CHAPITRE III
priait <¥y faire npportt?r des adoucissements, ou mieux encore de lui renvoyer par rançon ou par échtnge, ce qui lui fournirait
<n de lui être figréabte «ï elle et au roi ( I i. Philibert était une trop bonne proie; Louise tenait partïculièrent a la garder, tout le prouve; mais, comme dans IHatérèt de sud
n'osait | lier trop ouvertement à l'empereur, elle lut
■orda un semblant de satisfaction. De la tour de Bourges elle fit DfKlW le prince au château de Lusignan et donna des ordres ur que Ton se montrai un peu moine dur pour lui. Ce transfert ï lieu dans le courant «I avril, âftf, le -2-> cil ce moist Philibert ïtrait à sa mère qu'il venait d'arriver, t Monsf du VigenU disait- &"«st de tant plus essayé a nie fere bon tr élément que (iabriel «in Ch astre prenoyt plaisir a le me fere mauvays (f). * Mais les irds que du Vigean paraissait lui témoigner n'avaient pas beauip de prise sur ee cœur ulcéré. À Lusiguan, ainsi qu'à liuurges, ilibert restait l'ennemi irréconciliable de la France. Dans ses moires* Brantôme raconte tenir des mortes-payes ou soldats ré* mes du château qui le gardaient f qu'ordinairement il en dit pis que pendre ► (de la France S. Les parties blanches des mu- Iles, il les couvrait d inscriptions injurieuses pour les França if. l'écho de leurt défaites lui parvenait dans sa prison, * il en oit perdu de joye < ; quand il apprenait un de leurs succès, il en lit « désespéré de deuil • (3).
1) Lettre de Bagues Marinier à l'archiduchesse Marguerite, du 13 avril ; Arwm du Nord, Lettres missives, portefeuille Sfl.
tau justificatives, n* 49; Bibliothèque de Tïesaaçoo, collection huver-
Y* copie; Revue de ta CôU-d'Ort t IL P- 3i)'i: Annuaire du département du
w tS-li* p. ISS. — Cf. udc lettre de Pliiliberte à l'archiduchesse Mur-
«rite, en d*le du £3 avril. Elle lui annonce l'arrivée de «on fils à Lusitfnan et
forme fui reiupereur lui fait part dd «es démarches auprès du connétable,
Lannoy el de la régente, el de son ferme espoir de voir le prince bientôt
; la liberté, (Archivai du Nord, Lettres misai ves, portefeuille 50 )
1, p. Ïî4. — Etalon M. SaodreL qui donne ce renseignement d'après le
moire manuscrit d'Abry d'Arcier, Philibert aurait utilité sA charmé les loisirs
sa captivité tfl khd posant, avec la collaboration da son secrétaire I
niunet, sieur du Nant, qui partageait sa prison, une histoire dei grands
itaine^ de son temps, qu'il compléta plus tard. * [Jue copie manuscrite de
Le liiHtoi™, dit le mémoire, se trouvait dans les archives de Montrichan! ta
: onlenay IL n'y a guère que des Italiens et des Espagnols, moins
itn«%qu'd élève au-dessus des capitaines français. H ne parle de François I"
nie d'un soldat ayanl les vices du peuple L'amiral Dona, malgré ses
ilents, ne lui parait qu'un corsaire, qui faisait la guerre par avarir-e. -
Ainsi que je l'ai dit plus haut et ainsi que le prouve ta correspon*
Cî PHILIBERT DE CHALON
Ces démonstrations de haine et ces intempérances de langage avaient eu un écho au dehors. Peut-être avaient-elles encore été exagérées. Au cours des démarches faites pour son élargissement, le maréchal de Montmorency en fit part à l'empereur. On reprochait notamment à Philibert d'avoir dit qu'il était le serviteur du connétable et qu'il le servirait envers et contre tous. La régente avait été informée de ce propos, qui devait lui être fort désagréable; aussi ne manqua-t-elle pas d'en faire un grief à son prisonnier. Mais le prince protesta avec indignation, déclarant que celui qui le lui avait rapporté avait c menty par la gorge », qu'il le mettait au défi d'en prouver l'exactitude, qu'il était plus homme de bien que lui, que du Vigean pouvait l'attester; enfin, il demandait à être confronté avec le « menteur » (1). Ses protestations furent vaines, car les négociations de Uœux avec la régente échouèrent, comme Charles-Quint semble l'avoir prévu (2), et, paraît-il, contre le désir de François Ier (3). Conformément aux instructions qu'il avait reçues de l'empereur, Lannoy reprit l'affaire, mais, maintenant, avec le roi. Par lettre du 31 août, il lui demandait d'intervenir auprès de la régente, sa mère, afin qu'elle mit Philibert en liberté sur parole, sous condition qu'il retournât près d'elle quand il en serait r°quis. Il ajoutait que l'empereur comptait beaucoup sur l'efficacité de cette démarche, qu'il voudrait bien renouveler, après celle qu'il avait déjà faite à ce sujet (4).
Une fois de plus, Lannoy put croire être parvenu à un résultat. La duchesse d'Angouléme fit, à la vérité, sortir Philibert de la prison de Lusignan; seulement, ce fut pour le faire incarcérer dans une autre, car elle ne jugeait pas que l'heure de la délivrance eût
dance autographe de Philibert, ce prince ne mo semble pas avoir été suffisamment lettré pour avoir écrit cette histoire. Elle fut plutôt rédigée pour son instruction par Pierre Montanet. qui a laissé un livre intitulé : Politique des princes d' Allemagne, et publié a Bruxelles en 1533 et 1540.
(\) Lettre du 20 septembre 1525: Archives impériales à Vienne, P A 92, autographe: Archives du royaume à Bruxelles, Papiers d'État, reg. 412, fol. 45, copie: Pièces justificatives, n° 52.
ii) D'une lettre de Brion et de Joaehim de Vaux, du 18 août, analysée par Brrweh p. 711), il semble résulter que Philibert devait être systématiquement exclu de tout échange de prisonniers.
<3) « Le roy de Franco n'a esté obey en ce qu'il avoit accordé touchant la délivrance de M. le prince. «(Lettre de Hugues Marmier à l'archiduchesse Marguerite. 16 mai 1525: Archives du Nord, Lettres missives, portefeuille 50.)
(4) Champollion-Figeac, loc. cit., p. 306-307.