CHAPITRE IV
de s'enrôler, ïl ût part de son projet à l'empereur, qui, par une lettre arrivée à Nozeroy* le 5 novembre au soir, lui mandait de rejoindre Bourbon en Italie (4),
Son journal, publié d'abord par M. le président Clerc (2), ensuite par AnL-Dom. I*ierrugues(3j, nous fournit, sauf um- lacune pour les de septembre et d octobre 1527, pour l'année 1529 et le premier semestre d< 1830, de« détails très curieux sur son itinéraire et sur quelques particularités de son existence depuis ce jour jusqu'à la (in de sa vie- Il nous servira souvent de guide dans la chevauchée folle qu'il fit parla Franc he*Comtc\ l'Alsace, la Furet- Noire, le Wurtemberg la Bavière, le Tyrol et l'Italie.
A première vue, son itinéraire paraîtra étrange, et Ton pourrait
nier que, pour se rendre en Italie, il eut traversé ces cliv i -^>
fis et non pas la Savoie ou la Suisse, par ouïe trajet eût été bien
plus court. Mat* alors la Savoie était pays neutre, ainsi qu'il a été
dit plus haut, et les Suisses venaient d'adhérer à la ligue conclue
entre François I*\ Ludovic Sforza, duc de Milan, la république de
Venise et le pape Clément VU. Henri YIU, roi d'Angleterre, en était
le protecteur; le pape en était le chef réel. Publiée le 8 juillet,
cette ligue avait pour principal but de chasser du Milanais et du
lurue de Naples les troupes de l'empereur.
Four subvenir aux dépenses de sa nouvelle campagne, Philibert un ■ x i prudemment de 6,800 écus d or. dont une partie provenait de I impôt levé sur ses sujets à raison de sa captivité (4). Il confiait <*n même temps à la princesse d'Urange l'administration de ses seigneuries (;>>,
Le mardi C novembre 1520, il embrassa pour la dernière fois
«tir aux PléCéâ justificatives. Û* (53, Archives impériales a Vienne, I* A 18, ■ de PhUibtirte de Luxembourg à l'archiduchesse Marguerite, en date «lu (2 novembre 13-'»
oni«rvé mi* Archives du houbs (E 1289), en 2 vol. M. te président Clerc en a tait au point de vue historique nu dûpouilLuriient trèi cou6tiiuni.-ie-ii.iL. m ju*lilicativ?s, Y i
! ^7, petit in-80 de 37 page», — La publication do M. Piermgues tient pas Mitra chose «jn'un dèui&npiagc de ceJJe dr M QefC, J'ai dévoilr son imposture dans la BièUothèqw d$ i Écuie de* ehnitt*, t LIV, 1006g p. 150-1 M, Les n-oviiia se rapportent a la publication de M. CJurc <4| Archivée du Donbs, E Cbakm* supph muni L
Vol? am Pièce* justificatives, a* t*if Archives du Doul>8t K 180 Lance délivrée a ta uicrt' par Philibert, la veille de sou départ
sa mère à Nozeroy et quitta le château, accompagné de son Adèle Jean de Fallerans, qui avait partagé sa captivité à Bourges et à Lusignan; de Dinteville, de ses maîtres d'hôtel Claude de Montrichard et Jean Genevois, seigneur de Chalain; de Jean de Visemal, du capitaine de Saint-Laurent, de Jean de Chantrans, écuyer, seigneur de Courbouzon; de Jean Bontemps, son secrétaire; de Jean de Guerres, son écuyer et maître d'hôtel (1). Son escorte comprenait 30 chevaux. Le soir, il arrivait à Châtillon-sous- Maîche (2), par Saint-Gorgon et Domprel, après un trajet devant lequel reculeraient, de nos jours, les plus intrépides cavaliers, même par les routes qui ont remplacé les chemins rudimentaires du seizième siècle. De Chàtillon, il dépêcha le capitaine du château, Melchior de Reinach, auprès de Frundsberg, sans doute afin de lui annoncer sa prochaine arrivée et lui demander où il devait le rejoindre. Le lendemain, il était à FJorimont, dans le comté de Ferrette; le 8, à Brisach; il y traversait le Rhin pour aller à Fribourg en Brisgau, où nous le voyons le 9; le 10, il était à Schônwald et à Pfelling; le il, à Stockach; le 43, à Wangen; le 45, à Bichlbach; le 46, à Innsbruck; le 47, à Steinach; le 48, à Klausen et à Botzen (3). C'est dans cette ville et à Méran qu'était alors concentrée une partie des troupes allemandes, au nombre d'environ 44,000 hommes (4). Il séjourna à Botzen jusqu'au 28, pour prendre contact avec l'armée à laquelle il appartenait désormais, et
(1) Au cours de ses campagnes en Italie, Philibert eut encore à son service Claude de la Baume, sieur de Saint-Sorlin, bailli d'Amont; N. de Marnix. Charles du Taillant, seigneur de Saint- Y lie; l'écuyer Canoz, Gérard do Kye, seigneur de Balançon, son grand écuyer , dont il sera souvent question plus loin sons le nom de Balançon; Il u gués de Vaux, Marc et Simon du Veruoy, Charles de Poupet, seigneur de la Chaux; Régis, Antoine de la Baume, seigneur de la Grillbnnière; N. de Gilley, N. de Saubief, N. de Marsonnay, N. de la Chapelle, N. de Marigny, Consens, N. de l'Étoile et N. de Binans (Clerc, p. 76). 11 est probable que la plupart de ces gentilshommes comtois, sans parler de ses serviteurs, firent partio de la suite du prince dès son départ de Nozeroy.
(2) De ce château, non loin de Saint-Hippolyte-sur-le-Doubs, il ne reste plus que quelques ruines. Comme tous ceux de la région, il fut dttruit pendant l'invasion suédoise.
(3) Dans le journal, ces noms do lieux, qui appartiennent au grand-durhé de Bade, au Wurtemberg, à la Bavière et au Tyrol, sont écrits Sonneval, Pelinghe, Stoc, Vangen, Pieuquelebat, Isproc, Stanech, Clouse, Poche.
(4)IIans Schctlz, Der Saeeo di Borna, Karl* V Truppen in Rom, 1527-1528. Halle, 1894, p. 82. Le travail de M. Schulz est un excellent historique de cette période des guerres d'Italie. Il résume fidèlement tous les récits contemporains et la correspondance des agents de l'empereur publiée en partie par Antonio