CHAPITRE VII
André ciel Borgo, par Sanchez, son ambassadeur à Venise, par
Antoine de Leyva et d'autres encore, h- tiennent au courant,
presque jour par jour, des progrès de l'ennemi (1) Le 18 octobre,
Lautrec, qui avait passé le Pô, arrivait à Plaisance La situation
eût été tout à l'ait grave pour les Impériaux, s'il eût, même avee
de faibles troupes, marché sur Rome; au lieu de cela, il perdit un
temps précieux à attendre les instructions du roi d'Angleterre etde
nia 1 qu'il tarai! <Hre en négociations avec CharlesMJuint
pour la conclusion de la paix. En effet, l'armée qui occupait Home
i ne se composait plus que de 15,000 hommes de
pied! de 500 lances et d'environ 1, 000 chevau-légers; le reste avait
déserté ou était décimé par la maladie; t'en distraire pour lAeher
ter les Français, il n'y fallait pas songer ; c'était compro-
h tire le résultat des pourparlers entamés avec le pape par ordre -roi de Naples pour un arrangement définitif et sa mise en liberté 1
pourparlers avaient lieu entre Alarcon, Morone.de Veyreet nuinones, général des Franciscains, d'une part, les cardinaux Ciocn del Monte, archevêque de Manfredonîa, Campeggio et Laurent Puccî, d'autre part Comme la grosse difficulté reposait toujours *ur la question d'argent, le cardinal Pompée Colonna, réconcilié avec Clément VU, lui suggéra l'idée d'aliéner la chancellerie pontificale, afin de pouvoir, avec le produit qu'il en retirerait, donner satisfaction aux Impériaux, Mais le pape comptait, pour sortir de Ml embarras, voir s accroître la série de désastres qui fondaient *ur ses ennemis; il eût mieux fait d'essayer de calmer leur mécontentement.
Le non-payemenldc l'arriéré delà solde des Allemands, qui remondeux mois et demi, fut la cause de nouveaux troubles. Les lansquenets s'en prirent d'abord à un de leurs colonels, Bemelberg, lequel, redoutant leur colère, s'y était soustrait par la fuite, puis aux otages dont il a été parlé. Le 8 octobre, ils les enchaînèrent deux à deux, les conduisirent au Campo di Fiore où ils les laissèrent toute la nuit, en les menaçant de mort, pour, de là, les emer au palais du cardinal Colon na et les y enfermer sous bonne
(feâVAHCOi, octobre, pfiJitflt,
IVouvdks de Rome, du irJ octobre, d&as Gayanôq*, p, 4£t.
garde. Sur les 50,000 ducats payables dans le délai de cinq jours, qu'ils exigèrent d'eux, ils en reçurent seulement 34,000, que de Veyre et Quinones avaient apportés de Naples; mais quand ils furent invités à quitter Rome pour aller à Viterbe, ils refusèrent; c'était maintenant 250,000 ducats qu'ils voulaient (1). De même, les Espagnols ne consentirent à marcher qu'après l'engagement formel de Colonna de leur verser leur solde dans la quinzaine (2).
Des détachements delà ligue étaient à l'Isola; l'abbé de Farfa, Napoléon Orsini, avait pillé Anguilara. Le 18 octobre, le bruit courut que l'armée ennemie était à Monte Rotondo, à moins de cinq lieues de Rome. Alarcon se mit à la tête des Espagnols, d'une partie de l'infanterie allemande et de la cavalerie. Mais ce n'était qu'une fausse alerte. La prétendue armée se composait presque uniquement d'éclaireurs et d'espions qui furent faits prisonniers i Tivoli, le 48 octobre, et conduits à Rome le lendemain (3).
Les jours suivants se passèrent, entre les capitaines de l'empereur, en conciliabules sur ce qu'il conviendrait de faire en cas d'attaque de la part de la ligue et sur l'attitude à tenir envers le pape. Une lettre de Charles-Quint, communiquée le 21 par Alarcon, leur prescrivait de s'en rapporter à Moncade et à Quinones pour ce qui regardait la mise en liberté de Clément VII. Aux termes des plus récentes discussions, les villes de Civita Castellana, de Foligno ou d'Orvieto semblaient devoir lui être assignées comme résidence (4).
D'un autre côté, Seron, secrétaire de l'État de Naples, arrivait à Rome, le 28 octobre, porteur d'un mémoire de Moncade, qui contenait les conditions à imposer au pape. Ces conditions, tout insuffisantes qu'elles parussent au vice-roi lui-même, pouvaient être encore mitigées dans l'intérêt de la paix. En ce qui concerne la garantie relative aux 230,000 ducats à payer par Clément VII, la chose ne devait faire aucune difficulté. Pour les 150,000 ducats
fi) Lettre de Perez à l'empereur, du 12 octobre; m s. fr. 3022 de la Bibliothèque nationale, fol. 21-23; Villa, p. 291: Sguulz, p. 149.
(2) Ibid.; Villa, p. 293, et Schlm.z. p. 151.
(3) Lettre de Perez, du 23 octobre, dans Villa, p. 302; dans Gatàngos, p. 427; cf. Hchulz, p. 151 et 152.
(4) Ibid , dans Villa, p. 302; dans Gayangos, p. 430; cf. Schclz, p. 152 et