CHAPITRE VII
la conclusion d'une paix désirable dans l'intérêt de tous (f). Cette préoccupation de la paix se manifeste également dans une lettre de l'empereur à Philibert) datée de Yalladolid, le... juillet Elle semble sincère, plus certainement que l'émotion qu'il témoigna en apprenant la prise de Home et la nouvelle de la captivité du pape, bien qu'il eût ordonné d'interrompre les fétcg célébrées à l'occasion de la naissance de son fils Philippe II. de dire des prières publiques el des pr0C68SÏ0ll4 pour obtenir la rnis< m liberté de Clément VU. Lue injonction formelle au prince d'Griflgt eût étc plus efficace. Celui-ci l'eût exécutée, non peut-être ^uns rencontrer une grande résistance de la part de ses lieutenants, surtout de ses troupes Ohïirlcs-Uuint justifie d'ailleurs le prince des imputaliutis peu bienveillantes de François br à son égard; il le représente comme ftjaolétt pour le pape plutôt un protecteur qu'un bourreau ou un geôlier 7 puisqu'il l'empêchait d'être maltraité par les gens de guerre, et s'y étant • emploie comme vertueux etbonchrestien (S) •• II n 'était pas sans savoir que François I" et Henri VIII étaient en négociations pour conclure une alliance qui avait pour but la délivrance de Clément. Enfin il devait être fort inquiet de letat de décomposition matérielle et morale de son ai n
Cette armée était pour ses chefs une perpétuelle menace, un véritable épouvantai!. Aussi le duc de Ferrare, qui venait de s'emparer de Modène, de Reggio et de Carpi, s'empressa-til de décliner l'offre périlleuse que lui faisait l'empereur. Il le fit dire à Philibert et à Àlarcon par son ambassadeur à Home. U donnait comme prin* n pale cause de son refus l'indiscipline effrénée des troupes dont i brutales el furieuses * contre le connétable d abord, puis contre le vice-roi, le prince et le marquis du GuasL ho fanaient CTâiodre pour sa personne et son honneur. Il ne dissimulait pas, du reste, que les affaires de l'empereur en Lombardie étaient gravement compromises (4).
«tractions de Henri de Naaa&u à Jean Bontemp*. de juillet: .ve», ti- 71; Archive» du Doubs, Ë 1303 ; M partie dans Cl nue. PhH< p. 56-57, Piécea justificatives, IV.
v 71; Bibliothèque nationale, collection Dupuy, r 168. fol I — Cf. Bama, p. 146 et 147.
r Papier* *VÉtat du cardinal de GrattvttU. t. I, P- 8* *t 329. LeUri .lu * sont, dao* Villa, p, 358-259. — Laulmc, nommé ehrl en la
De son côté, Lannoy, qui n'avait réuni qu'une somme insuffisante pour le payement de l'arriéré de la solde de l'armée, n'osait pas l'apporter lui-môme à Rome, ainsi qu'il s'y était engagé. U savait que le reste ne serait pas fourni en temps opportun et que, le 12 août, les Impériaux avaient décidé de partir, le 15, pour le royaume de Naples. Il ne voulait pas s'exposer à perdre la liberté ou la vie.
Il jugea plus sage de déléguer à Rome à sa place le marquis du Guast et de lui donner pouvoir à lui et à Alarcon de négocier en son nom un emprunt de 250,000 ducats. Il espérait que du Guast. par des promesses et la distribution de quelque argent, aurait assez d'influence pour apaiser l'irritation des troupes. Mais du Guast ne se prêta qu'avec peine à cette combinaison. Lui aussi était furieux de n'avoir pas été compris dans les faveurs de l'empereur. Cependant il finit par sacrifier sa rancune au devoir. Le 13 août, il se mit en route en compagnie de Jean-Antoine Muscetula (1), conseiller d'État de Naples, avec deux galères, afin de débarquer à Neftuno et de gagner Rome par terre (2).
A Rome, il eut une première déception. Alarcon, à qui il avait été chargé par le vice-roi d'offrir le titre de maréchal, n'accepta pas. Il prétexta son grand Age, ses infirmités et la nécessité de prendre un repos bien mérité. Ce n'étaient pas les seuls vrais motifs. U y en avait d'autres qu'il exposait dans une lettre, du 15 août, à Charles-Quint : l'impossibilité de se procurer de l'argent pour payer les troupes, leur mécontentement et leur insubordination, la détermination du duc de Ferrare, le manque d'expérience du prince d'Orange, etc. (3). Si Ton ajoute que les Français avançaient à pas de géants, que les Impériaux étaient trop peu nombreux dans la haute Italie pour défendre Gênes et le Milanais, qu'André Doria, que l'on avait voulu attirer à la cause de l'empereur, se joignait à la flotte française, que les Vénitiens armaient quarante galères, que le sultan leur en promettait vingt-cinq, que la maladie
ligu<>, marchait contre le Milanais avec 20,000 hommes, Français, Saisies, Allemands, Italiens, et 900 lances.
(1) Plus connu sous le nom de Muxetula: mais il signait Muscetula.
(2j Lettre de Lannoy à l'empereur, du 30 août, dans Villa, p. i Gayangos, p. 352; Schulz, p. 137.
(3) Villa, p. 259-262; Gayangos, p. 322-323.