‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 66 sur 239 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

Le duc de Ferrare n'accepte pas le commandement où chef des Impériaux. — Déplora Me situation de l'armée. — Philibert demanda à l'empereur le gouvernement du Milanais qui lui est rem*tv — Après la mort de Lannoy, il KolHeite la dignité de vice-roi de Naples qui est donnée à Hugues de Moncade. — Propres de îa ligue, — Lautrec — Condilion au pape

pour sa HUM an litierlé. — Traité entre Clément Vil et Charles-Quint et tition aver l'anme, — Le pape rentre eu possession du château fcainl- Aoge. — Il s'évade.

Pour ces hautes et difficiles fonctions, Charles-Quint avait, déjà du vivant de Bourbon, jeté les yeux sur Alphonse d'Esté, dur de Ferrare; il lui avait même envoyé des lettres de capitaine général. Ne" en 1470, le duc avait passé Ja plus grande partie de sa vie à guerroyer sur les champs de bataille d'Italie* Soit contre les Vénitiens» soit contre les troupes pontificales qu'il avait eu À combattre, il avait constamment été heureux. L'empereur avait tenu à se l'attacher, car il avait su apprécier les réels services qu'il lui avait rendus dans l'armée du connétable* En effet, non content de lui prêter le secours de sa vaillante épée, le dur était, dans maintes circonstances, on Ta vu, venu en aide aux Impériaux, en leur fournissant des subsides. Il avait pour lui l'autorité que donnent la naissance, l'ascendant de l'âge, le prestige de ses victoires passées et une influence considérable auprès des princes italiens, H était donc incontestablement l'homme de la situation. Son

i v ai t d'ailleurs été prononcé trop de fois au conseil de guerre pour que le choix fait de lui put être une surprise. Le prince

nge avait lui-même déclaré qu'il l'accepterait sans protester, -ion de Charles-Quint, du t*r juillet, lui conféra le commandement de l'armée impériale en Italie, sauf pour le territoire

IIM et les royaumes de N api es et de Sicile * Philibert lui était adjoint comme lieutenant, avec tous ses pouvoirs en son

absence. Lannoy était chargé des affaires générales et des négociations en vue de la paix.

Cette décision fut en môme temps notifiée à tous les capitaines, avec ordre de reconnaître le duc de Ferrare pour leur chef. Afin d'y préparer le prince, Charles-Quint lui écrivit le 30 juin. Comme toujours, il le remerciait de son dévouement. Il lui exposait les motifs de sa détermination, en lui demandant de s'y soumettre dans l'intérêt de sa cause. 1) l'invitait à appeler Alarcon et à écouter ses conseils, « selon que ses blancs cheveux et ses bons services, expérience et vertus le méritent », et parce qu'il « est très homme de bien ». Il lui recommandait de veiller à ce que le connétable de Bourbon reçût, à Naples ou à Milan, une sépulture digne de lui; il adressait, à ce sujet, des instructions à Lannoy et à Antoine de Ley va (1). Enfin, il terminait en promettant à Philibert de s'occuper de ses pensions, qu'il semble ne lui avoir pas payées plus régulièrement que la solde de son armée; ce qui n'est pas peu dire (2).

D'un autre côté, Henri de Nassau expédiait à Philibert, Bon beaufrère, par l'intermédiaire de Jean Bontemps. secrétaire du prince, un mémoire résumant les intentions de l'empereur touchant le commandement. Outre ce qui vient d'être dit, Philibert était informé que, dans le cas probable où le duc de Ferrare, à raison de son âge, de ses fatigues ou de motifs personnels, n'assumerait pas les fonctions dont Charles-Quint l'avait investi, elles lui seraient réservées, et que, si la paix venait à être faite avec la ligue, l'armée serait envoyée contre les Turcs et qu'il en resterait le chef. Ce mémoire contient de sages conseils au prince, surtout sur la prudence qu'il lui convient de garder dans les combats, « car l'on scet bien qu'il est »; il est exhorté à faire ses efforts pour arrivera

(1) Le corps du connétable resta inhumé au château de Gaéte, où l'on voyait encore, en 1675, son épitaphe ainsi conçue :

Francia me dio la i.bcche,

Spaxa fuersa y vextcra,

rom a me dio la morte

Y Gaeta LA 8EPOLTCRA.

(Gio -Antonio Summonte, Dell' Mttoria délia citta e regno di Napoli. Naples, 1675, in-4<\ t. III, 1. VII, p. 55.)

(2) Pièces justificatives, n° 71.

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