‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 30 sur 239 · S4 PHILIBERT DE CHAL · texte numérisé non relu

S4 PHILIBERT DE CHAL

de set services, lai confia le commandement de troupes destinées à opérer en Italie et à rejoindre en Provence le connétable de Bourbon, qui était renu assiéger Marseille. Hugues de Moncade devait soutenir l'attaque du côté de la mer que le Génois André Doria. passé à la France, cherchait à défendre.

Le 30 mai < I). Philibert, arec plusieurs gentilshommes comtois, partit de Burgos, où était l'empereur < 2». et s'embarqua à Barcelone, dans l'intention de rallier la flottille de Moncade. Déjà le brigantin qu'il montait était arrivé en vue de Yillefranche près Nice, où évoluaient des galères. Les navires français et les navires espagnols étaient à une distance d'une à deux lieues les uns des autres. Philibert ignorait si bien leurs positions respectives qu'il croyait se trouver au milieu de ces derniers. Dès qu'il s'aperçut de son erreur, il essaya de se soustraire au danger qui le menaçait, mais il était trop tard. Cerné de tous côtés, il fut fait prisonnier et remis à l'amiral La Fayette, qui, il faut lui rendre cette justice, se montra pour lui plein de prévenances (3).

C'est de Yillefranche même que le prince annonça à sa mère la fâcheuse nouvelle. La lettre qu'il lui fit tenir à cette occasion, le 5 juillet, dénote chez Philibert un accablement profond. 11 considère sa capture comme « ung des plus gros maleurs du monde ». Il n'était pas sans se douter qu'elle serait agréable à François I" et que celui-ci lui ferait expier durement les griefs qu'il avait contre lui. En souhaitant à sa mère « plus de plaisir et meilleure vie • qu'il n'espérait avoir de longtemps, il la suppliait d'intercéder auprès de l'empereur pour tâcher d'obtenir sa mise en liberté (4).

Frappée dans ses plus chères affections, Philiberte de Luxembourg se hâta d'écrire, le 24 juillet, à l'archiduchesse Marguerite et probablement aussi à Charles-Quint. Dès le 45 août, Marguerite lui répondait pour la consoler, l'exhorter à la patience et lui promettre son appui et celui de l'empereur (5); huit jours plus

(1, Otte date nous est fournie par une lettre de Sampson au cardinal Wolsey, datée de Burgos, le 4 juin Bhewer, p. 171).

(t) (fACiUHu, Journal des voyages de Charles-Quint, t. I, p. 69.

(3; La capture du prince eut lieu le 4 juillet (lettre de Paca au cardinal Wolsey, datée de Saint-Laurent « en Provence », du 5 juillet, dans Brewer, p. 171). Pace dit qu'il fut fait prisonnier par sa propre faute.

(4) Pièces justilicatives, n° 34; Archives du chùteau d'Arlay ; Saxdret, p. 94-95.

(5) Archives du Nord, Lettres missives, portefeuille 48; minute.

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