‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 51 sur 239 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

tfOtpee.U leur dit t qu'il failloit quilz se monstrassent tous ilx de bien (I) ►, et bravement fit continuer Tassant. -Malgré l'acharnement de la défense, elles avançaient toujours. Les ICspa- <lu Campo Saptû, les lansquen du Saint*

KspriL Les assiégés subissaient de grandes pertes, et comme les Impériaux recevaient constamment des troupes fraîches, la victoire nt'l lit plus pour eux qu'une affaire de quelques instants, Leslanstnpin nul du rempart du SainUKsprit. commencèrent à tirer contre les Romains en déroute et à ouvrir le feu contre le rh;lteau Suint-Ange. Knmerne temps, des Espagnols avaient découvert que» dans un endroit, le rempart était formé par le mur d'une maiaou dans laquelle il y avait seulement une embrasure plus lai $e qu'une meurtrière ordinaire, avec, au-dessous, une sorte de fenêtre M était masqué par des planches et recouvert de terra et rbris. A laide de pieux et de pics de fer, les Espagnole élargirent l'ouverture qui leur servit de brèche, et ils entrèrent dans li ville -

Dans sa lettre à l'amiral flhnbot, Guillaume du Bellay raconte

ruminent les détachements placés en ce moment sous les ordres de

Philibert s'introduisirent dans Rome. Le prince avait envoyé à

la recherche d'un point facilement accessible des ëelaireurs cachés

ne», In enseigne de Tannée pontificale tes ayant

vue fut tellement ellrayé que, dans sa précipitation à s*enfuir.

il vir r au milieu des troupes de Philibert Celui-ci crut à

ittaque* fit sonner l'alarme et ronger ie> ge&f en bataille.

■igné, pour échapper au danger qui le menaçait, se sauva

I ville de toute la vitesse de ses jambes. Il montrait ainsi à

l'ennemi la direction à prendre. Les Impériaux le suivirent, ill

ut par là pénétrer à Rome presque sans coup férir, car, dit du

Bellay, • les nostres, qui desja esloient partie fuyz. partie esbran-

1e*... getterent picques et sacquebuttes et prindrent la course vers

Le récit de Mon trie hard est d'accord avec celui de du Bellay au

(l> RiîlâJlon dô Moalrù iJ(ird, duns Bulletin» de t Académie royale de IhiuiclUt, je. p. 47!J

lf itfc eit>w p. 3iS ; Schulk, p. 105* »ohkj, toc tit , p 62,

sujet de la rapidité avec laquelle Rome fut occupée. « Après, dit-il, nos gens venoient assaillir la ville du costé du pont Sixte, [près] lequel le seigneur Rance, capitaine gênerai, avoit fait faire des remparcqz. Mais il n'y trouvèrent grande resistence, de sorte qu'ilz entrèrent dedens la ville, et y morut ung cardinal, parce qu'il feist quelque resistence, et estoit en habit d'homme de guerre. Ledict Montrichard n'a sceu dire son nom (4). »

Cependant le bruit de la mort de Bourbon avait transpiré parmi les troupes. Leur fureur alors ne connut plus de bornes. Une immense clameur s'éleva : « Carnage! carnage f sang! sang! Bourbon! Bourbon! » et, rendues plus féroces par la débandade des Romains, elles s'acharnaient à leur poursuite en criant : « Vengeance! vengeance! » Des massacres effroyables eurent lieu dans les rues. Autant la milice bourgeoise avait été prompte à lâcher pied, autant le courage des soldats délite du pape fut héroïque, lis se ûrent tuer presque jusqu'au dernier; le reste du détachement de Luc-Antoine Tomassoni fut détruit; des gardes suisses qui soutinrent le choc à l'obélisque, il ne demeura qu'une cinquantaine (2). Tout ce qui se rencontrait sur le passage des vainqueurs fut impitoyablement égorgé. Clément VII, pourchassé jusque dans le Vatican, n'avait eu que le temps de se réfugier au château Saint-Ange; il échappa heureusement à des coups de feu tirés sur lui pendant sa fuite. Des ambassadeurs étrangers, des cardinaux, des courtisans, des prêtres l'accompagnaient. A leur suite, et dans une confusion indescriptible, une foule énorme se précipitait, composée en grande partie de femmes et d'enfants. Le pont-Ievis s'effondra sous leur poids. Le cardinal Pucci fut blessé et relevé à demi mort; il fallut remonter dans une corbeille le cardinal camerlingue Armellini. Les uns se ruaient dans la ville par les ponts; d'autres allaient solliciter un asile chez les Colonnois, les Espagnols, les Flamands et les Allemands fixés à Rome ou dans les palais des cardinaux de l'Ara cœli (3), de Sienne (4;. Cesarini (5) et de la Val le (6); d'autres

(1) HuUelins dt l'Académie royale de Hriwelles, t. X, 2* partie, p. 479.

(t) SCHI.'LZ. p. 10G.

Ci) Cliriï>tophe Numali. général des frères prêcheurs.

(4) Jean IMccolomini.

{:')) Alexandre Ce>arini. évêque d'Alhano et de Pampelune.

(G) André delà Valle, tnèquo do Malte (lkox.\ faute, loc. cit., p. 318).

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