CHAPITRE VIII
vis étitt également partage par plusieurs membres du conleiL Marcon, qui était alors À Velletri, ayant écrit qu'il se dispose mdn 1 Gaêta, fut invité, le 27 décembre, a rentrer à où sa pi Mfiil utile surtout pour les questions rata»
ives | I ;innrt:. Ilrin- !é même seanee. à laquelle assistaient le -animal Colonna, Philibert, Jérftme Morone, Jean d'Urbina et du Bti celui-ci insista encore auprès du prince afin de le déterminera pltr la charge de capitaine général; il lui promît de nouveau ince, Il n'y parvint pas plus que le cardinal et les autres concilier» (t).
Quellûi surit les causes <iu refus de J'hilibert? Nous ne les confia pa9| m;i[> il est facile de les deviner* Il convient d abord i artet ai excès da modestie da sa part. Car cette dignité, il avait vis .-ment Jê^in e - il J'avaiL même impérieusement deman ûgaait41 pue la jalousie de ses subalternes, malgré aura prot rk déTonemaot ' \ - Mail41 pas mécontent de
tir pas été fait vice-roi de \aples en remplacement de Lanii C4MHptait-il pas, pour s'imposer, sur l'anarchie qui existai! rtout autour de lui et profiter des circonstances pour être reconnu "homme nécessaire? Avait-il a prétexter des raisons de santé 1 11 y certaioeinmt un peu de tout cela.
Mais la répugnance du prince a assumer une responsabilité aussi ourde pouvait très bien être réelle : en effet, depuis son retour à J& situation était loin d'être brillante. La fuite du pape avait ré larmée et n'avait fa il qu'accroître les difficultés* Si lefl aux avaient comme garantie de II rançon les cinq cardinaux t mes de la capitulation il leur avait laissés en otage, si et Clvfta Veeehui étaient en leur puissance, Civita Castellana 'avait pas encore voulu se rendre, malgré les sommation- d'Ain
îles le U\ décembre ; il n'était pas question de la reddition de
oligntj. Il semblait impossible que Clément VU pût fournir pour
1S les 1 45,000 ducats qu'il avait promis. L'arriéré de la solde des
ro-upci ne leur étant pas payé, leur insubordination n'aurait plus de
- actes de mutinerie se renouvelleraient, et n'en serait- il
Latin de Pcre* H'omparaur, du 31 dëctuiibre, dan» Villa, n 343;
Voir plu* haut, p. i%ù.
dans
156 PHILIBERT DE GHALON
pas, encore une fois de plus, la première victime ?H fallait s'attendre à tout de la part de la « bonne » armée dont il parlait à sa mère dans sa lettre du 8 novembre, « bonne • peut-être par le nombre et la valeur, mais exécrable au point de vue de la discipline.
Dès le 14, il circulait dans Rome des bruits sinistres sur le compte du pape. Ses bagages, disait-on, avaient été pillés par des paysans. Avant de quitter sa capitale, il aurait été empoisonné par les Espagnols, et on lui donnait à peine pour deux mois de vie. Le 18, la nouvelle de sa mort se répandit même dans la ville, mais elle était fausse. Il souffrait tout simplement d'une enflure aux pieds provenant de la course à cbeval qu'il avait dû faire pour gagner Orvieto (1).
L'infanterie espagnole était très éprouvée. La maladie, la faim et les privations de toute sorte y faisaient de nombreux ravages. Alarcon l'annonçait à l'empereur dans deux dépêcbes du 8 décembre ; il ajoutait que l'armée était complètement désorganisée (2). On était informé que Lautrec, tout en faisant presser le siège de Milan par 12,000 bommes, commandés par François-Marie Sforza et le comte de Uaiazzo, était arrivé à Bologne (3). Sienne, qui, depuis le départ de Philibert, semblait pencher du côté de la ligue, était aussi menacée par lui. Le 23 décembre, il avait fallu envoyer dix compagnies d'infanterie espagnole et quatre d'Allemands pour obliger Velletri, ville des États de l'Église, à recevoir de la grosse cavalerie qui devait assiéger Salmoneta (4).
A Rome, on n'ignorait pas non plus toutes les intrigues des chefs de la ligue, le marquis de Saluces, le duc d'Urbin, Guy Rangone et Frédéric de Bozano, qui tentaient de ramener Clément Vil à leur parti. Ces intrigues, Perez les dénonce à Charles-Quint, en disant qu'ils lui promettent « mers et montagnes », la restitution de ses États, le royaume de Naples et le dédommagement des pertes qu'il avait subies. Mais, à ces propositions, le pape avait
«Ml iTtm $erittore, p. 11 et 12.
KOOt, p. 493 et 494.
Ml tCun êerittore, p. 11. ot lettre de Lope de Soria à Jean Lille sgMur de Bouclons, secrétaire de l'empereur, du 2 janvier 1528, (Uns -J»p. 525.
■mniil <f«* êcrMore, p. 13, et lettre de Perez à l'empereur, du 31 dés» dans Villa, p. 342, et dans Gayangos, p. 522.
