‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 36 sur 239 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

tjoti des paysans, un des précurseurs du socialisme moderne. Eq 1524, Guillaume Farel avait donné, à Montbéliard, le signal de la révolte contre les dogmes et les pratiques du catholicisme; il y était sinon encouragé, au moins soutenu par le duc Ulrich de Wurtemberg, souverain du comté, qui penchait pour le luthéranisme, i La Réforme, dit Rougebief, commençait à. gagner [3 es ancoq, IVmlarlier, Ornans, Salins, Arbois, Lons-le-Saunier,Nozeroy, \mour. Jougne, VcsouL Luzeuit, Jonvelle, Gonflant, Àmance ,i à*wtrea localités, et quand éclata la guerre des paysans, les idée* nouvelles étaient assez répandues en Franche-Comté (1). > Comme en Allemagne* les paysans comtois et montbéliardais se révoltèrent contre la noblesse et le clergé; ils voulurent avoir leur jacquerie, et, renforcés par ceux des Allemands qui, après la débite deîlnnzer. avaient cherché un asile dans la Comté et dans le pays d* M>mtbëliard, « à Grammont, à Dampierre-stir-Doubs, à Malhay, |£ insurgés exercèrent les droits du vainqueur; ils pillèrent l'abbaye de Uelchamp* ils mirent à rançon le chapitre de Saint-Muinfaa?ul[de Montbéliard] ; ils inquiétèrent les monastères de LieucroistanULnnthenans, Saint* Valbert* Bilhaine et les campagnes avoïsinaot Héncourt, Lure, Vesoul, Grandes, Faucogney* Les nobles du pays, parmi lesquels on remarque le comte de la ltoche*Saint-Hipoolyte, les sires de Longepierre, de Ray, de Beau regard, François

Ktboîs et l'archevêque de Besançon lui-même, montèrent à val pour dompter l'insurrection ; ils se jetèrent à la poursuite des piyians, les atteignirent une première fois entre les villages de Fresse et Ternuay, puis à Monlbozon, puis à quelque distance de VilkiM.'\el. et ne parvinrent qu'après bien des efforts à les diyperser t2), »

Comme on le voit, la situation était grave, et, dans cette occurrence, c'est vers Philibertede Luxembourg que le Parlement de Dole se tournait encore» Le 2 mai 15*6, il lui écrivait que l'affaire était * de grosse importance et de pire conséquence, requérant célérité », qu'en l'absence de son (ils, il lui appartenait de pourvoir à luleales éventualités (8). Sous une autre forme, la même requête

[\ihttuin' (^ ta Franche-Comte ancienne et modentt, p< 422.

— Voir aussi Gollut, éd. Duverooy, ecA. Î584. (i)Ctnc, Philibert de Chaton, p. 48, Pièces justificatives, IL

lui était adressée par les gouverneurs (1) et par le chapitre de Besançon (2).

Depuis la confiscation définitive de la principauté d'Orange, en 4522, son sort lut bien différent de ce qu'il était sous la paisible domination des Chalon. La peste y sévissait, il y avait longtemps; la ville était dépeuplée et ruinée, ainsi que l'exposent, en 1523, à leur ancien prince les syndics et les conseillers d'Orange (3). On se demande à quel titre, car ils n'ignoraient pas qu'ils avaient changé de maître, puisque, déjà au mois de juin 1522, ils avaient décidé d'envoyer à la maréchale de Châtillon un présent de la valeur de 10 à 12 écus. Il s'agissait d'obtenir son intervention pour que la ville ne fût pas occupée par les troupes du roi (4). Un premier vœu dans ce sens avait été émis le 27 avril 1522(5). Cette tentative, renouvelée plus tard auprès d'elle et accompagnée, cette fois, d'une quantité Tort respectable de confitures de Marseille, — il n'y en avait pas pour moins de 32 écus, — n'eut pas plus de succès que celles qui furent faites auprès du maréchal de Montmorency et auprès de Bayard (6).

Des gens d'armes du chevalier sans peur et sans reproche vinrent tenir garnison à Orange. Il fallut les nourrir et les payer, trop contents encore les habitants quand ils n'étaient pas molestés par les soudards (7). Lorsque les finances de la ville étaient épuisées, le trésorier était invité à faire de ses deniers personnels les avances nécessaires (8), et, comme si ce n'eût pas été suffisant, 4,000 bombardiers, qui avaient causé les plus grands dégâts à ChAteauneuf

(1 ) Dans une lettre & Philiherte. les gouverneurs de Besançon mettent à st disposition quatre canons et deux tonnelets de poudre. (Archives du Doubs, £ Chalon, supplément 1.)

(2) Voir Pièces justificatives, n° 55; Archives du Doubs, E Chalon, supplément 1. — Les nombreux documents relatifs à l'introduction de la Réforme dans le pays de Montbéliard et à la guerre des paysans en Franche-Comté, conservés dans le carton E Chalon, supplément 1, sont du plus haut intérêt. Os ont été utilisés par M. John Viénot, dans son Histoire dé la Réforme dans \* pays de Montbéliard, 2 vol. in-8°.

(3) Archives municipales d'Orange, AA 11, mémoire au prince.

(4) îbid.y BB 11, registre des délibérations municipales, fol. 53.

(5) Cf. ibidt fol. 38.

(6) BB 21, fol. 62 (15 décembre 4522).

(7) Ibid., fol. 63 (21 décembre 1522).

(8) Ibid., fol. 72 (7 mai 1523)

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