‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 217 sur 239 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

Bioo i ces répressions qui, il fautif dire, continuèrent après son départ du royaume et furent une conséquence de l'état de guerre auquel seule mit tin la conclusion de la paix avec les Vénitiens. Mais ofl Certain nombre d'actes de Philibert sont là pour faire justice de cette imputation ; d abord ses efforts* demeurés stériles, il est vrai, pour arrêter les horreurs du sac de Rouie, sa conduite à l'égard des femmes delà Matrice, qu'il fit enfermer dans les église» aliu île les soustraire aux fureurs de se* soldats victorieux (1) ; son dévouement pour ceux de ses hommes qui! sauva, au péril de sa \ie, d&Bfi les défilés des Apennins <-!); ses touchants appels à la pitié de l'empereur en faveur de ses Espagnols mutinés, puis repentants (S) le sentiment de commisération qui lui faisait donner sur sa cassette 20 éeus a Villeneuve un ennemi prisonnier et blessé, etc (4)i

Paul Jove, qui l'avait connu, disait de lui qu'il avait un courage éopftrd, uni à la générosité française et à la iiuesse espagnole

Plus tard, Brantôme, d'après des renseignements puisé* aux meilleures sources, a fait de Philibert, dans maints endroits de m-> Fin dê$ hiwums iHmtrex* le plus bel éloge de ses vertus militaires et de ses qualités morales. Le premier, il a OU le courage ou le bon sens de le disculper de l'accusation imméritée de trahison portée contre lui pour avoir servi Charles-QuinL Si lïrantfune a ignoré que c'était non seulement son droit, mais i-ucore son devoir* comme sujet de l'empereur, il n'hésite pas à déclarer que c'est François lr qui. par sa maladresse, — non pas a la suite du prétendu affront qu'il lui aurait fait à Fontainebleau, mais par I injuste confiscation de la principauté d'Orange, — le jeta dttf |ei brtfl dis I0B adversaire, lequel i bien gasté fust il esté s'il Peint reffusé ». De son aveu, le roi reconnut plus tard sa faute. Pour

(li Voir plus haut, p. £37.

fdL, p. 2^9.

(S) td.t p. a» 4 ûi 409,

(4) hLt p. ISO. note 8,

(5) Efoyia lift, tutti bêllica ctrlufa ittttJJrtM, L VI, p 194-195 ; « .,. gallica olacritate belli cupîdna..* itranuui et acer bellalor,., * — AL * Àveva queslo principe un cow Je lion par do; tua Libérai* alla franceac et aïguaûto aatulo alla ewpaguuolo,. » (Totte Ptomigueft, daa« Ro*fc:o, p, SU)

le célèbre écrivain, Philibert était un c gallant homme (1) »... « c'estoit le prince du monde le plus libéral et affable et, pour ce, fort aymé d'un chascun (2). »

Au point de vue des armes, il professe pour lui une véritable admiration. Sous sa plume, les épithètes de vaillant, de brave et de très brave reviennent à chaque instant. A propos de sa retraite de Troia, il le proclame le « non pair de la Flandres (3) de ce temps la » ; il vante ses « beaux debvoirs de guerre avecques une fort petite armée » (4). A Florence, à Rome et à Naples, il avait entendu dire à de vieux capitaines, soldats et habitants que, dans toutes les batailles auxquelles le prince avait pris part, il avait • tous jours très bien faict » ; dans les sièges comme dans les combats, son courage égalait son coup d'œii et son habileté; c il estoit si ardant a parvenir à Testât et perfection d'un grand capitaine qu'il ne s'estonnoit nullement a tous hazardz, non plus que le moindre soldat des siens » (5); il ne reculait pas devant le danger, ainsi qu'il le montra à Gavinana, quand il lui eût été facile de demeurer en son camp, de se contenter de diriger les opérations et d'en confier le commandement à Maramaldo, par exemple (6>: bref, Brantôme conclut que si la mort n'avait pas frappé prématurément le prince, il « eust esté un des parfaicts capitaines du monde » (7i. On ne saurait mieux dire. m

Ses éminents service* lui avaient surtout valu des honneurs : les titres de vice-roi de Naples. de duc de (iravina, de prince de Melû. de lieutenant général de l'empereur en Italie, etc. D'importants avantages pécuniaire? semblaient attachés à ces fonctions et à ces qualités. Comme capitaine général de l'armée, il devait recevoir f».(>00 ducats par an; comme vice-roi. 10,000: comme capitaine de cent lances. I.(HK): comme duc de (iravina et prince de Melti. dignités qui lui avaient été conférées in extremis. 20,000: en réeompensede sa victoire «outre les Français à A versa, il avait eu

ii T. I. j.. 24».

.*■ Ihul. , p. 243

(.1} |.*i llr.iiitAmi' lait «le IMnliiir! in Fi.i:mnd, ailleurs ft I, p.âtt), un Bourguignon.

<♦> T. VII, p. 27i ^5i T I. p. -iJ.

<6> Ittui.

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