CHAPITRE XXI
ou devait avoir H,WG0 ducats, une part sur la gratification de K) ducal* accordée tant à lui qu'aux officiers et aux soldats hlrsses à la suite de la rébellion de Matera et de Gravina En résume m moment de sa mort, ses traitements, ses revenus et les av qu'il avait faites pour If payement des troupes atteignaient, depuis le liî janvier 1527. la somme énorme de 130,244 ducats, sur laquelle il lui en était redû 63,768 il). Si à cela on ajoute les '0 livres que François I" s était bien gardé de lui paver. KHU prétexte de trahison, et la perte de ses biens en France, on verra ce que lui coûta* outre la liberté et la vie, son dévouement à la cause fi<* I empereur. Il est bon d'iiisish-r h-dessus. afin de montrer les profils qu'il retira de la guerre et combien peu fut pour lui lucratif le métier de ■ chef de brigands »t
J'aï prouvé ailleurs que non seulement Philibert n'eut pas sa part dee dépouilleti le Itome en 1527, mais que c'est grâce À lui qu'une partie des i iebesses des archive- M de la bibliothèque du Vatican 001 été sauvées, ce qui suffirait à lui mériter à jamais li reconnaissance du monde savant.
■intéresse pour lui, il se faisait pressant jusqu'aux dernières liiniles dès qu'il s'agissait de ses capitaines et de ses soldats. Ses tottres témoignent de bs rare sollicitude pour eux. Mieux que Charles-IJiiiut et que Clément VU, il avait compris que. pour obtenir de tous le maximum d*efltortâ nécessaire en des guerres entreprises dans des conditions aussi défavorables que possible, il fallait assurer le sort matériel des UQâ et encourager le* autres par fappatdes récompenses. C'est parée qu'il ne lui [>is -ulU»;Nument tenu coin pLe de ses incessantes remontrances, c*est aussi parce çue des engagements d'honneur furent violés» que les actes regrettables qui ont contribué A jeter le discrédit sur le nom de Philibert le produisirent* On ne l'en considérera plus maintenant, je l'espère, comme l'auteur responsable; on reconnaîtra penUêlra même qu'en se portant, aux moments critiques* garant pour le pape et pouf l'empe reur» en parant par des emprunts aux difficultés Limité dm tes, il a su prévenir d'autres ex> Il était « fort ay nié d'un ebascun >.a dit llrantonie. C'est vrai.
«la DouU, IS 1301 et 1309.
sauf pour du Guast, qui le jalousait, mais dont il ne se plaignait pas cependant, ainsi qu'il eût pu le faire, ce qui est l'indice d'une singulière bonté. Ses capitaines et son entourage avaient en lai moins un chef qu'un protecteur dévoué et un ami sincère. Il ne négligeait aucune occasion de les recommander à la bienveillant de Charles-Uuint; il les associait volontiers à ses fêtes et à ses distractions. Tamis, Hess, Chantrans, Dinteville et Montbardon partageaient ses jeux. Généreux, il savait à propos ouvrir largement la main, soit pour gratifier ceux de ses soldats qui avaient fait quelque action d'éclat, soit pour consoler les blessés (!). Ce sont les principales causes de l'ascendant moral qu'il exerçait sur ses troupes; cela explique pourquoi il a été un véritable entraîneur d'hommes, pourquoi, avec des forces relativement minimes et des ressources restreintes, il est arrivé à faire d'aussi grandes choses.
Il n'était pas moins habile à traiter les affaires qu'à manier lépée. Si on ne le jugeait que d après la plupart de ses lettres, on se tromperait tout à fait sur son compte; on le prendrait uniquement pour un homme de guerre, d'une culture intellectuelle au-dessous de la moyenne. Mais, parmi ces lettres mêmes, il y en a qui dénotent un remarquable bon sens. Ses instructions, presque toutes de sa main, révèlent un esprit délié et très fin; elles n'auraient pas ét<; désavouées par bien des diplomates de son temps. L'empereur l'avait deviné ainsi et lui avait confié les négociations les plus délicates, toujours il s'en était tiré avec un talent qui lui avait valu les félicitations et les remerciements du souverain. La détection d'André Doriaet le traité de Barcelone furent en partie son œuvre. Seulement il ne cherchait pas à exceller dans l'art, si difficile pour quelques-uns, de dissimuler sa pensée; il l'exprimait à Charles-Ouint avec une franchise respectueuse, mais absolue: tel Sully av»'C Henri IV. Il jugeait que la droiture est la meilleure des politiques.
Cette droiture, il Ta poussée au suprême degré. Souvent, à n'en pas douter, elle ne dut pas être du goût du puissant empereur, devant qui tous s'inclinaient, mais il ne faut pas oublier que de?
(1) Lii 1» avril l."»27. rV'oniipeiise « à un homme qui est entré le premier dans un i-liiMraii qut* Mon>r print d'assaut. — 50 escus pour distribuer pif ordre do Moiw aux chevaux-légers ». Journal, dans Clurc, p. 63, etc.