‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 3 sur 239 · H PRÉFACE · texte numérisé non relu

H PRÉFACE

Louis XII, principalement de ce dernier, qui, par sa droiture, laquelle n'excluait pas une certaine habileté, s'était ménagé un précieux auxiliaire en Jean de Chalon, le père de Philibert.

C'était d'ailleurs l'avis des esprits sensés de cette époque. Un peu plus tard, Brantôme écrivait ces lignes significatives: « Il y a eu trois renégats en France, qui lui ont bien porté du dommage : feu M. de Bourbon (1), Hieronimo Mouron (2) et le seigneur André Dorio (3). Aucuns y ont mis le prince d'Orange, mal a propos pourtant, car ce fut la faute du roy, qui ne se servist de luy, comme j'ay dist ailleurs. Aussi le roy François le disoit. Les fruietz s'en sont apparus, sans que je les die (4). »

Ce jugement est des plus équitables. C'est faute d'avoir suffisamment recherché qui il était, quel fut le mobile de ses actes; c'est pour n'avoir vu que les effets et non les causes que certains écrivains, même parmi les plus éminents, l'ont considéré comme un aventurier, une sorte de complice du connétable de Bourbon. Michèle t a élé pour lui plus sévère encore; dans son Histoire de France, il le qualifie purement et simplement de chef de brigands (5). Par contre, des érudits, fascinés par ses exploits militaires, entraînés par un patriotisme local très respectable, ont fait de lui un héros. Il ne fut ni un aventurier ni un traître, encore moins un chef de brigands. La mort, qui le frappa en pleine jeunesse, à peine au sortir de l'adolescence, ne lui laissa pas le temps de devenir un héros dans toute l'acception du mot, mais il fut plus qu'un vaillant soldat, et il mérite d'être regardé comme un des grands capitaines du seizième siècle. En tout cas, ce n'est pas une

(1) Lo connétable de Bourbon.

(2) Jérôme Morone, dont nous retrouverons souvent le nom plus loin.

(3) Le célèbre amiral génois André Doria.

(4) Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantôme, éd. de la Société de l'histoire de France, publiée par Ludo\ic Lalanne, t. H, p. 32, et t. I, p. 240.

(o) « Le prince d'Orange, le chef des brigands italiens, qui, derrière les barbares, traîtreusement avaient pillé Rome. » (Éd. Marpon et Flammarion, t. X, p. 269.)

PBÉFACE

pky&ioooraic baoale; j'eepère faire part&( e impression

ix qui voudront bien lire sa biographie, à peine es(jm

Avant de la présenter au lecteur, je dois, à des titres divers, exprimer ma reconnaissance à M. le duc de BauttVemont au R. P. de Smedt, bollandiste, correspondant de l'Institut; I M Lisini, directeur des Ardiives da l'Étal à Sienne; à M, Claudio Ferez y Gredilla, directeur des Archives générales a Simancas; h M. Alexandre Néoustroïeff, conservateur au musée de l'Ermitage impérial, à Saint-Pétersbourg; à M. le fi Snouckaertvan Scliauburg, directeur des Arehives et de la Bibliothèque de S, M la reine des Pays-Bas; à M. Léon Dores, sous-bibliotliécaîrc au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale; a M. Bouchot, conservateur adjoint au département des estampes; h M. Gustave Macons conservateur adjoint du musée Condé, à Chantilly; à M. Jules Gauthier, archiviste du Doubs; à M. Finot* archiviste du Nord ; à M, Poëte, liîbliothécaire de la ville de Besançon; à M. Prudhoimne. archiviste do l'Isère; à M. Labande, conservateur du musée

La biographie In plus complète qui ait été autrefois donnés sut Philibert 10 à Joseph de La Pise. EIlv occupe les pages ISf-lfQ de ton TabUau d< ci de la pftltctfHntfd tïtlranije, édile en ifi'iU I

la Haye par ThéoâùfS Mu ri î r ■ fol. SOUS U titre Philibêfi dv Chaîon, M. la dire dans les Mémoirei do l'Académie de Besancon {Séance publique du i"ï août 1873) une étude qui n'a pas la prétention d'être une .jilue du [n in i d'Orange M s'est contente de résumer sa vie et s'est propose surtout de mettre eu lumière les document! les plus intéressants que lui a alitement da riche fonds de Clialou conservé aux Archives du . dons la série K. — M, L Sandre t a publié en 1889 (Paris, librairie Picard) une brochure Intitulée , Philibert de Chalont prince d'Orange, in -8° de vro-it3 pages, qui, & défaut d'autres qualités, a le mérite de faire connaître des pièces curieuses dus Lrcbjvei des Chalon appartenant à M, le prince d'Arent faisant partie du -haï trier du château d'Aruiy(Jura). — Miguel avait fait aui \i« liivi-s impériales à Vienne quelques-unes des lettres de IMn* liberl. peut Être en vue d'un*' histoire de ce prince. — Lors de mes recherche? ' ai, on, j'ai constaté l'absence d'assez nom h veux documents mentionnés par M Baboydans l'inventaire imprimé de la strie E Dans YAnnuatretiu dèpardu/urû p Lui d*< I8U, il a paru un< Certains quanti Lé

ce* • sorties d'un portefeuille d'autographe'-, recueillis par M Ûuvernov. ti, Montbélt&rd I8H. p. 147.) Le plupart avaient déjà été pu-

en t&3ô dans le tome lï de la Revu* tk la CêU-d'Qr et de VûmUmu &&mr> s, du la main de cet érndtt, est à la Bibliothèque de Besançon

iv PRÉFACE

Calvet. à Avignon; à M. Libois, archiviste du Jura; à M. Le Caeheux, ancien élève de l'Krolc française de Rome, archiviste aux Archives nationales. Je remercierai tout particulièrement M. le Dr Winter, directeur des Archives impériales à Vienne, et les savants archivistes placés sous ses ordres, surtout M. Arpad do (lyory de Nadudvar, qui, pendant mon séjour dans la capitale de l'Autriche, ont rivalisé de zèle et d'amabilité pour me faciliter mes recherches.

C'est grâce à la complaisance de ces hauts personnages, des fonctionnaires de ces différentes administrations et de ces érudits que je puis aujourd'hui donner de Philibert de Chalon une biographie plus complète que celles qui ont été publiées par mes devanciers. Je ne me dissimule pas qu'elle ne sera pas sans lacunes et sans erreurs. J'accueillerai avec empressement les renseignements qui me permettront dercctilierles unes et de combler les autres.

Les lettres de Philibert, dont quelques-unes sont réellement admirables, ont été imprimées à petit nombre par l'Académie royale d'histoire de Madrid. Je prie celte illustre Compagnie et le H. P. Kiilel Fila, qui m'a servi de commissaire, de vouloir bien agréer l'expression de ma sincère reconnaissance.

;i avril iSMtt.

fait/Ut UT OÊ PHILIBËJ1T DE CHAi

conservé uti musé* impérial de PËmiitage.

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