CHAPITRE VI
liherL que sa situation avait fini par toucher et qui, fui aussi, commençait à soupirer après la paix, l'autorisa à envoyer auprès «Je l'empereur le cardinal Alexandre Farnèse solliciter sa délivrance t>hu-ci accepta d'abord la mission, mais, sorti de prison, il refusa de s'en charger. Ce fut Martin de Portugal qui alla h sa place, en qualité de légal « laUrê (4 ). De plus, il songeait à sa succession (tua te cas ou il viendrait à mourir avant sa mise en liberté. Après en avoir conféré, le 15 juillet, avec les cardinaux, il régla, par une bulle, les dispositions à prendre pour l'élection d'un nouveau pape î
Le prince, que nous avons laissé à Eocca prior, attendant le?
it- eu repartit, le 13 juillet, pour Palombara, où nous
le trouvons jusqu'au 10. De là il se dirigea sur Ftano <le 47) el BUT
(e lih. II tomba malade dans cette localité; deux de ses
pages avaient été atteints de l'épidémie à Fiann. Des médecins,
dunt celui du grand maître de Rhodes, accoururent de Rome, avec
htnifgtaD, afln de le soigner. .Mais son indisposition fut de
courte durée, car, peu de jours après, il poursuivait sa route sur
ivico (du 25 au 27), Viterbe (le 38), Acquapendente (le 3G) et Sienne (le 31). Il semble avoir passé dans cette dernière ville juqu'au £3 novembre (3),
Ce congé, que Philibert s'était accordé sans consulter Tempereur, ces excursions loin de son armée, dans un moment ou sa présente y eût été sinon nécessaire, au moins utile, avaient plusieurs motifs : d abord des raisons de santé très justifiées par un long et pénible surmenage et par sa récente blessure; Pacte d'intUflCipUne dont il avait été naguère victime et surtout la jalousie de
tains de Bftfl lieutenants à son égard. Mette jalousie n'avait pas contribué à lui enlever l'autorité dont il avait besoin pour contenir ses troupes déjà difficilement maniables; elle n'était pas IMp paralyser ses efforts pour amener le pape à composition. Une première fois, nous I avons vu, il s'en était plaint à Charles- Quint. Lors de son séjour à Nepï, abreuvé de dégoûts, aigri par
te texte de la bulle qu'il fut chargé de remettre k Ch&rtes-Quiot mi imprimé dans Villa, p. fi9.
D ScmLij p. 134, 3 Journal, dans ClftftC, j» 6fl el 07.
la maladie, il renouvela ses doléances à l'empereur. Dans une lettre très ferme qu'il lui adressa, le 22 juillet, il lui dénonce encore les menées de ses rivaux (i); il ne lui dissimule pas qu'il eût pu c broulyer le cas » et lui susciter de sérieux embarras, qu'il ne Ta pas fait par devoir, mais qu'il a pris le parti de se retirer à Sienne en attendant sa décision. Enfin, il lui demande, en récompense de ses services, le gouvernement du duché de Milan et le titre de capitaine général, et il termine par cette déclaration énergique : c II est temps que je congnoyse par effet le bon vouloyr quy vous a pieu me montrer le temps passé (2). >
Mais au moment où Philibert de Chalon écrivait cette lettre à Charles-Quint, celui-ci avait essayé de remédier à l'anarchie qui existait dans son armée, en lui donnant un chef définitif en remplacement du connétable de Bourbon.
(1) Il s'en plaindra de nouveau plus tard, dans ses instructions à Léonard de Grimaldi pour l'empereur (7 septembre 1527). Voir Pièces justificatives, n* 78; Archives impériales à Vienne, P A 94, original signé.
(2) Pièces justificatives, n* 72; Archives impériales à Vienne, P A 94, minute.