‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 68 sur 239 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

rie cessait de décimer l'armée, qu'un complet défaut d'entente existait entre les chefs, on aura une idée approximative de la situation. Aussi Mercurin de Gattinara écrivait-il de Gènes au duc de Ferrare qu'il fallait envoyer le plus t<M possible en Lombardie Philibert «m tout autre capitaine des Impériaux. Mais Je duc semblait déjà lui-même pencher du côté de la ligue, ainsi que l'indicpM une lettre de Lannoy à l'empereur, en date du 48 août (4).

Sur ces entrefaites, arriva à Rome le capitaine Antoine dTdino. que Philibert avait dépêché à Ferrare pour prier le duc de prendre te ciimmandemcnt des troupes et l'assurer de son obéissance* Il était porteur de lettres du duc pour Alarcon et du Guast. Alphonse leur faisait savoir que si l'armée marchait sur la Lombardie, il la lOtttieikdrait de toutes ses forces; sinon, il agirait au mieux de se» ittférttl personnels. Alarcon et du Guast lui répondirent par le capitaine, qui partit de Home le 27 août, que l'on espérait pouvoir se mettre en campagne au commencement de septembre, et qu'il eftl, lui, le due, à assurer le ravitaillement des troupes et à trouver de l'argent. Bu même temps, ils mandèrent au prince d'Orange do i se joindre à l'armée lorsqu'elle passerait à Sienne. Oo pensait à Rome que du Guast calmerait ainsi 1 impatience des naux(î). Mais leur exaspération était à son comble. La pfiita avait fait de te h ravages qu'à Narni elle n'avait pas enlevé moins de 4.000 Allemands et de 24 officiers, â,000 Espagnols et 42 officiers. Kl ne restait plue «im- 8,000 Allemands, autant d'Espagnols, 4,000 italiens, 000 lances et £,000 chevau-lé^ers (3),

L'argent continuait à manquer. Clément VII, avec qui Alarcon

et Muscetula avaient eu, le 4 7 août, une conférence, leur déclara

i on lui rendait d'abord la liberté, il livrerait les places furies

qui toi appartenaient encore, donnerait des otages, se conformerait

la nomination des cardinaux à la volonté de l'empereur et

verserait ^00 «000 ducats dans un mois : autrement il ne payerait

\} Ct G4Y4M603, p. 350-351 ; leUns d<- IVre/ et do Lanaoy u CharU***Qu'mt Villa, p. 562-Stifi; Hciicli, p. 138.

et de I»eroK à l'empereur, des t3 août *l ï *rp. km Villa, p. 2WG-Î67 cl S74; dans Gayakgo*, p. 391 ; Schcli, p, 138* iu.a, p 167. ri Scmvlx, [i UÛ. — D'après l'effectif .l'une rtvue p*j

plerolire pai h ta lori r de farinée, il y aurait eu 7, 50ti ÀiJe- Itf.ooo lium soi Bâtions. (Letlre d'ADdré dal Itorgo à

doua li*uvw% p * 1 :; Cl S-m t z. p. 140.}

fit PHILIBERT DE CHALON

pas les 230,000 ducats convenus. En tenant ce langage, le pape comptait évidemment sur l'arrivée prochaine des Français (1).

Irrités de ne rien recevoir, les Allemands députèrent à du Guast et à Alarcon 100 cavaliers pour les prévenir que si, dans six jours, ils n'étaient pas payés, ils passeraient dans le camp ennemi. Devant cette menace, du Guast écrivit à Lannoy pour lui exposer la situation et lui demander d'envoyer immédiatement de l'argent. En attendant il put distribuer d'abord 20,000 ducats et s'engagea à verser aux troupes le reste dans deux et trois mois. Le 1er septembre, il leur expédia de Rome 10,000 ducats qui venaient d'arriver de Gaête, et, comme ces sommes étaient insuffisantes, il sollicita encore du vice-roi 30,000 ducats. Après quoi il alla rejoindre Lannoy à A versa. Celui-ci fit inviter les capitaines à le mettre en relation avec des délégués de l'armée dont il examinerait les réclamations avec du Guast. Devant le refus des troupes d'entrer en pourparlers avec lui, devant la déclaration des capitaines qu'ils ne pouvaient rien contre leur sentiment unanime, Lannoy eut de nouveau recours aux moyens dilatoires, mais, le 20 septembre, les lansquenets dirent qu'ils ne nommeraient pas de délégués, qu'ils voulaient être payés tout de suite et entièrement avant trois jours; sinon, ils iraient offrir leurs services soit aux Vénitiens, soit au duc d'Urbin, ou ils rentreraient dans Rome pour l'incendier. Leurs menaces ne furent pas vaines comme les promesses de Lannoy. Quoique Alarcon, le lendemain, eût fait tenir aux Allemands par Antoine de Hicar le peu d'argent qu'il avait pu trouver, qu'il leur eût donné de meilleurs quartiers et fixé un délai de quinze jours pour leur procurer 42,000 ducats, le 25, ils envahirent Rome et s'emparèrent de tout ce qui leur tomba sous la main. Le colonel de Bemelberg, avec d'autres officiers, se rendit au château Saint-Ange afin de traiter de la solde avec Alarcon et Morone, les deux seuls chefs des Impériaux qui fussent encore dans la ville. Pendant les négociations, les Allemands ne parlaient rien moins que de réduire Rome en cendres, et ils exigeaient que des otages leur fussent livrés. Pour prévenir des excès probables, Morone leur promettait la solde arriérée, et Alarcon faisait venir à marches forcées deux détacheil) Lettre de Perez à l'empereur, des 18 août et 2 septembre, dans Villa, p. 264 et 273; dans Gayangos, p. 331 et 363; Schclz, p. 138-139.

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