‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 83 sur 239 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

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ciano avec 800 hommes, dont 400 avaient servi la ligue (1). Selon Ferez, qui lui prête des forces «'élevant à 200 chevau-légers et i,000 arquebusiers, il se dirigeait, avec Etienne Colonna et après avoir laissé 100 hommes à Valmontone, du côté de Salmoneta, et son but était de s'emparer des munitions d'artillerie expédiées de Naples (2). Quatre compagnies de Home, deux de Velletri et la grosse cavalerie furent désignée pour surveiller leurs mouvements (8). Cette mesure semble avoir été efficace.

Dans ces circonstances périlleuses, les Allemands oublièrent leurs griefs; ils n'eurent plus qu une pensée ; marcher à l'ennemi. Leurs chefs déclarèrent que tous étaient résolus a partir, sam s'inquiéter de leur solde ni ci autre chose, et qu'ils voulaient vaincre ou mourir avec les Espagnols; aussi les en remerr i< nntls au nom de l'empereur. Lis écrivirent à leur colonel Bcmelberg, [ui était I Naples* pour lui faire connaître cette détermination et le prier de revenir u Home, D'autre part. Morone et Jean dl i bina s'empressèrent d'informer Moncade et Philibert de cet heureur evirement (4),

Le premier mouvement d'enthousiasme passé, et le délai fix<; par le prince étant sur le point d'expirer, le trésorier Schwegler et quelques capitaines allemands essayèrent d'obtenir du légat Campeggio le payement de la solde de leurs troupes, en lui rappelant que le pape n'avait pas tenu ses promesses. Us lui signifièrent que* pour celle raison, ils ne s'éloigneraient pas de Home, qu'Us détruiraient la ville et que Clément en serait responsable. Le cardinal chercha de son mieux à excuser le pape. 11 dit qu'il manquait encore 26,000 ducats sur les 145,000 à verser, mais que Ton s'occupait de les trouver; quant aux 50r000 qui auraient dû être livrés le pape n'était pas obligé de les donner tant que la ville ne serait pas évacuée par les troupes. Cette réponse les salîstit médiocrement, parai t-iL mais ils ne manifestèrent pas trop leur mauvaise humeur (5), car, le 31, on apprenait à Rome que les nobles

>n*tt d'un tcritl&re, p. £3.

i.i Lettre tie Ferez & l'empereur, du Î9 janvier, dans Villa, p

3 ht t iUid ; Barou, p. 165,

bid.

h Lettre de Ferez à l'empereur, du 29 janvier, dans Villa* p, 371

370; dans

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napolitains avaient prêté et remis à Philibert 150,000 ducats au nom de l'empereur, et qu'il serait de retour le samedis février (1).

Le 31 janvier, après une marche forcée, Maramaldo revint de Regnano à Rome avec vingt compagnies qui se composaient en tout de 1,800 à 2,000 hommes (2). Il n'y fit qu'un court séjour; en effet, il en repartit, le 2 février, pour Palestrina, Gallicano et autres localités voisines du domaine du cardinal Colonna, où ses troupes devaient prendre leurs quartiers d'été (3).

Le lendemain, la nouvelle se répandit dans Rome que Lautrec, venant de Sinigaglia et faisant route vers Naples, avait été à Ancône, le 30, et qu'il avait franchi le Tronto avec le gros de son armée. La rumeur publique en estimait le chiffre à 60,000 hommes, et Ton disait qu'elle s'augmentait de jour en jour (4). Ce nombre était évidemment exagéré; ailleurs, il est déjà réduit à 30,000 (5), puis à un peu plus de 15,000 (6). C'est seulement le 8 et le 10 que furent connus les détails relatifs à cette opération; ils étaient aussi très contradictoires. Selon les uns, elle aurait été effectuée sans coup férir; selon d'autres, Lautrec aurait rencontré une vive résistance et aurait eu à soutenir le choc de 2,500 à 3,000 des Allemands de la garde du corps de l'empereur, que Lannoy avait emmenés pour la défense du royaume de Naples; la quantité des morts et des blessés aurait été considérable; presque tous les Impériaux auraient été mis hors de combat. Le scrittore ajoute qu'ils auraient été honteusement défaits (7) Quoi qu'il en soit de ce succès, Lautrec ne parut pas disposé à en profiter immédiatement pour se hâter vers Naples; il préférait, disait-on, rester dans la Pouille, afin de se procurer l'argent nécessaire à l'entretien de ses troupes, d'inter-

Gayangos, p. 561; Schulz, p. 165. Cf. aussi la lettre de Perez à. l'empereur, du 3 février, dans Villa, p. 373 : dans Gayaxgos, p. 568.

(1) Journal d'un terittore, p. 24.

(2) 1.800 selon le Journal d'un $crittore, p. 25; 2,000 selon Perez, dans s* lettre à l'empereur, du 3 février, dans Villa, p. 374; dans Gayangos, p. 569.

(3) Journal d'un scrittore, p. 25.

(4) Ibid.

(5) Ibid.

(6) Lettre de Perez à l'empereur, du 3 février, dans Gayangos, p. 583. Giahnone, Histoire civile du royaume de Xaplet, éd. fr. de 1742, t. IV, 1. XXXI, p. 34, dit que les troupes de Lautrec, passées en. revue à Aquila, le 10 février, étaient au nombre de 30,000 hommes d'infanterie et de 5,000 de cavalerie.

(7) Journal d?un terittore, p. 24, 27, 2% et 29.

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