CHAPITRE III
pour lui. Elle décida qu'il viendrait la rejoindre à Lyon, à son retour du Midi, où elle avait accompagné sa fille Marguerite
• re&diH eu Ksp a gne, afin de négocier la rançon duroLNançay
avait été désigné pour conduire le prince à Lyon, Des la fin de
septembre, son arrivée était considérée comme imminente (l).
Il n'y fut cependant amené qu'en novembre. Dans une le tire
du 14, il Tait savoir à l'empereur qu'il avait clé présente à la duchesse (TAngouléme, qu'il avait été* fort bien reçu par elle, que Cet accueil, il le devait plutôt à sa recommandation qu'aux sympathies personnelles de la régente. On y voit que s'il avait eu des illusions sur sa générosité et que s'il avait espéré toucher bientôt au terme de sa captivité, il n'avait pas tardé à reconnu (Ire son erreur. De nouveau il faisait appel aux bons offices de Charles-Quint I i) Philibert fut donc enfermé au château qu'occupait la mère du roi. Sa détention â Lyon n'eut pas le caractère odieux qu'elle reviMit | Bourges et même à Lusignan, mais elle n'en était pas moins rigoureuse. Louis de Praet, chambellan de l'empereur, qui le vit i Lyon au moment où il poursuivait avec la duchesse
gQUlégne son échange contre Henri d'AlbreL fa il. prisonnier à la bataille de Pavie, informait son maître que le prince soupirait de plut en plus ardemment après sa liberté, et non sans cause, # car, disait-il, il est logié en ung très mauvais et 1res maupïaisant heu **t despend ung merveilleux argent, tant a des gardes;... et 4 autre pari luy semble que si Voslre Majesté et le roy ne s'uppuineju il sera taillé de y faire long séjour. Et a la vérité, je m'aper-
btef) *\ui[ n'est gui ères en grâce de ladicte régente (3)... *
Tout ce que Philibert put obtenir depuis son transfèrement à Lyon,
ut d'écrire à l'empereur pour lui soumettre des propositions
d'échange. Le principal obstacle au succès des négociations en
cours jusque-là provenait de ce que Charles-Quint exigeait de
il Albret une renonciation à la couronne de Navarre. Celle
do Philippe de Chabot, sieur de Brion. au roi, dans CjumjolUôK' ' > p Mo, sous la datr* du i\ septembre liiiS.
ives, n» 53; i\rchU*ei impériales à Vienne, V À 92, aulogr*j»lte; Archives du royaume à Bruxelles, Papiers d'État, reg, lit, fol 74.
Lettre du II novembre 15Î5: Pièces justificative», a- 5*, Archives du ui elles. copie Documents historique», t. lit, fol. IX» ; L^zjlarret- <ii du* kaittfi Karl \\ l. I, p. 181-1S6, n* 78,
condition ne semblait pas acceptable à Louise de Savoie et à son Conseil, qui objectaient assez justement que si elle engageait Henri, ses frères pouvaient bien refuser de s'y soumettre.
Pour des raisons personnelles, le prince d'Orange priait l'empereur de ne pas insister sur la question de renonciation et de rendre Henri d'Albret à la liberté, moyennant le payement d'une rançon qui serait versée au marquis de Pescaire, de demander sa délivrance, à lui, sans rançon, ou d'autoriser Louis de Praet à en fixer la somme, d'accord avec lui, si elle était requise. Enfin, au cas où il ne consentirait pas à faire sortir de prison Henri d'Albret sans renonciation, il le suppliait de faire une tentative auprès de François I" et de la duchesse d'Alençon, pour qu'ils obtinssent de la régente la permission de le laisser aller le trouver sur parole, au besoin de lui adresser à ce sujet des lettres « ung petit roides et fermes (1) ». Louis de Praet écrivit à Charles-Quint dans le même sens, en ajoutant que le moment était d'autant mieux choisi que la duchesse avait besoin de faire prolonger son sauf-conduit (2). La brusque évasion de Pavie de Henri d'Albret interrompit les pourparlers entamés sur cette base (3).
Philibert fut-il informé de cette évasion? Je ne saurais le dire. Ce qui est certain, c'est que, exaspéré de se voir le jouet et la victime de son intraitable ennemie, il résolut, à son tour, de reconquérir sa liberté. Dans ce but, il mit dans sa confidence et ses intérêts des serviteurs qui lui étaient tout dévoués.
Le 29 décembre, il fut, sous bonne escorte, conduit auprès de la régente; il passa toute la journée avec elle. Pendant ce temps, ses gens faisaient les préparatifs nécessaires pour sa fuite, projetée pour la nuit suivante. La chambre affectée au prince était audessus d'une espèce de caveau taillé dans le roc, mais l'épaisseur de la couche de pierre séparant l'un de l'autre était telle qu'il ne serait jamais venu à personne l'idée qu'il lût facile d'y pratiquer
(1) Lettre du 14 novembre 152o; Pièces justificatives, n° 53: Archives impériales a Vienne, P A 92, autographe; Archives du royaume & Bruxelles, Papiers d'Ktat, reg. 412, fol. 74, copie.
(2) Le 14 novembre; Pièces justificatives, n° 54; Archives du royaume à Bruxelles, Documents historiques, t III. fol. 133. copie; L a ni, Correspond en z des Kaiser* Karl V, t. I, p. 184-186, n° 78.
(3) Sur cette évasion, voir la lettre au cardinal Wolsey, publiée par Champollion-Figeac, Captivité du roi François Ier, p. 459-460.