CHAPITRE XX
H sur les murailles de la ville (l). C'est aussi, dit-on, sur le champ dt* bataille que fut trouva sur lui le billet par lequel Matâtes tu promettait d'immobiliser ses troupes pendant ta durée de l'expédition*
Le corp* de Philibert fut reconnu par Dinteville, un des capitaines de se* chevau-légers et non ami. Par ses soins il fut recoupcmr que la vue de son chef étendu sans vie ne décourage!* poi l'année; et déposé dans une chapelle à peu de distance de lîavïuana. près du chemin qui conduit aux Lagoni. Mais l'affreuse té lut bien vite devinée lorsque son cheval de guerre, un magnifique alezan \ttauro)* empanache de blanc et superbement inçonné, fut aperçu errant sur le lieu du combat. Alors la panique s'empara d'une partie de fa cavalerie des impériaux. Deux des capitaines, Rossale et Antoine de Herrera, donnèrent l'exemple de la déroute, et bientôt ce fut. de ce côté, un sauve-qui-peut que Ton oe s'explique pas chez cette troupe d'élite. Il y eut des fuyards qui, poussai par l'ennemi Tcpée dans les reins, allèrent tout d une traite jusqu'à Tistoia. répandant le bruit que l'armée était complètement défaite. Et les défenseurs de Gavinana criaient : * Victoire ] victoire! la victoire est à nous* ■
Il n'en était rien cependant Alexandre Vilelli avait attaqué en flanc, dans la petite plaine de Doccia, Tarriêre-garde de FerruccL qui la commaodaitj opposa en vain la plus énergique résistance à l'impétuosité des assaillante; d'abord cerné par Bracciolini. à la télé de 1 ,000 iytinci<Uirfu. puis écrasé par des forces supérieures. il subit un échec presque total. Il perdit plusieurs drapeaux et laissa sur le terrain un si grand nombre de morts et de blessés que le au «1rs Cantïnelle, grossi par les pluies récente*, était lotit
igi de leur sang. Les impériaux s attardèrent, h eu reu sèment pour lui. à piller les bagages dont il avait la garde, ce qui lui permit de rallier le reste de ses hommes et de se frayer un passage à travers les rangs de l'ennemi dispersé et de rejoindre Ferrucci. Après avoir lutté durant trois heures consécutives et par une cha-
(I) C'est lu relation de Dominique de Roasi, publiée dons Franewo FimUflia,
. el celles île Pnul Jove, de s.iraeenî, publiées à ta *uilé de Ctnl, p fcS
et Kl. qui donnent celte version. Cf+ aussi Chronique anonyme de Florence,
mt. 15 du fonds italien de ta Bibliolh'-que nationale, p. 67S,
leur torride, celui-ci avait refoulé de la ville Allemands, Espagnols et Italiens; il se tenait appuyé sur sa pique, croyant être en sûreté. Mais bientôt apparut la réserve que Philibert avait postée sur sa droite, près du coude formé par la route au défilé depuis nommé l'Armata. Elle se composait de 2,000 Allemands et Espagnols qui n'avaient pas encore donné et étaient par conséquent dispos. Elle se rua dans Gavinana. Aussitôt après, Vitelli, sur les talons de Ceri, se glissa le long des murailles et entra par la porte Pecciana, suivi d'autres colonels italiens. Le combat recommença, plus acharné que jamais. C'était, disent les historiens, un spectacle horrible que celui de cette mêlée, pendant laquelle l'air était déchiré par le crépitement des arquebuses, le choc des piques, les cris des chefs qui excitaient leurs soldats, les gémissementsdes mourants et des blessés qui jonchaient la place, confondus parmi les cadavres.
Ferrucci et Ceri rassemblent autour d'eux une poignée d'officiers déterminés; ils se battent en désespérés, se portent sur les points les plus menacés et soutiennent leurs troupes par leur exemple. Us ont beau se multiplier, Ferrucci surtout; la mort fait parmi eux d'épouvantables ravages, mais tous préfèrent succomber les armes à la main plutôt que de se rendre. Pendant ce temps, il survient encore aux impériaux des troupes fratches. Ceri. alors, effrayé par les pertes subies de son côté, insinue timidement i Ferrucci qu'il serait peut-être prudent d'abandonner la lutte. c Jamais il), » répond-il, et, tête baissée, il s'élance contre un fort détachement ennemi qui venait contre eux. Goro de Monte Benichi, le voyant exposé, veut lui faire un rempart de son corps. mais Ferrucci le repousse violemment. D'autres capitaines. Louis Acciapaccia, Antoine de la Preda, Antoine de Caiazzo, et les plus braves d'entre les soldats se précipitent à son secours et, après un effort suprême, finissent par chasser par la porte Pecciana les impériaux, qu'ils poursuivent au dehors.
Ceux-ci se reforment bien vite, après avoir eu soin de faire occuper les abords de la porte, afin d'empêcher Ferrucci de rentrer dans la ville, et, avec Taide des chevau-légers qui n'avaient
(1) Ailleurs il est rapporté qu'il répondit : « Je veux mourir. » (Voir Rosi* notes de M. Pierrugues. p. 333.)