4s*î ; o«Ui

une se trouve dans une lettre de Ferrucci aui Dix» du 3 xnai^ LSSO

st liorentin).

lires des commissaires de Pise aux Dix du 18 au 2Ï juillet, dans Fran-

cttco Fcrruûcto, p. 277-28*

notti, à qui il les recommanda spécialement; confia la garde deU ville à Mathias de Varano, à Pierre de Mon to poli, à Betto Rinaccini, à Musacchino, et en partit le dimanche 31 juillet, à la troisième heure de la nuit. Il prit la route de Lacques, passa le pont de Squarciabocconi et arriva le lendemain sous Pescia. La population, qui lui était hostile, ne voulut pas le recevoir (i). Il continua vers Medicina, château fort qui appartenait aux Lucquois, et Castelvecchio, y logea pour se porter dès la première heure an Montale, où Maramaldo se tenait sur la défensive. Mais il modifia son plan. Faisant semblant de choisir la voie de Pistoia, il se jeta dans Calamecca avec l'intention de n'aller au Montale que le jour suivant (2), projet qui ne fut pas mis à exécution, car ses guides le trompèrent et le conduisirent à San Marcello, qui était du parti des Panciatichi. A l'instigation des CanceMeri, leurs ennemis, il incendia cette localité et massacra quelques-uns des habitants qui n'avaient pas eu le temps de s'enfuir. Après cet exploit, il fit arrêter, dans un endroit depuis dénommé « Campo di Ferro », ses troupes, exténuées par de longues marches rendues encore plus fatigantes par une pluie torrentielle. Il était dans la maison des Ciampalanti, où il tint un conseil et sur laquelle uoe inscription fut posée pour rappeler son séjour (3). Il avait alors sur sa droite Vitelli, sur sa gauche Maramaldo, à qui Philibert avait écrit d'essayer de ramener à lui les Espagnols mutinés qui étaient à Altapescia < i), et sur ses derrières Bracciolini.

Averti par ses espions et par plusieurs lettres du projet de Ferrucci de secourir Florence, le prince résolut de l'en empêcher personnellement, quoiqu'il fût en proie à des accès de goutte (5). Il

(4) Lettre de Ferrucri aux Dix, du irr août. ibid., p. 283. (i) Po^t-scriptuin a la lettre du 1er août, ibid.

(3) Voici le texte de cette inscription, dont les majuscules réunies donnent la date de 1530 :

belLi ConsiLio DvX hiC ferrvccivs aCto

I'EhCita in oranj.en oCyvs arma Ciet

ne<: I'HoCVl hinC mohitVh Cent Vu peu Vvlxera qvarto

aviivsti nonas versidvs axxvs inest.

pekeiirinvs ciampalantes posv1t.

(i) Chronique aiioiiwne de Florence, nis. 15 de la Bibliothèque nationale, p. 678.

(5) Journal, dans Clerc, p. 72, où on lit : « A Claude, serviteur du maistre

en an tri: XX

fia Fernand de Honzaguepotir le remplacer dans le commandement du camp. Comme celui-ci proposait à Philibert de se mettre à ti tête de l'expédition, le prince lui répondit : t Je vous ai char* (ta Uuast et vous, de trois entreprises : aucune n'a réussi selon mes désirs; c'est pourquoi je veux moi-nu*me tenter eelle-ri Si j échoue, je n'aurai à m'en prendre qu'à moi il). » Il avait ordonné A ses gens d'armes de gagner sans délai Prato pour envelopper Ferrucci, et envoyé du eutt de Pistoia l'élite de son infanterie (2u Elle se composait de ;i,OGÛ hommes : Allemands, Espfrgnols, Italiens, et de 300 arquebusiers. A son tour, il partit, le i" août après dîner (8), avec tous ses chevau-legers et ses estradiots ou cavaliers albanais sous les ordres de Théodore Bieherini, de François de Prato. de Zuccaro, de Rossale et d'Antoine de 11 i rera. Il traverea FArno h ^uè et galopa toute la nuit, Le lende* main, il était à Poggio de Caiano et à Pietoia I). Suus la conduite de Bastien Brunozzi, il examina, du haut de ïa cathédrale, la position de r.avinana. qu'il savait être l'objectif de Ferruccu et le chemin qu'il aurait à suivre pour Faltaquer. Puis, le soir, il 64 remit en route, accompagné par le Pistoïen Bastien Chili, qui connaissait parfaitement le pays* et arriva, de grand matin, le 3, aux La£oni, village situé entre Pistoia et iïavinana (5). Il s installa dans une plaine plantée de châtaigniers, au-dessus de San Homme, d'où il pouvait - <n- i [ revu, observer tous tes mouvements <!<■ Ferrucci.

