‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 72 sur 239 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

qui leur revenaient, les Allemands garderaient les otages pendant trois mois et percevraient mensuellement 50,000 ducats. Le pape proposa d'en verser 30,000 après sa libération et pareille somme quinze jours plus tard. Des otages seraient également livrés aux Espagnols pour les 100,000 ducats auxquels ils avaient droit, Des dfmes provenant des biens ecclésiastiques du royaume de Naples et eMimOes 6O,QO0 ducats, une moitié serait attribuée i l'empereur^ l'autre au pape, ce qui lui permettrait de s'acquitter de ses liiiiUUi dœ&ts. Moncade réclamait encore, maïs pour Charles- Ouïnt seulement, les dîmes* da la Mcîle. Clément aurait la faculté vilaines chargea ecclésiastiques du royaume de Naples, qui lui rapporteraient 300,000 ducats, &1 dfl créer quatre cardinaux napolitains, ce qui lui eu procurerait 10,000. Le 84 octobre, ces conditions furent acceptées de part et d'autre. Elles furent transmises au pape> qui désigna comme otages aux Espagnol? les cardinaux Gampeggîo, Trivulce et l'isani, celui-ci évoque de Padoue. Il fut prévenu de se tenir prêt à partir pour Naples. Clé* ment se résigna avec peine; rendu à lui-même, il répandit dabonlartH66. Seron B'empresfta d'aller rendre compte a Moncade du résultat de ses négociation! (4).

ûun de ces événements, Lautrec était invité par l'ambassadeur du roi d'Angleterre, par les cardinaux qui étaient à Parme et par les Florentins à se diriger sur Home, afin de mettre le pape en liberté, ce qui lui était Facile en opérant sa jonction avec le duc d Tibia et avec le marquis de Saluées, alors peu éloignés de la ville. On lui faisait avec raison observer qu'il rencontrerait une faibl€ résistance, à cause de l'indiscipline de Tannée impériale. Mais, d'un autre côté, il avait été sollicité par les Vénitiens et par François Sforza d'attaquer Milan. C'est à ce dernier parti qu'il ta, Li nouvelle en parvint à Home, le 9 novembre, par une lettre que Lope deSoria adressait i l'empereur et qui lui faisait connaître la situation critique dans laquelle se trouvait l'Italie septentrionale et notamment Milan (2), Le duc de Ferrare allait entrer dans la ligue, à certaines conditions qu'André del Borgo indiquait

(!) Lettre de Perez * l'empereur, du 3Q novembre; tus. fr, 3022 du ta Bibliothèque tuLioa&le. fol. 4*ft; Villa, p. airti ; (UfAHOOf, p, 4S5, U p'30f; Gaïasgos, p> 447-449; cf. S^hulz, p, :

à Charles -Quint dans une courte dépêche du 6 novembre (1), et qui en confirmait une autre, du 3 (2).

Lors des négociations dont il vient d'être parlé, le cardinal Colonna avait obtenu l'adhésion des capitaines allemands, que ceux-ci croyaient devoir être partagée par leurs troupes, et la promesse qu'ils quitteraient Rome s'ils avaient la certitude d'être payés de trois quinzaines de leur solde. Alarcon et du Guast s'étaient engagés à donner un ducat à chaque Espagnol. La proposition acceptée, le départ fut décidé pour le 6 novembre. L'artillerie et les munitions, la cavalerie légère, puis le train évacuèrent d'abord la ville. L'infanterie se rassembla sur la place Navona. Tout paraissait en ordre. Déjà du Guast, avec les enseignes, les tambours et un certain nombre de piétons, était en route du côté du nord. Comme le reste de l'armée ne suivait pas tout entière, une immense clameur s'éleva : Paga, pagat c'était l'infanterie allemande qui se mutinait et refusait de marcher. D'autres se dirigeaient vers le royaume de Naples. Jean d'Urbina parvint, non sans danger pour sa vie, à en rallier un millier pendant la nuit.

Les Allemands, en armes et toujours vociférant : Paga, page! s'étaient répandus sur la place Saint-Pierre et avaient envahi le pont Saint-Ange, malgré l'intervention de leur colonel qui leur ordonna de rentrer dans leur quartier sous la menace de châtiments très sévères. Heureusement les Espagnols s'étaient tenus tranquilles, et ce commencement de révolte put être étouffé. Le lendemain, du Guast, qui était allé jusqu'à l'Isola, revint pour assister à un conseil de guerre. Il avait laissé l'artillerie près des portes de Rome et la cavalerie légère dans les environs. Une tentative des Espagnols contre Velletri, défendu courageusement par l'évêque André de Melito, échoua; après avoir perdu quatre ou cinq morts et eu dix blessés, ils rentrèrent à Rome et se joignirent à leurs camarades pour réclamer un mois de leur solde. La grosse cavalerie déclara vouloir y rester six jours et demanda 6 ducats par homme. La ville s'exécuta, afin de n'avoir pas à la loger (3).

(1) Gayasgos, p. 452.

(2) Ibid , p. 449. — Cf. aussi la lettre de Lope de Soria à don Hugues <te Moncade, dans Gayangos, p. 457.

(3) Lettre do Pcrcz à l'empereur, du 30 novembre, dans Villa, p. 307-3W; dans Gayangos, p. 468 et 469; Schulz, p. 154 et 155.

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