‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 70 sur 239 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

informer l'empereur (i). Le même jour, Pierre de Veyre, seigneur de Saint Julien el ambassadeur de Charles-Quint, écrivait que Chalain rlu maître dï»*Me! de Philibert, présenta IVaples au moment où Lannoy rendait le dernier soupir, briguait la succession pour le prince et lui demandait, à lui, de Veyret de la sol I ici 1er, ■ Sire, disait l'ambassadeur, je tous prie, si c'est voslre service» le voulire. H n'est pas mestier que vous donne a cognoistre le personnage, car vous le eognoissês trop. Il est vrai que pour le bien que je lui veuls, desirerois fort que Vostre Majesté fust servie de ire ce bien, mais pour vous dire vrai, j'eme raieulx vostre bien que, si ce n'estoit peull estre que le prendriez a Datent je dirois que le mien propre; ores Dieu scet ce qui en est... (3|. * De son côté, Philibert fit et fit faire des démarches dans le m^mesens,

Pria sa mère d'intervenir auprès do l'empereur. A défaut de ce-royaub\ elta aurait voulu pour son fils la charge d'amiral. Là réponse de Charles-Quint n'arriva que tardivement au prince; elle était ce qu'elle pouvait <Hre, et les raisons qui lui étaient données étaient trop justes pour qu'il ne les admît pas. Charles- Quint n*av;nt pris beaoîfl de lui rappeler les services de Moncade. ton âçe et son expérience; il se borna à lui dire que la présence lut-ct àNaples'étail indispensable, comme la sienne à farinée; Moncade serait maintenu dans la fonction sans titre et sans promesse-, et que, quand la situation le comporterait, il lui accorderait la vice-royauté ; • [Je] le vous promets dès maintenant par teste », lui disait-il: t quunt a l'amirauté ijue aussi m'a fait demander vostre mère pour vous* pour ceste heure je ne vo»» prometter.iv attire chose et la laissemy sans pourveoir jusques a bailler la provision de vice- royaume ; pour lors en t*\:\\ pour le mieux*. Je vous prie que ceste promesse ous fait soit tenu secrète, car vous eoguoissez que autrement mes ai ne s'en porteraient point mieux... et pour ce que le

sachant femme seroit chose difficile* j'ai dit a ce porteur, le s* de

\ L 10 septembre, dans Villa, p, ÎSti et ^87: cf. iïayakgoji, p. 4ÛL

•t lettre dfl Camille Piguatallo, comte de Burrello, ibid,t p* lui.

aalaîn fut, ifiH'iqurs jours après, fait prisonnier entre Hom+' el Sienne par M troupes de ta ligue : Nouvelles de Home, do 19 octobre, dans Gavas*

. Currtëpondtnz tîet Kaitèr* Karl V, t. I p |&4, rr 101

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Waury (1), la sorte que désire que en escripviez a vostre mère, que vous prye faire aussy (2)... » Par une lettre de Burgos, en date du 1*' janvier 4528, il renouvelait la même promesse à Philiberté de Luxembourg (3).

La peste, le désarroi et l'indiscipline continuaient d'affaiblir l'armée impériale, et les craintes que Charles-Quint manifestait au prince se réalisaient. Deux traités d'alliance avaient été conclus entre François I#r et Henri VIII, roi d'Angleterre, le 30 avril et le 18 août 1527. Le second avait pour but avoué la délivrance du pape et pour objet réel la conquête du royaume de Naples. La plupart des troupes nécessaires pour l'expédition devaient être fournies par la France. Henri contribuerait, pour une forte somme, à leur solde et à leur entretien. Le comte de Lautrec fut désigné pour être capitaine général de la future armée d'invasion. A la tête de forces comprenant, dit on, 40,000 hommes, il franchit les Alpes au commencement de Tété, s'empara d'Alexandrie, le 12 septembre, de Bosco et de tout le pays d'alentour. Gênes, cernée du côté de la mer par André Doria et sur terre par César Fregoso, tombait, le 18 août, au pouvoir des Français, et voyait son doge Adorno remplacé par le maréchal Trivulce. Le 6 octobre, Pavie cédait sous les coups de Lautrec, était saccagée et brûlée en mémoire de la désastreuse bataille du 24 février 1525. Les horreurs qui y furent commises peuvent, toute proportion gardée, être comparées à celles qui suivirent la prise de Rome. La défection du marquis de Mantoue et celle du duc de Ferrare, dont le fils aîné Hercule allait obtenir la main de Renée, fille de Louis XII, n'étaient plus qu'une question d'heures. Enfin Milan, où commandait Antoine de Leyva, était assiégée par les Vénitiens sous les ordres du duc d'Urbin et par François Sforza.

Les nombreuses dépêches adressées à l'empereur par de Veyre,

(1) Ce personnage, dont il sera souvent fait mention par la suite comme agent de Charles-Quint et de Philibert, était un ancien secrétaire du connétable de Bourbon ; il se nommait A. de Rupt.

(2) Lettre de l'empereur à Philibert, du 29 décembre; Pièces justificatives, n° 82; Archives impériales à Vienne, P A 94, minute autographe; Archives du royaume à Bruxelles, Papiers d'État, reg. 81, fol. 100, copie.

(3) Pièces justificatives, n° 85; Archives impériales à Vienne, P A 95, minute; Archives du royaume à Bruxelles, Papiers d'État, reg. 31, fol. 102.

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