M PHILIBERT DE CHALON
lévrier au repos. Derrière, une Renommée, tenant une palme et présentant Philibert; ailleurs, un mort, et, au-dessus de la statue du prince, celle de Pallas, « déesse des guerres, » couchée et armée, avec une lance et un écu, « embellie » de deux anges et ayant auprès d'elle un armet, des éperons et une chouette Cl).
Celui de Jean de Chalon était destiné à servir de pendant. D eût été moins somptueux. Jean eût été représenté en costume d'apparat, avec le collier de Tordre de Saint-Michel. Une statue, « telle que madicte dame ordonnera, • eût été devant lui. Au-dessus, dans cinq niches, eussent été celles de quatre preux et d'une des vertus (2). Les statues devaient être des portraits. Des ornements de toute sorte étaient prévus pour servir d'accessoires aux deux tombeaux (3).
(1) Gilbert Cousin (Philiberli a Chalon, illustra Aurengiorum pniwi>«, rerum gettarum commentariolut..., fol. a 4) a donné une épitaphe du prince. Est-ce celle qui était sursoit tombeau?
Qui» jacet hoc tumulo? Princeps Aurengiui, ortum
Rallia cui tri bu U terraque Thutca necem. Sept i m us hune Clément et quintui Carolus orbi
Martigenam Italico praeposuere ducem.
Cujus honor mundo, coelis est spiritus, oss*
Restiluit palriac visceraque ltaliae.
At quid dividuus geminis requiescit in oris?
Terra capax tanti non erat una viri.
Burgundus «-allus, princeps Aurengius, alla
Cibilone potens, lui» Philibertus erain.
Parthenopem rexi prorex : victricia quintus
Carolus et Cleinens signa dederc mihi.
Clenienti reddens llorem populosque rebelles.
Dum supero Thuscos, proh dolor ! oceubui. I ector, humana.- fragililatis rasum recolens, raie.
ii) l'n extrait du marebé. publié dans l'Annuaire du déparlement du Jura ptf«c i#/.V, p. \'2i-[ii. et par Koi^set, Inc. ril..p. tioô, porte que « sur icelles sépultures seront laits, mis et enlevés trois personnages gisants, représentant l'on la personne de feu de bonne mémoire monseigneur messire Jean de Chalon. a son vivant prince d'Orange, que Dyeu ait. en babit de prince. Tordre de Fiance au col: l'autre représentant madame Jeanne de Bourbon, femme première dtidit feu seigneur: et l'autre gisant représentant madame la princesse.* proent vivant»' Tous lesdits personnages faits et le mieux babilles et le |dos riebement en princes et princesses que faire se pourra. Item aux pieds dudit gi>ant représentant ledit feu seigneur, sera fait le gisant d'un petit enfant, le mieux que faire se pourra, représentant feu monseigneur d'Arguel [Claude;, son nu. qui sera babillé comme uu enfant de prince, ayant doux ans. agenouh ou ainsi qu'il sera advisé pour le mieux ». La différence notable entre ceteito et celui édité par M. S\\i»iu;T(p 105-1 11 ) et Pièces justMïcatives, n° 386 ; Archives <lu cb.Ueau d'Arlay, autoriserait à croire qu'il y a eu deux projets.
(3) Voir ce marebé aux Pièces justificatives, n# 386.