CHAÎMTRE VU!
répondu qu'il tiendrait ses engagements envers l'empereur et envirs l'armée. Et comme les Vénitiens avaient, quelques jours auparavant, pris Ravenne, Cervia et Codignola, qui dépendaient du domaine pontifical, il ordonna aux troupes de la ligue d'évacuer I* territoire de l'Église (l). Enfin la question d'argent se dressait toujours plus inquiétante à mesure que le temps s'écoulait, et Je prince d'Orange» ainsi que les autres membres du Conseil, connaismi trop l'état d'esprit des troupes pour n'avoir pas à ce sujet 'U-1- craintes. Heureusement du Guast put rapporter de ffaplfta i7,000 ducats, dont 10*000 étaient le prix de la vente des chapeaux cardinalices à l'archevêque de cette ville et à celui di* datera (S), Au dernier moment] le troisième candidat avait refusé Hure le marché (8). C'est pourquoi ht somme recueillie était u élevée. KHe fui aussitôt distribuée à l'infanterie espagnole, iposée d'environ 8,000 hommes, dans une montre ou revue qui sut lieu la ~2iï déeçmbre (i-. Dès le Jendemain, le départ des Espaet de* Italiens était donné comme certain pour le samedi ou le i suivants; quant aux Allemands, ils resteraient à Rome jusqu'au payement définitif de ce qui leur était dû (B
Le séjour du prince à Rome, pendant le mois de décembre, ne
fut marqué par aucun fait personnel qui soit digne de remarque.
kirual ne mentionne que des gratifications à de» joueurs de
tiHutbois et de tambourin qui s'étaient quatre fois Tait entendre
KuL a| -es libéralités a l'occasion de sa visite aux sept églises, ides fêtes de Na€J(6).
Depuis la dernière réunion du Conseil impérial, le cardinal
Quast avaient fait démarches sur démarches pour
r de vaincre ses hésitations* Du liuast surtout se montrait
particulièrement pressant; il ne cessait de renouveler à l*hilibert
pea protestation 6 de dévouement et de celui des Espagnols. Le \mt jati*
▼ieri528. il accepta enfin de prendre Je commandement en chef
\{} Jtwrutit ri «m ncrittort, p 13, Villa, p, 345, eUÏAïANtios* p. 524+
S G4TAXfioi, p, ^07 et £08.
Ji Jour nul d*un terittore, p* 14.
«,i LeUre de Pères si Tempereur, du 31 décembre, dans VttXA» p. 340 ; dans
5âû.
[5) Jtmrmil tCun tcritloret p, 14.
ri Journal* dans CtUiC, p. S8.
des troupes (1). Son premier acte fut de proposer Fernaod deGonzague pour le remplacer en qualité de général de la cavalerie légère (2); mais il ne fut pas immédiatement donné suite à ce choix subordonné à l'agrément de Charles-Quint. Du Guast loi eût préféré le duc de MelA (3). Comme don de joyeux avènement, il eut la satisfaction de recevoir le serment de fidélité de Napoléon Orsini, abbé de Farfa, et de Mario Orsini, seigneur de Monte Rotondo, qui disaient vouloir entrer au service de l'empereur, celui-là avec 90 lances et 2,000 fantassins, celui-ci avec 50 lances (4).
La nouvelle parvenue, le lendemain, que Lautrec, se dirigeant sur Rome, avait passé par Florence, où il avait été bien accueilli et où des vivres avaient été gracieusement offerts à ses troupes par la population, l'arrivée d'un envoyé du roi d'Angleterre qui venait sommer, sous peine de déclaration de guerre, les Impériaux d'avoir à s'éloigner sans retard de la ville (5), rouvrirent le cours des préoccupations. Pour arrêter la marche de Lautrec, il était urgent de hâter l'évacuation de Rome; pour l'obtenir des Allemands, il fallait, sinon liquider l'arriéré de leur solde, au moins leur en payer une partie; pour cela, il fallait de l'argent, et la somme nécessaire manquait. Il n'y avait même pas 4 espérer sur l'acompte promis par le pape pour le 17. Personne n'osait se porter caution pour lui : on n'en viendrait là qu'à la dernière extrémité (6). D'ailleurs, le légat Campeggio avait nettement affirmé que
(1) Lettre de Perez à l'empereur, du 4 janvier, dans Villa, p. 347; dans Gayangos, p. 526.
(2) Ibid., p. 348 et p. 527. — Pernand de Gonzaguo avait lui-même sollicité cette charge. Voir Pièces justificatives, n° 87; Archives impériales à Vienm, P A 95, minute ; Archives du royaume à Bruxelles, Papiers d'État, rag. 81. fol. 105, copie.
(3) Lettre de Perez à l'empereur, du 16 janvier, dans Villa, p. 350; dans Gayangos. p. 536.
(4) /ri., dans Gayangos seulement, p. 526 et 527.
(5) Il n'est pas fait mention de ce fait dans la lettre de Perez à l'empereur, du 4 janvier. Seul, le Journal d'un scritlore, p. 15, en parle en ces termes, laissant supposer que c'était un subterfuge : « ... denunciabat Pontifici nullaa speraret ox universo suo regno utilitatem emolumentumve ex ils litteris (qoai vocaot expeditionesj donec captivas fuisset. Sed hoc ab ipso fictum fuisse a* ditur, ne caesareus exercitus magnae consequendae a Pontiflce pecumae speo haberet. Quod tamen incassum factum est. »
(6) Lettre de Perez à l'empereur, du 4 janvier, dans Villa, p. 148; dins Gayangos, p. 527.