Pendant que ses troupes mangeaient ou se reposaient, un prêtre de Mm KarcêUo vint annoncer à Philibert que l'arrière-garde de Ferrucci devait être aux prises avec les impériaux, ce qui se de vi-

te) de Guerres, demi eseu pour un chappeau qu'il bailla a feu mon*' le prince le jour de Ln bataille, pour reposer mn pied ou qu'il a voit la ROtUv ■ (S) Si'tnrso, fa. ritM p 358-3j1î> Voir plua haut, p* 400, note 1. t±) Lettre de [Fernand de Gonza^ue a son frère, le duc de Mantou-- .in Il et, dans Varcui, 1. XI, col. 4f»3, et dans Francetco Ftrrueno, p. 34 3- 144 bel capitaines de l'infanterie envoyés en avant â l'istoîa étaient A^aïino, :«■[<■ t\< Ban Seconde, J -U Savelli et Marrio Colonna. (9) Journal, dani CllBC, p. 71, Yarciii, 1. XI, col. 433, dit qu'il partit seulement le 2

(ty Journal* ibié

(T*> rendant la nuit, l« prince demanda au camp un renfort de 1,000 Espagnols ( Lettre de Fernand de Gonzague & son frère, le duc de M an loue, du ■jutt dans France* eo Fcrmecio. p. 345),

kti

PHILIBERT DE CIIALON

naît au bruit de l'arquebusade. Le prince, qui était de bonne humeur et buvait avec ses capitaines réunis autour de lui, a< lit la nouvelle avec joie, car il ne doutait pas de la victoire. Tout à coup, un épais nuage creva sur leurs Ut es et la pluie tomba abondante. 11 dit à ses compagnons d'armes, avec un gros rire • Mes amis, nous n'irons pas ivres à l'ennemi, puisque Dieu arrose si généreusement notre vin {1

A peine eut- il prononce" ces paroles qu'il donna Tordre ddéployer les drapeaux Les capitaines avaient déjà reçu ses instructions en prévision de l'engagement. Il les envoya en avant &xn tous leurs chevau- légers et leurs eMradioU, entre lesquels il mit 800 arquebusiers, sous la conduite de Pompée Farina, pour les soutenir dans le cas où ils seraient obliges de se retirer devant feunemi; il leur recommanda surtout de joindre l'infanterie après avoir laissé les passages gardés et de faire tous leurs efforts peur être à Gavinana avant Ferruccî, II allait les suivre avec ses gens d 'armes.

Ils ne tardèrent pas à se présenter sous les murs de (iavinnnu, nKiis les portes en étaient fermées, lu n ouvrir, les haïri

tants refusèrent tant que le prince ne serait pas la, car ils voulaient avoir de lui l'assurance qu'il ne leur serait fait aucun mal. aifili qu'ils le redoutaient en leur qualité de Ctinrr/firrî et par eons*:quont de partisans des Florentins Ils ne faisaient cette réponse quafin de gagner du temps H de fournir a Ferruccî le moyen fanfra à leur secours. Ses cavaliers en ftffel s'avançaient bride abattue, tandis que le tocsin sonnait l'alarme et lui signalait l'enDemLDans l'intervalle, Ferruccî avait rangé ses troupes en ligne de haUilk et leur avait adressé une courte harangue dont le texte nousaéïi conservé (2), Deux routes s'offraient â lui : une qui Pftèni | Gavinana par la chaîne des montagnes de Ccrreto, de Pion dV

(1) Ce propos, cité (p. 19) par le capitaine Cioi. de San Marcello, anteur d'une relation sur la bataille de Gavinana* dont il sera fait mention ci-apiv* (p, lîZf notes), se trouve aussi dans Sdpîou AmiutruLo, p. 74 du recueil >m la suit. Dans ces deux auteurs» le texte est le suivant : « Sold&ti, d anderemo punto irobriacliî alla guerra contro î nemici polebé cou tanlofouirr Iddio ci adacqua il vïno. » — Dans Seuni, l, IV, p, 131, on trouve : • Naifloi andremo perù ebri, ma sobri contre a si pote nie nimico. »

(î) Dans VvHinr. L XI, col. 434. dans Sbôki, 1. IV, p. 12*. et dans Cm p Î3i*.

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