CHAPLTH1-: XXII
travaux furent entrepris et conduits bien au delà du terme ar il existe plusieurs quittances de J.~B. Marin el de C M--vt, ma connaissance, la plus ancienne est du o octobre 1881 et i plue du 24 janvier 1834 1 1 U Ils ne furent p&g tôt)
► tii-etre y eut-il des tiraillements entre la princesse* dont le caractère était difficile, et les deux artistes, qui s'étaient engagés observer le contrat sous peine « d'emprisonnement et incarceraon •; cette interruption eut plus vraisemblablement une autre Cause sur laquelle je reviendrai bientôt. Les parties du mausolée ui Hncnl axéctttéei lurent vii^ en 1637 par quelqu'un qui écriait : « Cependant ladite daine de Luxembourg lit efflgier et arboer pour trophée des conquête* de m m lil- les enseignes et étentfds des Itoniainsdans l'église des frères Mineurs de Lons. et dez Lbole (î) et sommité fort haut du chœur dTicelle penchoit en erre et sur la cave et charnier le grand étendard (8)f ayant fait mire audit Philibert de Cbalon un monument de diverses I&eUefites Bgurea d'un beau dessin et très bien élabourëe? si lllléee a marbre qu'albâtre, lart desquelles, relevant la
lattère, avoit donné du l'envie et du désir à nos princes, même à es princes étrangers, de les posséder, étant estimées d'un bel rtiûce et jugées d'un grand prix par les plus braves seulp- Dunod, qui avait eu sous les veux, a Lourde-Saunier. Ittsleurs des statues de marbre faites par les ordres de Phi liberté e Luxembourg, dit que le tombeau de son fils ne lui pas ter- 5). Il se m avoir été de nu) me pour celai de Jean de
Ihaton. Fodéré nous apprend que des sommes importantes avaient i été dépensées • pour un grand nombre de belles et grandes
< i | Pi*e*H juaLiJIcativea, n*« 3SS-.l!iO et 3'Ji- Archives du Docte, £ 1309. u*> Li viiLitn, au vieux tr&nçati thon,
\ propos iln cet étendard, qui Aurait été réclame par les Romains, â
rge dé fonder et de doter un Impital à Lan Me- Saunier, il a couru une
nrés Usuelle deux lr gutaee en Cordelière, seraient venu»
tti ville et auraient placé ■ eu dilT+Tcnt.* endroit* di IVdîlice
[» qui ne devaient éclater qu'acres Leur départ ..r ce qui
tèteriitiria. le i août i 1*30 . un incendie qui mir&M détruit l'éigllae, le luouaairre
; ,n lui ik* la ville Mtûb ce lui le prieuré do S-oul Désiré qui fut atteint, vi
e doni il n'agit eut lieu en 1637 {Àitnwiirf tin ttrpnrtemtut tlu Jura f>onr
Hfi-117),
fat fiï., p 606-607, >tn comté tU< Bourg&çnfi, i If, p. 321.
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statues de marbre blanc de diverses figures, très bien polies, taillées et gravés (sic) après le naturel », mais elles ne furent pas placées et elles restèrent longtemps dans une chambre basse du couvent, d'où on en tira plusieurs pour les mettre autour du grand autel. Il ajoute : « Et Ton a veu l'heure qu'on les porteroit en Flandres par le commandement de l'archiduc d'Austruche (sic) qui les vouloit avoir (1). » Quoi qu'il en soit, la perte regrettable de ces œuvres d'art est une énigme (2).
Philiberte de Luxembourg vécut ainsi un peu plus de trois années à Nozeroy et à Lons-le-Saunier, absorbée par le culte de son cher mort et par le souci de ses intérêts matériels. Elle poursuivit de son mieux, soit à Naples, soit auprès de l'empereur, le recouvrement des sommes importantes dues à son fils et se préoccupa de régler avec son gendre, Henri, comte de Nassau, les questions relatives à la succession échue au jeune René. Dans le principe, les relations entre Nassau et Philiberte furent cordiales. Henri avait écrit à sa belle-mère de lui continuer son amitié (3). Un traité était intervenu entre eux qui semblait devoir obvier à toute difficulté (4) ; les biens de la maison de Chalon étaient laissés en usufruit à la princesse, à charge par elle d'acquitter à René les frais des funérailles de Philibert et de payer ses dettes (5); Charles- Ouint la félicitait do cet accord et recommandait à son grand chambellan de se montrer conciliant et respectueux dans ses rapports avec elle (G).
(1) \arniiion historique vt (Géographique des content de l'ordre de S. François. j». 604.
2) L'église des Cordeliei s de Lons-le-Saunier renfermait encore jusqu'à la fin du di\-Jiuiii«me siècle le superbe mausolée de Jeanne de Montbéliard. premier? feinnif de Louis de Chalon. si riche en statues que la chapelle où il était avait reçu l'appellation de « chapelle de Tous les saints »>. Ce monument fut détruit en i 793 et les débris servirent à combler le gouffre où s'était engloutie en 17£ la maison de M. «le Leschaux ( Ruisset. loc. rit. p. 60.'»). Ce qui restait de* tombeaux de Philibert et de Jean de Chalon n'aurait-il pas eu le môme sort? Un dessin ou » patron » du tombeau de Philibert est cité dans un inventaire de? meublo de sa maison de l)ijon. vendus en 1543 (Archives du Doubs, E !3Ui.
(IJ) Lettre du 24 juin 1531, Archives du Doubs, E 1298.
(4) 9 août 1531. Archives du Doubs, E 1316.
(.'») 3 mai 1331. Archives du Doubs. E 1344. — Les quittances des sommes payées par Philiberte de Luxembourg pour les funérailles du prince, qui devraient 61 iv aux Archives du Doubs. E 1309. semblent avoir disparu.
<»*>> Lettre du 26 juin 1331, Picces justificatives. n> 387: Archives du Doui>. E li"J8: Hrvuc de la COte-d'Or. t. 11. p. 325.